« Il y a un vrai risque de scission du Parti socialiste »

Une troisième voie, ni pro-Nupes, ni anti. Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, se présente contre Olivier Faure pour lui succéder au poste de secrétaire national du PS à l’occasion du congrès de Marseille qui aura lieu fin janvier. Méconnu du grand public, cet ancien proche de Laurent Fabius a été président du conseil régional de Haute-Normandie en 2013. Tête de liste en 2015, il a perdu face à Hervé Morin lors des premières élections régionales de la Normandie réunifiée. Élu maire de Rouen et président de la métropole en 2020, ce scientifique de formation a fait partie de l’équipe des maires, qui a soutenu Anne Hidalgo lors de l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, après avoir soutenu trois candidats dissidents de la Nupes (accord électoral signé entre LFI, EELV, PS et PC), le quadra explique au Point pourquoi il est candidat à la direction du PS et détaille la ligne défendue par les signataires de sa motion baptisée « Refondations ». Nicolas Mayer-Rossignol dresse aussi un bilan sans concession de la direction actuelle de son parti tout en soulignant qu’elle n’est pas la seule responsable de la grande faiblesse actuelle de sa famille politique. S’il dit comprendre ceux qui ont soutenu la Nupes « pour sauver les meubles », il souligne que cet accord n’assurera pas le salut de la gauche. Et cela ni aux élections européennes ni à la présidentielle de 2027…

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Le Point : Les résultats de la présidentielle et des législatives signent-ils la mort du Parti socialiste ?

Nicolas Mayer-Rossignol : Non, car tant qu’il y aura des injustices, il y aura des socialistes. Il y a un paradoxe : le Parti socialiste va très mal depuis longtemps, alors même que la lutte contre les inégalités et les injustices n’a jamais été aussi nécessaire. Parce que l’on vit dans une société de plus en plus injuste socialement et climatiquement. Ce paradoxe est à la fois source d’abattement, d’inquiétude, mais aussi d’espoir parce que les Françaises et les Français nous attendent. Ils espèrent un renouveau, une nouvelle offre politique. Nous avons besoin d’une offre de gauche à la fois ambitieuse et crédible. Une nouvelle énergie ! C’est ce que nous incarnons avec le collectif #Refondations et la motion que nous avons déposée pour le congrès national du Parti socialiste.

C’est aussi pour cela que vous êtes candidat au poste de secrétaire national du PS ?

J’assume d’avoir un profil qui détonne dans le paysage. Je ne suis pas un apparatchik, je suis scientifique de formation, ingénieur, je n’ai pas fait d’études politiques, j’ai bossé dans le public comme dans le privé. Pour moi, la politique ne sera jamais un métier. J’ai fait d’autres choses dans ma vie et j’en ferai sans doute d’autres plus tard. Je suis très heureux comme maire de Rouen, mais il y a désormais urgence à s’engager sur le plan national. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous savons ce qui va se passer : l’extrême droite peut gagner. Elle est aux portes de l’Élysée, à chaque élection elle gagne des voix.

Aujourd’hui, il y a trois blocs : celui de l’extrême droite, celui autour d’Emmanuel Macron et celui de la gauche. Quel est le bloc le plus en progression ? C’est clairement l’extrême droite. Pas seulement en France mais dans toute l’Europe. Quel est le bloc le plus faible, qui fait au maximum 30 % aux élections ? C’est la gauche. Doit-on s’y résoudre ? Certainement pas. Chez #Refondations, nous avons décidé de nous battre.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’“accompagner” le libéralisme. Certains enjeux, comme le réchauffement climatique, nécessitent une forme de radicalité.

Si vous deviez résumer la ligne que vous portez au Congrès en quelques mots…

Entre le social-libéralisme, dans lequel une partie de la gauche, et notamment le PS, a pu s’abîmer par le passé, et le social-populisme, dans lequel une autre partie de la gauche peut avoir tendance à s’abîmer en ce moment, il y a la social-écologie du XXIe siècle que nous portons.

Dans cette équation, quelle est la place de l’écologie ?

Elle est au cœur ! Le socialisme du XXIᵉ siècle n’est pas le socialisme du XXᵉ siècle. Au logiciel productiviste des Trente Glorieuses se substitue une offre politique social-écologique. La lutte contre les injustices sociales et climatiques est un même combat, qui réunit « fin du mois » et « fin du monde ». C’est ce que je fais tous les jours à Rouen. Nous défendons une ligne sociale écologiste qui peut rassembler tous les socialistes, et au-delà toutes les forces de gauche et de progrès. Parce que notre famille politique est profondément divisée, nous prônons un axe central. D’ailleurs, si nous n’avions pas lancé #Refondations, ce n’est insulter personne que de reconnaître qu’il y aurait eu deux motions et zéro suspens…

D’autres motions ont été déposées, dont celle baptisée « Osons », soutenue par Johanna Rolland, la maire de Nantes

Elle a rejoint Olivier Faure, c’était prévu dès le départ. Mais peu importe. S’il n’y avait pas eu notre nouvelle voie, et seulement les textes d’Olivier Faure et d’Hélène Geoffroy, le Congrès n’aurait pas eu grand intérêt : on aurait refait le même match, avec le même rapport de force, les mêmes batailles d’ego. La voie centrale que nous portons est la seule qui permette de rassembler tout le monde. Nous apportons un nouvel espoir parce que nous portons une voix nouvelle. Nous sommes en fait la seule nouveauté.

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Quelles sont vos différences avec la motion portée par Hélène Geoffroy ? La dispersion ne risque-t-elle pas de favoriser la réélection d’Olivier Faure ?

Non parce que les règles ont changé. Il y a deux votes : le premier concerne les textes et détermine le rapport de force entre les trois motions et leur représentation dans les différentes instances du parti. Le second vote où seuls les deux premiers concourent permet d’élire le premier secrétaire du PS. Il n’y a pas, comme par le passé, de motion de synthèse. Ce qui nous différencie, c’est que nous sommes les seuls à pouvoir travailler avec tout le monde. Si Hélène Geoffroy gagnait, visiblement les amis d’Olivier Faure ne travailleraient pas avec elle. Et réciproquement…

Sur le fond, nous pensons que nous ne pouvons pas nous contenter d’« accompagner » le libéralisme. Certains enjeux, comme le réchauffement climatique, nécessitent une forme de radicalité au sens étymologique du terme : c’est-à-dire prendre les problèmes à la racine. Mais la radicalité n’est ni l’outrance ni l’extrémisme. La radicalité, c’est considérer que sur l’écologie, l’égalité entre les femmes et les hommes, les Gafam, les inégalités sociales, on n’a plus le temps d’attendre et que des mesures doivent être prises maintenant. C’est être à la fois ambitieux sur le fond et en même temps crédible sur les moyens. Notre ligne a vocation à rassembler toute la gauche, pas seulement les partis : les milieux intellectuels, universitaires, entrepreneurs, artistes, syndicats, citoyens… avec lesquels le Parti socialiste n’a pas du tout suffisamment travaillé ces dernières années. LFI l’a fait beaucoup plus que nous.

Dans les discussions en interne, il y a beaucoup de tensions et aussi beaucoup d’aigreur.

Il est vrai que les compagnons intellectuels se font rares au Parti socialiste…

Il y en a eu mais il n’y en a plus… J’ai eu des discussions avec des intellectuels qui ont partagé un bout de route avec le PS durant les années 1980. Notamment Erik Orsenna, qui raconte comment il y avait des liens extrêmement forts. Sans remonter si loin, je me souviens de Martine Aubry quand elle était première secrétaire en 2008-2012, qui avait impulsé un travail incroyable avec les milieux économiques et syndicaux. Nous avons perdu cela depuis une dizaine d’années. Ce n’est pas la faute d’un seul homme, évidemment. Mais, on ne peut pas non plus dire que la direction actuelle n’y est pour rien.

Est-ce que ce rassemblement du PS est encore faisable ? Quand on regarde les déclarations, notamment sur les législatives, on a l’impression qu’il y a deux camps irréconciliables…

Vous avez raison : les deux autres voies ne sont visiblement pas très conciliables. La seule voie qui puisse rassembler, c’est la nôtre. Je dis cela sans prétention, mais c’est la réalité.

Elles ont jusqu’alors cohabité…

Certes. Mais dans les discussions en interne, il y a beaucoup de tensions et aussi beaucoup d’aigreur. Nous sommes dans une situation stérile et absurde : la direction du PS a plus de facilités à travailler et à discuter avec des élus d’autres familles politiques, comme LFI, qu’avec des socialistes ! Les conseils nationaux du PS sont surréalistes dans l’incapacité à travailler ensemble. Une direction doit imprimer un cap, mais aussi impulser un collectif pour faire travailler les uns avec les autres. Nous avons une direction qui a dit à ceux qui n’étaient pas d’accord : « Partez ! » C’est terrible, surtout quand on est à 20 000 militants. Quand on est si peu, aucun socialiste n’est de trop !

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Olivier Faure raille votre positionnement : pas vraiment pour la Nupes, mais pas vraiment contre non plus…

Ceux qui voient le débat politique seulement à l’aune de la tactique, des petits coups et des alliances d’un soir se trompent. La politique, c’est d’abord des idées et une stratégie de long terme. La tactique peut être utile, mais elle n’est certainement pas suffisante. Je peux comprendre celles et ceux qui ont choisi la Nupes pour « sauver les meubles ». Finalement, cela n’a pas été une stratégie gagnante : la gauche a perdu. Jean-Luc Mélenchon n’est pas Premier ministre ! Le groupe d’opposition le plus fort malheureusement, c’est le Rassemblement national. Pour moi, la Nupes est un accord électoral passé et perdant. Aujourd’hui, c’est un intergroupe à l’Assemblée nationale. Il ne résume pas la gauche, puisque certaines formations n’y sont pas – comme les radicaux de gauche. La Nupes n’est pas non plus la seule façon de faire le rassemblement de la gauche. Heureusement d’ailleurs…

Une gauche unie, mais sans la Nupes ?

À Rouen, nous n’avons pas attendu la Nupes pour nous rassembler. Aujourd’hui, la gauche est dominée au plan national par LFI. Ce n’est pas une critique, c’est le résultat des urnes. Mais ce rassemblement avec ce centre de gravité est-il gagnant ? Il ne l’a pas été aux législatives. Et aujourd’hui, dans les sondages, la gauche est à moins de 30 %. Il y a un plafond de verre. Elle n’est pas jugée suffisamment crédible pour gagner demain. Pour changer cela, nous avons la conviction qu’il faut remettre le socialisme au centre de la gauche.

Beaucoup de gens pensent que le PS est mort. Pour moi, le cœur du combat, c’est la lutte contre les injustices et la social-écologie. Il faut arrêter de se définir par rapport aux autres. À travers des États généraux de toute la gauche, nous voulons travailler avec tous les partenaires et toute la société civile, pour rassembler sur des convergences sincères de fond. Pas sur des questions de place ! Les enjeux de postes existent en politique mais ils ne peuvent être l’alpha et l’oméga d’une vision et d’une stratégie. Sinon, on confond stratégie et tactique, vision et opportunisme, courage et… cynisme. C’est le problème du PS depuis trop longtemps.

C’est quoi la ligne du Parti socialiste ? Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est floue.

En choisissant de voter LFI à la présidentielle, les électeurs de gauche n’ont-ils pas voulu signifier que le socialisme n’est pas la bonne réponse ?

Je ne crois pas. Je pense que les électeurs ont envoyé deux messages. D’abord, un message de rassemblement. Beaucoup de gens ont voté Jean-Luc Mélenchon parce qu’il était le mieux placé dans les sondages, donc le candidat le plus à même d’incarner le rassemblement de la gauche. Et même aux législatives, il y a des gens qui ont voté Nupes sans pour autant vouloir que Jean-Luc Mélenchon soit Premier ministre. Ils voulaient simplement que la gauche se rassemble. Le second élément, c’est que, en dépit du courage d’Anne Hidalgo, beaucoup de Français n’ont pas voté socialiste, car le parti n’incarnait plus grand-chose depuis trop longtemps. Notre candidate en a d’ailleurs fait les frais. M. Mélenchon n’est pas ma tasse de thé, mais je reconnais qu’il a du talent et qu’il a su fédérer autour de lui une équipe. Même s’il y a des turbulences en ce moment. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Insoumis ont travaillé et qu’ils ont créé des liens avec la société.

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Mme Le Pen est pour moi une ennemie de la République, mais je reconnais qu’elle est une incarnation forte. Emmanuel Macron est une incarnation forte. Dans un régime présidentiel, l’incarnation compte, qu’on le veuille ou non. Le Parti socialiste a-t-il une incarnation forte ? La réponse est dans la question. Si les gens se détournent, c’est parce qu’il n’y a pas d’incarnation suffisamment forte et qu’ils ne savent plus que l’on pense. C’est quoi la ligne du Parti socialiste ? Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est floue. Ma conviction et c’est aussi l’espoir nourri par beaucoup de Françaises et de Français, c’est qu’il y a une attente immense. L’attente d’une offre de gauche incarnée, forte, crédible, collective, ambitieuse, radicale quand il le faut mais sans outrance. Cette offre est attendue, mais elle n’est pas portée aujourd’hui. C’est ce renouveau que je propose.

Le Parti socialiste ne sait plus qui il est ?

Prenez la réforme des retraites : quelle est notre ligne ? Récemment interrogé sur la position des socialistes sur France Info, Olivier Faure est apparu pour le moins embêté. Il a dit : « C’est 60 ans pour tous, c’est ce qu’il y a dans l’accord de la Nupes. » Or, ce n’est pas du tout la ligne défendue par la candidate socialiste à la présidentielle ni ce qui a été travaillé dans le projet socialiste. Ce qui compte, ce n’est pas tant 60 ans pour tous, mais bien le nombre d’années en bonne santé à la retraite. Or, en la matière, il y a une différence de plus de six ans entre un ouvrier et un cadre ! Il faut donc prendre en compte la pénibilité, la fragmentation des carrières, notamment pour les femmes, les carrières longues, pour permettre à celles et ceux qui ont eu les parcours les plus durs de partir le plus tôt – y compris avant 60 ans dans certains cas. Quant à relever l’âge légal à 65 ans comme le veut Emmanuel Macron, ce serait profondément injuste, et même absurde quand on sait à quel point il est si difficile de conserver un emploi et si fréquent d’être licencié dès 55 ans.

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Faut-il, dès lors, sortir de la Nupes ?

On ne va pas refaire le match. On ne va pas empêcher les députés de gauche de se parler entre eux dans l’intergroupe Nupes, ce serait absurde. Mais cet accord est-il suffisant pour gagner ? À l’évidence, non. Prenez tous les sondages d’opinion, les médias, les élections partielles… Partout la gauche régresse. Les affaires judiciaires, comme celle liée à Adrien Quatennens, n’aident pas. Un rassemblement n’est pertinent, cohérent, et finalement gagnant, que s’il est sincère. Manuel Bompard sur France Inter cette semaine dit qu’il faut aller ensemble, toute la Nupes, aux européennes. Marine Tondelier, la nouvelle secrétaire nationale d’EELV, lui répond : « Quand c’est non, c’est non. » Et je la comprends : les Insoumis sont contre l’Europe de la défense et veulent sortir de l’Otan ! Les écologistes prônent au contraire une Europe fédérale. Ce n’est pas une différence de degré, c’est une différence de nature ! Le rassemblement doit se faire sur des bases claires – si c’est juste pour des places, ça ne convaincra pas les Français et cela ne m’intéresse pas.

Un congrès n’est ni une chasse à l’homme ni une chasse à l’éléphant.

Comme Marine Tondelier, la nouvelle secrétaire nationale des Verts, vous n’êtes donc pas favorable à une liste Nupes aux européennes ?

Le congrès doit être le moment pour trancher. Je souhaite que les militants me donnent mandat pour affirmer une position claire sur les européennes. Olivier Faure dit : « On verra après, il ne faut pas avoir peur, on va d’abord discuter avec tout le monde. » Moi je n’ai peur de discuter avec personne. Mais il faut être clair : est-on pour ou contre l’Otan ? Pour ou contre l’Europe de la défense ? Pour ou contre le fait de dire que M. Poutine doit perdre cette guerre et que la Russie de Poutine est un État qui promeut le terrorisme – résolution du Parlement européen que n’a pas voté LFI ? Ce ne sont pas de petites différences.

Et puis il y a les élections locales à venir. Si nous admettions, comme Olivier Faure, qu’il n’y ait point de salut hors de la Nupes : alors il faudrait que la direction du parti informe nos camarades que pour les élections sénatoriales, municipales, régionales, départementales… ils vont devoir, à nouveau, s’effacer ! Pour ma part, je le dis très clairement : il ne peut y avoir d’accord d’union qui n’acterait pas la reconduite des sortants socialistes aux élections locales. Je demande qu’au Congrès de Marseille les militants socialistes me donnent ce mandat clair.

L’élection de Marine Tondelier à la tête des écolos est-elle une bonne nouvelle ?

Oui. Les écologistes ont montré par un processus démocratique qu’ils étaient capables de se renouveler, et ce n’est pas anecdotique dans la vie publique française. Les partis ont une image, celle du PS est très abîmée. Cela remonte à loin, mais cela ne s’est pas amélioré ces dernières années. Il y a un enjeu de fraîcheur, de renouveau, et les Verts l’ont bien compris. Nous serions inspirés de le comprendre aussi. Marine Tondelier propose des États généraux de l’écologie, nous proposons de les élargir à des États généraux de la transformation sociale et écologique. Nous pouvons, nous devons travailler ensemble.

Comme LR avec Nicolas Sarkozy, le PS doit-il tourner définitivement la page de François Hollande ?

Il ne faut jamais avoir peur des inventaires. Mais un congrès n’est ni une chasse à l’homme ni une chasse à l’éléphant. Y a-t-il eu des échecs pendant le quinquennat de François Hollande ? À l’évidence, oui : la déchéance de nationalité, la loi travail, le CICE sans contreparties. Mais il y a eu aussi des réussites. Je suis fier de l’accord de Paris sur le climat, du mariage pour tous… Des politiques sociales ont été lancées et elles ont fonctionné, comme le dispositif « territoires zéro chômeur de longue durée » bâti durant ce quinquennat. Personne ne remet en cause la Banque publique d’investissement… Qu’un ancien président ait une parole libre et utile pour la France, c’est bien. Mais le socialisme a besoin de renouveau, d’être incarné par une nouvelle génération, qui exerce des responsabilités sur le terrain, en phase avec les enjeux et la jeunesse de ce siècle. Le socialisme de 2025 n’est pas le socialisme des années 2000, même si des paroles fortes restent inspirantes.

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Il fut un temps où le premier secrétaire avait vocation à porter la candidature socialiste à la présidentielle… Est-ce encore le cas aujourd’hui ?

Pas forcément. Le parti est tellement mal en point que la future direction va avoir du pain sur la planche. Il faut remettre le PS à flot, lui donner un nouveau souffle. Nous sommes passés de 200 000 militants à… 20 000, c’est-à-dire dix fois moins. Partout où je vais dans les fédérations, les militants se sentent abandonnés. Beaucoup sont déjà partis, beaucoup sont en passe de le faire. La nouvelle direction va devoir rassembler, nous faire travailler tous ensemble, donner du corps à la ligne politique et renforcer les liens avec la société civile. La présidentielle, c’est loin.

La situation n’est plus tenable à l’intérieur. Il y a un vrai risque de scission.

Si Olivier Faure est élu…

Ce congrès n’est pas joué d’avance, la dynamique est de notre côté et il est désormais probable qu’Olivier Faure n’ait pas la majorité. Je l’ai soutenu en 2017-2018, parce qu’il a eu le mérite de reprendre le PS à un moment où il n’y avait pas grand monde pour le faire. Mais aujourd’hui, de la même façon que nous avons fait le bilan des années Hollande, il est normal qu’au bout de cinq ans nous fassions celui de la direction du parti. Le PS va-t-il mieux ? Non. A-t-on gagné des élections ? Non. Quand on en a gagné localement, ce n’est pas l’étiquette PS qui nous a servi ; au contraire, il a fallu la défendre. L’alliance à gauche a-t-elle replacé le PS comme force dominante ? Non plus. Le fonctionnement interne est-il meilleur ? Là encore, non. Quand une équipe perd tous ses matchs, il est normal qu’on finisse par s’interroger sur la composition et le coach…

Une réélection d’Olivier Faure mènerait-elle à une scission ?

Beaucoup de militants nous le disent : « C’est le congrès de la dernière chance. » La situation n’est plus tenable à l’intérieur. Il y a un vrai risque de scission. C’est pour cela que beaucoup sont soulagés et heureux que l’on propose une nouvelle voie, centrale, commune. On a besoin de sérieux et de renouveau.

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Et vous, vous partiriez ?

Non. Je suis socialiste, je resterai socialiste.

Ce dimanche, la France affronte l’Argentine en finale de la Coupe du monde. Un pronostic ?

J’aimerais que la France gagne, bien sûr. Je me souviens encore du match contre l’Argentine en huitième en 2018, c’était somptueux ! J’espère un match avec beaucoup de buts. En tout cas, il y a tous les ingrédients pour qu’il y ait du spectacle, avec des joueurs extraordinaires de chaque côté. Je pense aussi aux Argentins, qui vivent une crise sociale terrible depuis tant d’années.


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