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Météo : pourquoi la fin d’année est si douce en France (et pourquoi ce n’est pas une bonne nouvelle)

Avec de nombreux records de températures frôlés ou dépassés, cette période de fêtes ressemble à la fin de l’année 2021, qui avait été la plus douce jamais mesurée.

Le mercure semble piégé dans des montagnes russes. Quelques jours à peine après un épisode de froid qui a fait grelotter le pays, durant la première moitié du mois de décembre, des températures printanières se sont installées en France en pleines vacances de Noël. De quoi donner lieu à des scènes inhabituelles pour la saison, avec des restaurateurs qui installent leurs terrasses extérieures et des baigneurs qui profitent d’une eau à 16°C sur les plages de la Méditerranée.

Météo : un Noël sous de douces températures

Dans quelques stations météorologiques de France, des températures inédites ont même été enregistrées. La ville de Belcaire (Aude) a ainsi battu son record mensuel de douceur dimanche 25 décembre, avec un thermomètre affichant 21,3°C. Autre record à Bormes-les-Mimosas (Var), où 23°C ont été mesurés samedi. Dans la petite commune ariégeoise de Verdun, le mercure a même frôlé les 26°C dimanche, soit un « niveau de début de mois de juillet », rapporte La Chaîne Météo.

Ce réchauffement global est à mettre sur le compte d’un changement de direction des vents qui ont balayé l’Hexagone. « Jusqu’au 18 décembre, on a eu des vents de tendance est à nord, des vents froids, et tout d’un coup, lundi, on a eu des vents du sud-ouest, des vents qui apportent une grande douceur », détaille pour franceinfo François Jobard, prévisionniste à Météo France. Les températures devraient d’ailleurs rester d’une « douceur rare » jusqu’à la Saint-Sylvestre, ajoute le prévisionniste sur son compte Twitter.

Avec de nombreux records de températures frôlés ou dépassés, cette fin 2022 ressemble à celle de l’année précédente, qui avait été la plus douce jamais mesurée selon Météo France. Avec 10,59°C le 23 décembre 2022, la température minimale agrégée quotidienne a atteint son cinquième niveau de douceur le plus élevé depuis le début des mesures par le service de météorologie, relève l’ingénieur prévisionniste Gaétan Heymes sur Twitter.

Le spécialiste relève que cet épisode de chaleur marque toutefois moins les esprits que la vague de froid de la première moitié de décembre. Cette dernière reste pourtant « cinq fois plus [fréquente] dans la série historique que la douceur exceptionnelle » mesurée lors des fêtes de fin d’année, observe Gaétan Heymes. Sur Twitter, il propose une piste d’explication à ce phénomène : « un événement froid classique du climat passé devient rare dans le climat actuel [de réchauffement climatique], tandis qu’un événement chaud rare du climat passé devient de plus en plus fréquent dans le climat actuel. »  

Cette douceur hivernale exceptionnelle s’inscrit en cohérence avec l’observation du dérèglement climatique, provoqué par nos modes de vie très gourmands en énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). Il s’illustre par une « raréfaction des vagues de froid » et par des « pics de douceur ou de chaleur précoces » de plus en plus fréquents, soulignait Météo France fin 2021.

Or, 2022 a été marquée par des périodes plus chaudes que la normale lors de tous les mois de l’année. Avant ce nouvel épisode de douceur, plusieurs vagues marquantes ont été mesurées : trois durant l’été (du 15 au 19 juin, du 12 au 25 juillet, et du 31 juillet au 13 août), soit un record de 33 jours, et deux hors saison (en mai et fin octobre). Selon Météo France, ces épisodes auraient été « hautement improbables et nettement moins intenses sans l’effet du changement climatique ».

La multiplication de ces phénomènes a permis à l’agence de décerner à 2022, dès la fin du mois de novembre, le triste record d’année « la plus chaude » jamais mesurée depuis le début des relevés en 1900. La température moyenne depuis le mois de janvier devrait ainsi s’établir entre 14,2°C et 14,6°C. Et les perspectives ne sont pas rassurantes : « très chaude dans le climat actuel, l’année 2022 deviendra ‘normale’ au milieu du XXIe siècle », s’alarmait l’institut météorologique fin novembre.


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