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« On est dans un système de soins malade » : le Samu des Bouches-du-Rhône croule sous les appels de médecine générale

C’est la « semaine de tous les dangers » pour le système de santé français, selon le ministre de la Santé François Braun, qui s’est rendu mercredi 28 décembre au centre hospitalier Annecy Genevois en Haute-Savoie. Partout en France, les hôpitaux sont en tension face une épidémie de grippe et au manque de médecins généralistes appelés à faire grève. De nombreux malades se reportent sur le Samu et les standards sont saturés comme à Marseille, dans les locaux du Samu des Bouches-du-Rhône. 

Romain Di Maiolo, assistant de regulation medicale au Samu des Bouches-du-Rhône.  (HUGO CHARPENTIER / RADIOFRANCE)

Romain Di Maiolo, assistant de regulation medicale au Samu des Bouches-du-Rhône.  (HUGO CHARPENTIER / RADIOFRANCE)

Dans un vaste open-space, une vingtaine de personnes repondent aux appels, comme Romain Di Maiolo, assistant de regulation medicale. « Vous avez mal au ventre, c’est ça ? Vous vomissez et malgré le Doliprane, ça ne passe ? », interroge-t-il au téléphone. « Je vais vous passer le médecin, Madame. Restez bien en ligne, on a pas mal d’attente. » Ce type d’appel, qui relève de la médecine générale, est en forte augmentation. « C’est un bon exemple de ce qu’on a en ce moment : symptôme grippal, vomissements, etc. »

La faute à une explosion de cas de grippe notamment, mais aussi aux cabinets médicaux fermés en raison de la grève. « Ils ne savent plus trop où aller et ils nous appellent pour nous demander un conseil et savoir où aller justement », explique Romain Di Maiolo. « On a des outils qui ont été mis en place. On a des listes qui nous arrivent pour aider au mieux à orienter le patient vers la structure la plus adaptée à son état. » « Depuis le début des vacances scolaires, on a environ 30% à 40% d’augmentation en semaine », affirme le Dr André Puget, chef du Samu des Bouches-du-Rhône. 

« Sur la journée d’hier, on a plus de 3 000 appels alors que d’habitude on était aux alentours de 2 000 à 2 200 appels jour. »

Dr André Puget, chef du Samu des Bouches-du-Rhône

à franceinfo

La grève des médecins généralistes a une incidence, selon lui. « Des médecins généralistes ici nous aident à la régulation mais ce matin, par exemple, on avait 30 appels de médecine générale en attente », constate le chef du Samu. « On peut leur donner un conseil médical simple ou on peut leur dire malheureusement faut aller sur les urgences », explique-t-il. « Alors soit ils peuvent se déplacer, soit on envoie une ambulance qui va les chercher, les amènent à l’hôpital en espérant qu’ils vont pas y rester parce que des places hospitalières, il y en a pas beaucoup. » 

La situation est tendue mais cet urgentiste insiste : « Moi, je ne suis en colère contre personne; » Il n’en veut pas aux médecins grévistes. « Si vous voulez, on est dans un système de soins malade. Mon épouse est médecin généraliste donc je comprends aussi ce côté-là. Je pense qu’il faut qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute pour essayer de trouver des solutions », affirme-t-il. 

En attendant, il va falloir tenir le rythme, peut-être plusieurs semaines encore. Les autorités sanitaires craignent un rebond épidémique en janvier à cause des retrouvailles familliales pendant les fêtes de fin d’année. 


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