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Covid-19 : Espagne, Italie, Japon… Comment les pays étrangers réagissent à l’assouplissement des mesures en Chine

Les contaminations se multiplient en Chine après que les principaux piliers de la politique « zéro Covid », en vigueur depuis début 2020, ont été démantelés.

La Chine rouvre ses portes. Le 8 janvier, Pékin mettra fin aux quarantaines obligatoires à l’arrivée dans le pays, ont annoncé les autorités sanitaires lundi 26 décembre. Une décision qui fait suite à la levée de la plupart des mesures anti-Covid en vigueur depuis trois ans. L’annonce a été accueillie dans la joie par les Chinois. Fin novembre, le pays était en proie à des manifestations d’une ampleur inédite, dénonçant les restrictions strictes qui accompagnaient la politique « zéro Covid ».

A l’étranger, en revanche, la nouvelle est reçue avec inquiétude en raison de la flambée des contaminations en Chine. Inquiets, plusieurs pays ont déjà imposé des restrictions d’entrée sur leur territoire. La Commission européenne a convoqué une réunion, jeudi 29 décembre, pour « discuter (…) de possibles mesures pour une approche coordonnée » des Etats de l’UE. Franceinfo fait le point sur ces annonces.

Aux Etats-Unis, un test imposé à partir du 5 janvier

Dès le 5 janvier, « tous les voyageurs par avion âgés de 2 ans et plus venant de Chine devront faire un test pas plus de deux jours avant leur départ », et ce indépendamment de leur nationalité ou leur statut vaccinal, ont annoncé, mercredi, les autorités sanitaires américaines. Les Etats-Unis sont notamment inquiets que la transmission rapide du virus en Chine ne provoque l’émergence de nouveaux variants. Un responsable américain a critiqué « le manque de données » fournies par la Chine face à la recrudescence des cas.

L’UE prépare « une approche européenne coordonnée »

« A la lumière de la situation de la pandémie en Chine », la Commission européenne réunissait jeudi matin un comité réunissant des représentants des ministères de la Santé des Vingt-Sept. L’objectif étant de « discuter avec les Etats membres et les agences européennes (de santé) de l’UE de possibles mesures pour une approche européenne coordonnée », selon l’exécutif européen. Aucune décision n’en est sortie, dans un sens comme dans un autre. 

En France, Emmanuel Macron a « demandé au gouvernement des mesures adaptées de protection des Français », avec une exigence « de voir à la fois au niveau national et européen ». Le ministère de la Santé s’est dit « prêt à étudier toutes les mesures utiles qui pourraient être mises en œuvre en conséquence, en lien avec les partenaires européens de la France, et dans le cadre juridique qui existe aujourd’hui ». L’exécutif garde seulement la possibilité d’imposer, jusqu’au 31 janvier, la présentation d’un test négatif avant l’entrée sur le territoire « en cas d’apparition et de circulation d’un nouveau variant de la Covid-19 susceptible de constituer une menace sanitaire grave ».

L’Italie prend les devants avec une obligation de dépistage

L’Italie a décidé, mercredi, d’imposer des tests à tous les voyageurs venant de Chine. « Cette mesure s’avère indispensable pour garantir la surveillance et l’individualisation d’éventuels variants du virus afin de protéger la population italienne », a justifié le ministre italien de la Santé, Orazio Schillaci.

En Lombardie, les autorités régionales avaient déjà demandé à l’aéroport de Milan Malpensa, l’un des plus grands du pays, de proposer aux voyageurs en provenance de Chine de réaliser un test PCR à leur arrivée, rapporte le quotidien La Repubblica (article en italien). Cette « mesure préventive » devait permettre de « déterminer le type de variant Covid des personnes » positives, selon la direction générale du bien-être de la région Lombardie.

L’Espagne instaure des contrôles dans les aéroports

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi l’instauration de « contrôles » dans ses aéroports pour les voyageurs venant de Chine afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas porteurs du virus du Covid-19. Dans une brève conférence de presse à Madrid, la ministre de la Santé, Carolina Darias, a précisé qu’il serait demandé à ces voyageurs « une preuve qu’ils sont négatifs (…) ou un schéma complet de vaccination ». Elle n’a pas précisé quand cette mesure entrerait en vigueur.

« Le principal motif de préoccupation est (…) la possibilité que de nouveaux variants non-contrôlés puissent apparaître en Chine », a expliqué la ministre. Elle a également affirmé que l’Espagne « (travaillait) pour la convocation d’une réunion de haut-niveau de l’Union européenne » afin de mettre au point « une réponse politique intégrée à la crise », confirmant ainsi que Madrid attendait plus de la réunion de la veille à Bruxelles.

Au Japon, un nombre limité de vols en provenance de Chine

A partir de vendredi, le Japon exigera le dépistage à l’arrivée pour les passagers en provenance de Chine. Ces voyageurs seront donc les seuls, avec ceux qui présentent des symptômes du Covid-19, à devoir se soumettre à un test lorsqu’ils débarquent. S’ils sont testés positifs, ils se verront imposer une quarantaine de sept jours dans des établissements prévus à cet effet.

Il y a « des informations selon lesquelles les infections se répandent rapidement » en Chine, a justifié mardi le Premier ministre japonais, Fumio Kishida. « Il est difficile d’établir précisément la situation [en Chine] en raison d’importantes divergences entre les autorités centrales et locales, ainsi qu’entre le gouvernement et le secteur privé, a-t-il poursuivi. Cela génère une inquiétude croissante au Japon. »

Le nombre de vols vers le territoire nippon et au départ de Chine continentale va par ailleurs être limité, a précisé Fumio Kishida. Le Japon prévoit également de restreindre les vols directs de Hong Kong vers quatre aéroports : Narita et Haneda, à Tokyo, Kansai, à Osaka, et Chubu, à Nagoya. En revanche, les voyageurs en provenance de Hong Kong et de Macao ne seront pas soumis à l’obligation de dépistage à l’arrivée.

A Taiwan, des dépistages et un séquençage des cas positifs

L’île de Taïwan, que Pékin revendique comme faisant partie de son territoire, a également annoncé qu’elle procéderait à des contrôles sur les voyageurs en provenance de Chine continentale. Les tests commenceront le 1er janvier, rapporte Reuters*. La majorité des passagers concernés seront des citoyens taïwanais résidant et travaillant en Chine, qui retournent habituellement sur leur île d’origine pendant les vacances du Nouvel An lunaire, qui a lieu en janvier.  

Le Centre de commandement des épidémies taïwanais a déclaré que tous les passagers arrivant sur des vols directs en provenance de Chine, ainsi que par bateau sur deux îles au large, devront subir des tests PCR à leur arrivée. En cas de test positif, les voyageurs devront observer une période d’isolement de sept jours. Le gouvernement entend également procéder au séquençage du virus pour les cas positifs arrivant de Chine, afin de repérer d’éventuels nouveaux variants, a précisé le Centre dans un communiqué*

En Inde, des tests PCR imposés aux passagers venant de cinq pays

Plus radicale, l’Inde a imposé, depuis le 24 décembre, des tests PCR pour les voyageurs venant de Chine, mais aussi de Thaïlande, du Japon, de Corée du Sud et de Singapour. Les voyageurs devront notamment remplir un formulaire avant de prendre l’avion, précise le Monde. Les cas positifs seront placés en quarantaine, ajoute le quotidien. 

En 2021, le pays avait été submergé par la seconde vague du Covid-19, qui a fait des dizaines de milliers de morts et saturé le système de santé. Depuis, plus de 2 milliards de doses de vaccin ont été administrées en Inde et près de 75% de la population a reçu au moins une dose de vaccin, selon les données de l’université Johns Hopkins*. 

*Ces liens renvoient vers des articles en anglais.


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