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Foot : après le transfert de Cody Gakpo à Liverpool, doit-on s’attendre à ce que le mercato hivernal soit stimulé par le Mondial ?

Le mercato de milieu de saison pourrait être dynamisé cette année par l’intérêt que suscitent plusieurs joueurs particulièrement en vue lors de la Coupe du monde au Qatar.

Les grands clubs ont regardé la Coupe du monde, mais sont-ils prêts à casser leur tirelire pour acquérir les joueurs les plus en vue de la compétition ? Le transfert de Cody Gakpo à Liverpool, annoncé avant même l’ouverture du mercato hivernal, semble avoir donné le ton. Révélation du Mondial à Doha avec les Pays-Bas, l’attaquant néerlandais du PSV Eindhoven va rejoindre les Reds après le 1er janvier, une fois son permis de travail délivré. Cody Gakpo s’inscrit ainsi dans la lignée des joueurs dont la carrière a pris un tournant après avoir brillé en Coupe du monde.

Mais ce transfert annonce-t-il vraiment un mercato hivernal plus agité que les précédents, sous le coup d’un « effet Mondial » ? Au Qatar, d’autres joueurs ont crevé l’écran, comme les Marocains Azzedine Ounahi et Sofyan Amrabat, ou les Argentins Alexis Mac Allister et Enzo Fernandez. Les rumeurs les envoient tous dans un nouveau club, mais rien ne dit encore qu’ils imiteront le Néerlandais. 

« Ça bouge déjà pas mal entre les agents, les clubs et les joueurs », assure Mohamed Amaar. Pour l’agent des Français Youssouf Fofana et Moussa Diaby, il n’y a pas de doute : « Il y aura beaucoup plus de mouvements ce mois de janvier que l’an dernier ». Un effet Coupe du monde, « même s’il sera moins fort que si la compétition avait eu lieu l’été« . Selon les données de l’Observatoire du football CIES, les clubs des cinq grands championnats européens ont dépensé 940 millions d’euros en janvier 2022, lors de la dernière fenêtre hivernale, soit le deuxième plus gros total des dix derniers mercatos de milieu de saison.

Que le marché des transferts du mois de janvier 2023 dépasse ce montant est en revanche loin d’être acquis selon Yvan Le Mée. « Un effet Coupe du monde sera visible, mais à relativiser, parce qu’on se trouve sur un marché de correction et de réparation. Ce n’est pas un marché d’investissement« , présente celui qui travaille pour l’agence Sport Profile. Autrement dit, les clubs vont surtout profiter du mercato hivernal pour ajuster leur effectif, corriger ce qui n’a pas fonctionné lors de la première partie de saison.

C’est ce qui a poussé Igor Tudor, entraîneur de l’Olympique de Marseille, à affirmer mercredi dernier, en conférence de presse : « Il nous manque trois joueurs, c’est factuel« . Avec la blessure d’Amine Harit, le départ de Luis Suarez et celui attendu de Gerson, l’OM s’est affaibli et doit combler les trous. Mais le cas du club phocéen semble isolé. « Les clubs ont eu une vraie trêve pendant plus d’un mois et ils ont pu se préparer pour la suite« , assure Stéphane Courbis. 

L’agent des Français Steve Mandanda et Alassane Pléa voit là un motif de « ralentissement du mercato« . « C’est vrai que la régénération s’est faite fin novembre-début décembre. Je n’ai pas l’impression que les clubs soient en sous-effectif comme c’est souvent le cas en janvier. Ils sont plus complets que creux« , confirme Yvan Le Mée. Sur le papier, les clubs français auraient donc moins besoin de faire des emplettes. 

C’est ce qu’a d’ailleurs confirmé, mardi dernier en conférence de presse, Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City, l’un des clubs les plus dépensiers sur le marché : « Je pense que nous n’allons signer aucun joueur durant la période des transferts en janvier, nous allons donc finir la saison avec l’effectif actuel. » La Coupe du monde peut en revanche « accélérer le processus de recrutement d’un joueur », prévient Stéphane Courbis.

« Liverpool a vu que Cody Gakpo, que le club suivait sûrement depuis longtemps, pouvait être bon au plus haut niveau et a décidé d’avancer son recrutement de l’été au mois de janvier », avance l’agent. Pour les autres révélations du Mondial, « les clubs vont faire attention à ne pas prendre un joueur bon sur seulement cinq ou six matchs à la Coupe du monde, explique Yvan Le Mée. Ils vont plutôt le juger sur sa régularité tout au long d’une saison. »

Sofyan Amrabat et Azzedine Ounahi, ici lors de la demi-finale de Coupe du monde entre le Maroc et la France, le 14 décembre 2022, pourraient animer le marché des transferts hivernal. (JEAN CATUFFE / AFP)

Sofyan Amrabat et Azzedine Ounahi, ici lors de la demi-finale de Coupe du monde entre le Maroc et la France, le 14 décembre 2022, pourraient animer le marché des transferts hivernal. (JEAN CATUFFE / AFP)

Le recrutement de Cody Gakpo par Liverpool peut même être considéré comme un achat de correction, puisque les Reds doivent pallier les blessures de longue durée de Luis Diaz et de Diogo Jota. Les Français Adrien Rabiot ou Marcus Thuram pourraient quant à eux quitter leur club en janvier non pas grâce à leurs bonnes performances au Qatar, mais en raison de leur situation contractuelle : à six mois de la fin de leur contrat, un départ lors du mercato hivernal est la dernière opportunité pour leur club de les vendre pour récupérer de l’argent.

L’effet Coupe du monde pourrait finalement « servir aux clubs qui ont des moyens financiers importants, en hiver comme en été, pour faire des acquisitions », souligne Yvan Le Mée. Si la Ligue 1, et le Paris Saint-Germain en particulier, devraient se montrer relativement calmes pendant tout le mois de janvier, l’agent de joueurs prédit que « la dynamique viendra des clubs de Premier League qui ont des moyens financiers et de ceux de Serie A« .


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