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Violences à Mayotte : de plus en plus d’habitants se procurent des armes « parce qu’il faut bien se défendre »

Gérald Darmanin a annoncé ce week-end sur l’île le maintien d’un détachement de 12 policiers du Raid. Mais face aux agressions récurrentes, une partie de la population choisit de s’armer elle-même. Franceinfo a rencontré un père de famille qui ne sort plus sans son pistolet.

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Radio France

Publié le 02/01/2023 12:55 Mis à jour le 02/01/2023 14:30

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Karim, 30 ans, habite au nord de Mayotte. C’est à Majicavo, juste à côté de Mamoudzou, principale ville du département, qu’il s’est fait agresser l’an dernier. « En sortie de boîte, je marchais pour prendre l’air. Il y en a un qui m’a interpellé, me demandant des cigarettes. Je lui ai donné un paquet et en me retournant, ils sont arrivés à onze. Ils ont commencé à me faire les poches. J’ai pris une pierre à l’œil qui m’a assommé. Je suis tombé par terre, je me suis relevé, ils sont venus sur moi, on s’est bagarrés. Puis j’ai pris la fuite et je suis allé aux urgences ». Bilan pour le Mahorais : six mois d’arrêt et un œil en moins.

L’oncle de Karim s’est, lui aussi, fait agresser en voiture. Piégé dans un barrage routier, il a reçu des coups de machette au visage qui ont nécessité douze points de suture : « Vous arrivez et vous vous faites attaquer, la bagnole défoncée, vous vous faites tabasser, même tuer, limite. Ils sont là pour ça. » Le trentenaire prend désormais ses précautions.

« Perso, je ne sors pas de chez moi à partir de 18 heures, je reste chez moi. Sauf si c’est une question de vie ou de mort : j’irai, mais armé ».

Karim, habitant de Mayotte

à franceinfo

En visite sur l’île ce week-end, Gérald Darmanin a annoncé dimanche 1er janvier le maintien sur place d’un détachement du Raid. Ces 12 hommes de l’unité d’élite de la police s’ajoutent aux renforts déjà décidés par le ministre de l’intérieur alors la violence ne cesse de gagner du terrain dans le département. Mais cela ne semble pas rassurer la population dont une partie a réussi à se procurer des armes. Karim possède un pistolet et il affirme qu’il est loin d’être un cas isolé. Le père de famille évoque « des armes à feu, des machettes, des Taser, des matraques télescopiques ». « On en est là aujourd’hui, mais il faut bien se défendre », justifie-t-il.

Face à cette situation tendue, en plus des forces de l’ordre dont les rangs ne cessent de grossir, ce sont les milices de quartier qui fleurissent désormais à Mayotte. 


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