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Collège : Pap Ndiaye révèle de premières mesures

Pour Pap Ndiaye, le collège est l’« homme malade » du système éducatif français. Pour y remédier, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé mercredi 4 janvier de premières mesures. Principale annonce : la création d’une heure hebdomadaire de renforcement ou d’approfondissement en français ou en mathématiques, dès la rentrée, « par petits groupes, selon le niveau des élèves », et assurée « par des professeurs des écoles, qui viennent de l’école élémentaire ».

Cela va permettre « un agrafage meilleur entre le primaire et le secondaire parce qu’on sait que la marche d’entrée en sixième, en particulier pour les élèves les plus tangents, est très difficile », a indiqué le ministre sur BFMTV.

Chaque élève bénéficiera de cette heure hebdomadaire, a souligné le ministère. Elle est notamment inspirée d’un dispositif de « sixième tremplin » expérimenté depuis septembre dans plusieurs collèges de l’académie d’Amiens, où des enseignants de primaire vont aider des élèves de sixième en difficulté. Reste à préciser comment se fera la répartition entre français et mathématiques et si cette heure s’ajoutera ou non aux enseignements existants.

Les performances en orthographe ont chuté

Pap Ndiaye a aussi annoncé que le dispositif « devoirs faits », qui permet aux élèves de faire leur travail scolaire au collège, serait rendu obligatoire en sixième. Un collégien sur trois bénéficie de ce dispositif, mis en place en 2017 pour ceux qui le souhaitent, selon des chiffres publiés cet été par le ministère.

Le collège « est la priorité, parce que nous avons des évaluations à l’entrée en sixième qui sont problématiques », a dit mercredi M. Ndiaye en s’appuyant notamment sur les dernières évaluations nationales en début de sixième. Selon celles-ci, 27 % des élèves n’ont pas le niveau attendu en français et près d’un tiers, en mathématiques.

Les performances en orthographe des élèves à la fin de l’école élémentaire n’ont cessé de chuter, selon une étude menée depuis 1987 par le ministère : le nombre moyen d’erreurs pour la même dictée est passé en trente-quatre ans de 10,7 à 19,4 en 2021. Le ministre avait déjà fait part à plusieurs reprises de sa volonté de réformer le collège, « homme malade du système » scolaire avec un niveau « faible », selon ses propres mots en septembre. L’annonce de cette réforme de la sixième, inspirée de l’expérimentation d’Amiens, était attendue depuis novembre.

« Une mesure superficielle »

Ces annonces ont cependant laissé les enseignants dubitatifs. « Tout ça pour ça », a réagi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, qualifiant ces mesures de « cosmétiques ». « Pour nous, l’urgence sur la classe de sixième est la diminution des effectifs en classe, qui implique évidemment un recrutement d’enseignants », au lieu de la suppression d’environ 1 500 postes prévue par le budget, dont 500 dans le second degré, ajoute-t-elle.

« Cela reste une mesure superficielle compte tenu des besoins de nos élèves, et on a de gros doutes sur le fait qu’elle soit opérationnelle et soutenable dans la durée », a renchéri Stéphane Crochet, du SE-Unsa. « On voit mal comment on arriverait à avoir les professeurs volontaires en nombre suffisant », s’interroge aussi Catherine Nave-Bekhti, du Sgen-CFDT. « Dans certains territoires, ça impliquerait des déplacements conséquents pour les professeurs des écoles et, dans d’autres territoires, on est quand même en grand manque » d’enseignants, ajoute-t-elle.

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Pour faire face aux difficultés des élèves à leur entrée au collège, Pap Ndiaye a aussi affiché sa volonté de mettre l’accent sur les classes de CM1 et CM2. Des recommandations pédagogiques seront notamment adressées dès janvier aux enseignants de ces classes concernant la pratique régulière de la dictée, la pratique quotidienne de la rédaction ou la régularité du calcul mental. Des recommandations « vues moult fois depuis longtemps », estime cependant Stéphane Crochet.

Ces annonces devraient aussi être suivies d’autres réflexions pour le collège. Selon le ministère, une concertation sera engagée dans les prochaines semaines avec l’ensemble de la communauté éducative sur les classes de cinquième, quatrième et troisième, elle pourra « porter sur les modalités d’évaluation ».

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