TÉMOIGNAGES. Le Samu alerte sur le manque d’opérateurs : « Si on met 30 minutes pour décrocher, à côté de combien d’arrêts cardio-respiratoires peut-on passer ? »

Les Assistants de Régulation Médicale (ARM), ceux qui décrochent et orientent les patients qui contactent le 15, sont débordés. Ils font face à un trop grand nombre d’appels au vu des effectifs et tirent la sonnette d’alarme.

Le Samu réclame des renforts et une revalorisation de leur métier, alors que les appels au 15 ont explosé sous l’effet des épidémies hivernales. Pour exemple, dans les Côtes-d’Armor, il reçoit en moyenne 1 200 appels par jour. Chaque Assistants de régulation médicale (ARM) répond à 120 d’entre eux, soit « 40 de trop par opérateur« , selon Yann Rouet, le co-président de l’Association française des assistants de régulation médicale (Afarm), l’une des deux organisations du secteur. Conséquence : l’attente est interminable quand on compose le 15. 

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Premiers interlocuteurs des patients lors des appels aux centres 15, les ARM sont environ 2 500 sur le territoire français. « Notre métier c’est l’urgence. On est censé décrocher des appels en moins de 60 secondes », rappelle Yann Rouet.

« Dans certains départements, il y a des temps de décrochés de 30 minutes, pour avoir un ARM au téléphone. C’est un danger évident pour la population. « 

Yann Rouet, co-président de l’Afarm

à franceinfo

« On s’attendait tous à une très forte augmentation de l’activité du Samu avec la recommandation d‘appeler le 15 avant d’aller aux urgences«  et en effet, « on a constaté plus de 30 % d’augmentation d’activité », explique Louis Soulat, vice-président et porte-parole du Samu-Urgences de France. Mais « si on met 30 minutes pour décrocher un appel, à côté de combien d’arrêts cardio-respiratoires ou de pendaisons, peut-on passer ? », interroge Yann Rouet. Face au manque de personnel, l’Afarm prévient, qu’il faut 800 opérateurs SAMU de plus en France. Mais pour attirer, « il faut déjà expliquer ce qu’est la régulation médicale parce que c’est un métier extraordinaire, indispensable », défend Louis Soulat, et pouvoir exercer « dans des conditions sereines, avoir le temps de traiter des appels et ne pas avoir l’impression de faire de l’abattage », insiste le médecin.

Malgré les préconisations du ministère de la Santé, les recrutements sont effectivement difficiles. Yann Rouet accuse, lui aussi, « un manque de communication sur cette profession pour attirer les gens. Le problème, c’est qu’on a peu de candidats ». Yann Rouet pointe également les bas salaires : « Un ARM en début de carrière, il est à 1400-1500 euros par mois. Vu les responsabilités que nous avons, on estime qu’on mérite plus ». Pour renforcer l’attractivité du métier, les organisations du secteur réclament que les ARM soient versés dans la « filière soignante » – et non administrative – de la fonction publique hospitalière, et aussi classée en « catégorie active » afin de bénéficier d’un départ anticipé à la retraite.

Elles exigent également une meilleure reconnaissance des « nouveaux postes de coordinateur et superviseur », afin de « donner des perspectives d’avenir » aux ARM les plus expérimentés. L’Association française des ARM demande un entretien en urgence avec le ministre de la Santé, avant peut-être de manifester. Un mouvement national qui serait « sans précédent », prévient l’organisation.

Débordés, des Assistants de Régulation Médicale du Samu racontent au micro de Théo Metton-Régimbeau

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