Santé : des milliers de généralistes manifestent pour défendre une médecine libérale « en danger »

Entre 2 300 et 4 000 soignants ont défilé du Panthéon au ministère de la Santé. La revendication du collectif demeure le doublement du tarif de base de consultation (de 25 à 50 euros).

« On vous soigne, soignez-nous. » Les médecins libéraux sont descendus dans la rue par milliers, jeudi 5 janvier après-midi à Paris, pour obtenir une revalorisation de la consultation. De son côté, le gouvernement se dit prêt à une hausse du tarif de la consultation si elle est « raisonnable » et si « les besoins de santé des Français sont remplis ». Organisée par le jeune collectif « Médecins pour demain », soutenue par plusieurs syndicats (FMF, UFML, SML et Jeunes Médecins), cette manifestation nationale partie du Panthéon a rallié le ministère de la Santé.

A l’arrivée, les manifestants, venus de toute la France (4 000 selon les organisateurs, 2 300 selon la préfecture de police), se sont agenouillés et ont brandi leur stéthoscope en observant une minute de silence. Auparavant avaient retenti des slogans comme « C’est la médecine qu’on assassine » et « Médecins, pas larbins ». Dans une marée de blouses blanches, des manifestants portaient des pancartes « Médecine libérale maltraitée, désert médical assuré » ou encore « L’État fait obstruction à votre accès aux soins ».

« On ne peut plus soigner les gens correctement avec les moyens actuels », expliquait dans le cortège Alexia Guidez, 30 ans, généraliste remplaçante près de Besançon. « On en est à retourner le drap d’examen d’un patient à l’autre pour faire des économies… » Venu de la Marne, Nicolas Huet, 35 ans, travaille avec cinq autres médecins et deux secrétaires : « Ça ne suffit pas, mais on n’a pas les moyens d’en embaucher une troisième. »

Cette mobilisation, rare chez les libéraux, tombe à pic à la veille des vœux aux acteurs de la santé que doit présenter le président Emmanuel Macron vendredi autour des grands axes de « refondation » d’un système de soins à bout de souffle, à l’hôpital comme en ville. « Nous écouterons très attentivement » le président, a dit au mégaphone la fondatrice de « Médecins pour demain », Christelle Audigier, évoquant un métier « en danger ». « Veut-il soutenir les médecins concrètement et maintenir le soin en France ? »

La revendication centrale du collectif demeure le doublement du tarif de base de consultation (de 25 à 50 euros) pour créer un « choc d’attractivité » vers une médecine de ville en manque de bras. Après une première grève début décembre, le collectif a appelé à la fermeture des cabinets médicaux après Noël et jusqu’au 8 janvier. Le mouvement, qui ne sera pas reconduit la semaine prochaine, a été vertement critiqué par la Première ministre Elisabeth Borne, car il a accru « les tensions sur l’hôpital » en période d’épidémies hivernales.


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