Réforme des retraites : à quoi faut-il s’attendre pour la mobilisation générale du 19 janvier ?

Les syndicats espèrent « une grève puissante » et une forte participation aux manifestations prévues pour protester contre le projet de loi du gouvernement.

Contestation, épisode 1. Mardi 10 janvier, Elisabeth Borne a présenté les modalités de son projet de réforme du système de retraite, qui fait reculer l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Dans la foulée, les principaux syndicats se sont réunis pour annoncer une première journée de mobilisation, jeudi 19 janvier.

Les syndicats des transports, de la fonction publique ou encore de l’énergie ont déposé des préavis de grève pour leurs secteurs respectifs. Le gouvernement ne croit pas à une « mobilisation massive », selon les mots du porte-parole du gouvernement Olivier Véran, et la Première ministre a appelé les syndicats à ne pas « pénaliser les Français ». Du côté des syndicats de travailleurs, on espère une « grève puissante ».

Dans les transports

A la SNCF, les quatre organisations qui composent l’intersyndicale – CGT, CFDT, SUD-Rail et Unsa – « affirment leur volonté de construire une offensive syndicale la plus forte afin de faire céder le gouvernement », dans un communiqué du 11 janvier. « Sans aucune hésitation, les quatre fédérations cheminotes appellent, dès maintenant, à préparer sur le terrain la première journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles du jeudi 19 janvier », énonce le communiqué. Le préavis de grève déposé par l’intersyndicale court du 18 janvier 19 heures au vendredi 20 à 8 heures. « On souhaite une grève très mobilisatrice », déclarait Erik Meyer, secrétaire fédéral du syndicat Sud Rail, jeudi, sur franceinfo.

Même dynamique à la RATP. L’intersyndicale CGT-RATP, FO Groupe RATP, UNSA Groupe RATP et la CFE-CGC Groupe RATP a déposé un préavis de grève unitaire et appelle à une « journée de mobilisation » pour « s’opposer à cette contre-réforme », dans un communiqué le 11 janvier.

Côté aviation, le syndicat « USACgt appelle les personnels de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) à la grève », dans un communiqué du 12 janvier. Le syndicat de l’aviation a déposé un préavis de grève pour le 19 janvier, qui court pour « la nuit en amont et en aval » de la journée de mobilisation.

Dans la fonction publique

Chose rare, la fonction publique affiche l’unité syndicale. Les huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique – dans l’ordre CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP – ont toutes appelé à la mobilisation contre la réforme des retraites. Le Syndicat national des personnels de l’éducation et du social protection judiciaire de la jeunesse (SNPESPJJ) a publié un appel unitaire commun à toutes ses organisations pour le 19 janvier.

Dans l’éducation nationale, la FSU annonce dans un communiqué du 10 janvier que « cette première journée, point de départ d’un processus de mobilisations qui s’inscrira sur la durée, doit être la plus massive possible dans tous les secteurs d’activités et notamment dans la fonction publique ». Le premier syndicat des enseignants avait déjà appelé à « une journée d’action sur les salaires, la voie pro et les conditions de travail dans l’éducation le 17 janvier » et maintient son préavis de grève. Selon ce communiqué, l’intersyndicale de la fonction publique se réunira « dès le 19 au soir » pour décider rapidement de la suite à donner à la journée de grève contre la réforme des retraites.

Dans le secteur des énergies

Eric Sellini, coordinateur national de la CGT à TotalEnergies, appelle à plusieurs jours de grève dans les raffineries. Des préavis de grève ont été déposés pour le 19 janvier, le 26 janvier et le 6 février par les syndicats de l’énergie. Une mobilisation qui pourrait engendrer, des « baisses de débit », ou encore « l’arrêt des expéditions », annonce Eric Sellini. Celui-ci n’exclut pas non plus une « grève reconductible avec, si nécessaire, l’arrêt des installations de raffinage », qui sera « proposée aux salariés ». C’est tout le secteur de l’énergie qui se prépare à « un conflit dur« , selon les mots de Francis Casanova, délégué syndical central CGT à l’AFP. « Nous agirons sur nos outils de travail » mais « nous ne pénaliserons pas les usagers », assure de son côté le secrétaire général de la CGT-Energie à franceinfo.

De son côté, la CFE-Unsa Energies, deuxième syndicat du secteur de l’énergie, « se prépare à mobiliser massivement », notamment « au sein d’EDF », a indiqué la secrétaire nationale pour EDF, Amélie Henri, à l’AFP. Face à cette mobilisation du secteur de l’énergie, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, cherche à rassurer. « On n’est pas du tout dans la situation que nous avons connue » en octobre, assure-t-elle.


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