VIDEOS. Retraites, guerre en Ukraine, avenir de La France insoumise… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Jean-Luc Mélenchon sur France 2

L’ancien candidat à la dernière élection présidentielle était l’invité de « L’Evénement » depuis Roura, en Guyane, jeudi soir.

C’est depuis Roura, en Guyane, que Jean-Luc Mélenchon a répondu aux questions de France 2, jeudi 12 janvier. Neuf mois après l’élection présidentielle dont il est arrivé troisième, le leader de La France insoumise a alterné les déclarations ironiques – « une table ou une chaise serait élue en face de madame Le Pen » en 2022 – et attaques frontales du gouvernement d’Elisabeth Borne. Ce même gouvernement qui vient de présenter la réforme des retraites, texte majeur du second quinquennat d’Emmanuel Macron, qui relève selon Jean-Luc Mélenchon d’un « enfumage » et que la gauche peut, à ses yeux, bloquer.

Sans mandat depuis le printemps 2022, la figure de la gauche radicale a aussi répondu aux critiques sur ses positions vis-à-vis de la Russie, dénoncé l’attitude de l’Allemagne et évoqué « l’énorme crise de croissance » du mouvement qu’il a fondé et qu’il n’a pas tout à fait quitté. Franceinfo revient sur les moments marquants de cette émission.

Face à « l’enfumage » du gouvernement sur les retraites, un blocage est « possible »

A l’aube d’un mouvement social d’ampleur contre la réforme des retraites, Jean-Luc Mélenchon a sans surprise dénoncé le projet du gouvernement, qui relève selon lui de « l’enfumage ». « Il n’y a pas de problème de financement des retraites, c’est faux, a-t-il déclaré. Je suis exaspéré de voir ces tentatives permanentes de duper les gens, de les enfumer. »

Alors que les syndicats préparent une large journée de mobilisation le jeudi 19 janvier, l’ancien chef de file de La France insoumise a estimé qu’il était « possible » pour l’opposition syndicale et politique de bloquer la réforme. Quant aux tensions souvent observées entre son mouvement et les syndicats, Jean-Luc Mélenchon a décidé de les mettre sous le tapis : « L’unité syndicale est un formidable point d’appui », loue-t-il.

L’idée de ne pas faire d’enfants pour sauver la planète est « absurde »

La population mondiale vient de dépasser les 8 milliards d’habitants et certains couples ont décidé de ne pas faire d’enfants pour limiter l’empreinte carbone de leur famille sur la planète. Sur France 2, Jean-Luc Mélenchon a semblé sceptique sur le bien-fondé d’un tel choix. « C’est une question personnelle, aux gens de décider s’ils ont envie d’avoir des enfants ou pas. S’ils ont envie d’en avoir, j’attends de voir qui peut les en empêcher, car personne n’y est jamais arrivé nulle part », a-t-il répondu. Pour lui, cela relèverait d’un « calcul utilitaire ». « L’idée de se passer d’enfants me paraît assez absurde », tranche-t-il, respectant la « liberté » de ceux qui agissent ainsi.

En Ukraine, Vladimir Poutine défend une « ligne stratégique nulle »

Souvent critiqué par ses opposants pour ses positions sur la guerre en Ukraine, Jean-Luc Mélenchon a milité pour une sortie du conflit par le dialogue entre les différents belligérants. « Il faut faire preuve de nuance » et « remettre ces gens de chaque côté d’une table », dans une position proche de celle d’Emmanuel Macron, partisan d’un dialogue en vue d’un processus de paix à l’est de l’Europe.

Il a surtout tenté de se montrer ferme à l’égard de Vladimir Poutine, qui « s’est comporté d’une manière particulièrement stupide parce que son objectif, c’était d’empêcher que l’Otan se rapproche des frontières de la Russie. Il n’a pas eu que de la réussite. C’est l’inverse et il a réussi à solidariser tout le monde autour des Américains. Donc c’est une ligne stratégique nulle », a estimé l’ex-candidat à la présidentielle.

L’Allemagne, un « allié déloyal » de la France

Jean-Luc Mélenchon a également épinglé les Allemands, lors du chapitre consacré à l’espace. « Je crois qu’on a tous les outils avec Ariane 6, évidemment, mais nous avons des alliés déloyaux, a-t-il estimé. Ce sont les Allemands qui ne respectent pas les accords qu’ils ont avec nous, qui préfèrent faire des tirs de satellites par les fusées américaines. » Il fait ainsi référence au fait que l’Agence spatiale allemande a validé le lanceur américain Falcon 9 de SpaceX pour son satellite d’observation de la Terre. Il a ensuite enchaîné sa critique contre le voisin européen. « L’Allemagne étend son autorité, ses entreprises. Et nous les Français, on ne fait pas ça. »

« Il n’y a pas de couple franco-allemand, ça n’existe pas. Et puis il y en aura de moins en moins. »

Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat à la présidentielle

sur France 2

Interrogé sur la hausse du budget de la défense en Allemagne, sur fond de guerre en Ukraine, l’ancien candidat à la présidentielle a par ailleurs exprimé son opposition. « On a quand même été envahis quatre fois, donc il y a le poids de l’Histoire, a lancé le leader insoumis. Je ne suis pas d’accord pour le réarmement de l’Allemagne. (…) Je suis pour que la France soit capable de se défendre toute seule, qu’elle ne soit jamais dans la situation de l’Ukraine. »

« Pas candidat » à sa succession et critique envers certains cadres LFI

La question est sans cesse posée aux « Insoumis » depuis la dernière élection présidentielle : qui sera le candidat de la gauche radicale en 2027 ? « Je suis remplaçable et je le souhaite », a répondu celui qui s’est présenté aux scrutins élyséens de 2012, 2017 et 2022. « Je ne suis pas candidat à ma succession », a-t-il affirmé, sans évacuer une quatrième candidature d’affilée : « Je n’ai pas vu la cohue pour prendre le poste », a-t-il ironisé. Celui qui souhaite « terminer le travail théorique » a aussi adressé une mise en garde à ceux qui ont critiqué l’arrivée officielle de Manuel Bompard au poste de coordinateur de LFI. « Nous vivons une énorme crise de croissance. (…) J’ai entendu des mots terribles. Ils ont été purgés de quoi ? Ce n’est pas une bonne idée de dénigrer le mouvement ».

Adrien Quatennens a été « longuement et beaucoup puni »

Lui a longtemps été présenté comme l’un des héritiers potentiels de Jean-Luc Mélenchon pour porter le flambeau des « Insoumis » à l’élection présidentielle. Mais depuis sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour des violences sur son épouse, Adrien Quatennens est exclu des activités du groupe La France insoumise, qu’il ne pourra réintégrer qu’en avril. Jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon a appelé à se limiter à la sanction infligée par le groupe LFI à l’ancien coordinateur du mouvement. « Adrien Quatennens a été longuement et beaucoup puni (…) Maintenant, on applique les décisions qu’on a prises et c’est bien, ça suffit (…) Il faudra qu’il regagne ses galons, il le sait », a estimé Jean-Luc Mélenchon à propos de cet ami « très cher » revenu à l’Assemblée nationale mercredi.


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