Vosges : une enquête ouverte pour harcèlement après le suicide de Lucas, 13 ans, qui avait « exprimé sa volonté de mettre fin à ses jours »

Les proches de l’adolescent ont dénoncé « des faits de harcèlement commis par des élèves de son collège, en raison de son homosexualité, depuis plusieurs mois », a précisé le procureur de la République d’Epinal.

Une enquête pour harcèlement sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte après le suicide, samedi 7 janvier, de Lucas, un adolescent de 13 ans à Golbey (Vosges), a annoncé jeudi 12 janvier le parquet d’Epinal, après la parution d’un article de RMC sur la mort du jeune homme.

Les proches de Lucas ont dénoncé dans leurs auditions « des faits de harcèlement commis par des élèves de son collège, en raison de son homosexualité, depuis plusieurs mois », a précisé le procureur de la République, Frédéric Nahon, dans un communiqué. La famille n’avait pas déposé plainte, mais « les faits avaient été signalés à l’Education nationale, qui avait reçu les mineurs », a ajouté le magistrat. « La situation a été prise très au sérieux par l’établissement, par le professeur principal », assure aussi Valérie Dautresme, directrice académique des services de l’Education nationale dans les Vosges, sur RMC. Dès lundi, une cellule psychologique a été mise en place à destination des élèves et des enseignants.

Lucas avait écrit dans son journal intime « un mot expliquant sa volonté de mettre fin à ses jours », a déclaré le procureur de la République d’Epinal, lors d’un point-presse, vendredi. 

Les parents de Lucas n’ont à ce stade pas encore déposé plainte, et la famille souhaite que les obsèques « se déroulent dans la plus stricte intimité, sans la présence de la presse », a fait savoir Me Faivre, avocate de la famille. Une marche blanche sera organisée « dans les prochaines semaines », a-t-elle ajouté. Une cellule psychologique a été mise en place dans l’établissement dès lundi, avait indiqué jeudi le rectorat, rappelant que le collège était « engagé dans le dispositif pHARe de lutte contre le harcèlement ».

Le ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, a réagi sur Twitter, se disant « déterminé à empêcher toute forme de harcèlement ». « Toutes mes pensées vont à Lucas, sa famille et ses amis », écrit Pap Ndiaye. « L’homophobie tue », a de son côté déclaré le ministre délégué chargé des Transports Clément Beaune, qui s’est plusieurs fois exprimé sur sa propre homosexualité.

L’enquête préliminaire ouverte mercredi s’attachera « à vérifier le lien de causalité direct entre ces faits et le suicide du jeune adolescent », a expliqué le procureur Frédéric Nahon vendredi, invitant toutefois à de « la prudence quant à ce dernier point ».  L’enquête a été confiée au commissariat de police d’Epinal et devra également permettre de « confirmer la réalité des faits de harcèlement, leur durée, le contenu exact des propos dénoncés, et de vérifier les différentes mesures qui ont été prises », a-t-il poursuivi. 

En attendant, une cagnotte en ligne a été lancée pour aider à payer les obsèques du garçon, qui auront lieu samedi dans la stricte intimité, selon la volonté de la famille. Plus de 7 500 euros avaient déjà été récoltés, vendredi après-midi. Une marche blanche sera organisée « dans les prochaines semaines », a précisé l’avocate de la famille.


Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles  sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé .

Il existe plusieurs services d’écoute, accessibles gratuitement : le 30 20 (du lundi au vendredi, sauf jours fériés, de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h), mis à la disposition des élèves, des familles et des professionnels pour signaler les situations de harcèlement entre élèves ; le numéro vert “net écoute” 30 18 (du lundi au samedi de 9h à 20h) ou la ligne  https://www.netecoute.fr/  pour les jeunes victimes de violences numériques.

D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère de l’Education nationale.


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