Climat : le président émirati de la COP28 appelle à réduire les émissions de CO2… sans renoncer au pétrole

« Continuons à nous concentrer sur le fait de freiner les émissions, pas le progrès », a-t-il martelé

Les déclarations du président de la prochaine COP28, Sultan Ahmed Al Jaber, ont de quoi confirmer les craintes des défenseurs du climat. S’exprimant pour la première fois depuis sa nomination controversée, samedi 14 janvier, le patron de l’Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc), un géant pétrolier du Golfe, a déclaré que « tant que le monde utilisera des hydrocarbures, nous devrons veiller à ce qu’ils aient la plus faible intensité en carbone possible », se refusant d’envisager l’abandon rapide de l’or noir. « Une croissance avec de moindres émissions de CO2 est l’avenir », a-t-il poursuivi.

« Nous travaillons avec l’industrie énergétique pour accélérer la décarbonisation en réduisant le méthane et en développant l’hydrogène », a-t-il ajouté lors d’un forum sur l’énergie à Abou Dhabi, la capitale des Emirats. « Continuons à nous concentrer sur le fait de freiner les émissions, pas le progrès », a-t-il martelé. Le ministre qatarien de l’Energie, Saad Sherida Al-Kaabi, qui s’exprimant lors du même sommet, a lui aussi défendu le secteur des hydrocarbures : selon lui, les défenseurs des énergies vertes manquent de « réalisme » et « vivent dans un rêve ». 

Poids lourd des émissions de CO2, les pétroliers mettent parfois en avant le souhait de réduire leur empreinte carbone sans pour autant mettre à mal la production d’or noir. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, estime pourtant, rappelle l’AFP, qu’« il n’y a aucun moyen d’éviter une catastrophe climatique sans mettre fin » à la dépendance aux combustibles fossiles

Considéré comme l’un des plus gros pollueurs au monde, les Emirats arabes unis pays veulent continuer à investir davantage dans le pétrole au moins jusqu’en 2030, tout en promettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’Etat, qui doit sa richesse à ses réserves d’or noir, fait chaque année partie des nations qui œuvrent à empêcher que l’accord ne mentionne pas de sortie des énergies fossiles

Le président de la prochaine COP, ministre de l’Industrie de son pays, a tenté de rassurer ceux qui s’étaient indigné de voir son pays accueillir le sommet pour le climat. « Les Emirats arabes unis envisagent cette tâche avec humilité, un sens aigu des responsabilités et un grand sentiment d’urgence », a-t-il assuré, qualifiant la lutte contre le changement climatique de « centrale« , alors que le phénomène pourrait frapper durement la région du Golfe. 


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