Sécheresse : il faudrait « un à deux mois de pluie pour passer l’été », analyse un professeur d’hydrogéologie

Il est encore possible « d’avoir un été normal », affirme l’hydrologue André Dupuy. Il faut juste une fin d’hiver et un printemps pluvieux.

« Un à deux mois de pluie » permettrait de « passer l’été », analyse samedi14 janvier sur franceinfo Alain Dupuy, professeur d’hydrogéologie à l’Institut national polytechnique de Bordeaux, alors que le niveau des nappes phréatiques en France est jugé « préoccupant » par le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). Si le Bureau est « assez pessimiste » sur la disponibilité de l’eau en 2023, Alain Dupuy estime au contraire qu’il « peut encore être possible d’avoir un été normal », notamment si la fin de l’hiver et le début du printemps s’avèrent très pluvieux. « Mais si on n’a pas ces précipitations, ça peut être très critique », précise ce spécialiste.

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Si le niveau des nappes phréatiques est « très critique » convient Alain Dupuy, c’est en raison de « l’évolution du cycle hydrologique ». « La recharge des nappes se fait de moins en moins bien parce qu’on a des années sèches de plus en longues et de plus en plus fréquentes », explique-t-il. Ce professeur d’hydrogéologie note que « les premières pluies [de l’année] ont certes humidifié les sols, mais elles n’ont pas rechargé les nappes » phréatiques ». À cela s’ajoute le « manque de neige », qui représente d’habitude un « stock idéal au printemps ». Or, selon Alain Dupuy, il faut aussi « composer » avec « la période de prélèvement plus importante des plantes : elles commencent à pousser plus tôt et jusqu’à plus tard », ajoute-t-il.

Ces situations risquent de se répéter au fil des ans du fait du réchauffement climatique, concède Alain Dupuy. Il appelle donc à repenser « la construction et l’aménagement du territoire » qui peuvent être responsables, en ville, de l’imperméabilisation des sols.

« C’est la couverture d’une grande zone, comme une zone urbaine, par des matériaux imperméables qui freinent le passage de l’eau. »

Alain Dupuy, professeur d’hydrogéologie

à franceinfo

La sécheresse ne touche pas uniquement les zones urbaines, loin s’en faut. En ce mois de janvier 2023, une douzaine de départements sont concernés par des arrêtés de restriction de l’eau. Face à ce constat, et « de par le déficit hydrique qui pourrait arriver », Alain Dupuy estime que les projets de grandes bassines, comme celui à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, peuvent être « une solution à envisager sur certains territoires spécifiques, si on veut avoir de la disponibilité en eau ».


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