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Festival : les Noirs en lutte dans les films de genre

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« Get Out », de Jordan Peele (2017) fait partie de la programmation du cycle « Oppressions » au 33e festival Entrevues Belfort.

« Get Out », de Jordan Peele (2017) fait partie de la programmation du cycle « Oppressions » au 33e festival Entrevues Belfort. FESTIVAL ENTREVUES BELFORT

Fleuron historique de la cinéphilie française, le festival Entrevues Belfort tient sa 33édition (jusqu’au 25 novembre) dans la perspective du départ imminent de sa déléguée artistique. Lili Hinstin, aux manettes depuis 2013, s’envole dès le mois de décembre, par la grâce du mercato festivalier, à Locarno, où elle remplacera Carlo Chatrian, lui-même en partance pour la Berlinale. Une Française en Suisse italienne, un Italien en Allemagne : du moins l’Europe du cinéma fonctionne-t-elle.

Affaibli par le maintien un peu artificiel d’une compétition qui ne peut plus se prévaloir de la découverte des films les plus convoités, Belfort, comme ses nombreux concurrents de taille égale, a l’obligation d’inventer et de surprendre dans les programmations parallèles. Chose faite encore une fois cette année, avec le cycle intitulé « Oppressions », consacré à l’image des Noirs dans le cinéma de genre. Le fort succès de films aussi divers que Moonlight, de Barry Jenkins (2016), I am Not Your Negro, de Raoul Peck (2016), Get Out, de Jordan Peele (2017), ou Black Panther, de Ryan Coogler (2018), corrélé à l’essor du mouvement Black Lives Matter en particulier et au regain des revendications de groupes minorés en général, a suscité un nouvel intérêt pour la question.

Le corpus du cycle « Oppressions » est ramassé (sept films) et pertinent, composé de raretés. Son intérêt saute aux yeux

L’angle du « genre » fait toutefois l’originalité du cycle présenté à Belfort. Conçu par les universitaires Adrienne Boutang (université de Besançon) et Mélanie Boissonneau (université Paris-III), le corpus est ramassé (sept films) et pertinent, composé de raretés. Son intérêt saute aux yeux. Le genre, écriture filmique codée, permet de rendre plus acceptables des choses qui ne le seraient pas sans son recours : la violence la plus crue, le retour cauchemardesque du refoulé historique, l’expression des forces déchaînées de l’inconscient. Il autorise sa propre subversion dès lors qu’un point de vue minoritaire s’en empare, reprogrammant en noir les codes de l’industrie blanche qui le gouverne.


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