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« Mauvaises herbes » : Kheiron à l’école de la deuxième chance

Kheiron dans le rôle d’un éducateur pour enfants en difficulté.

Kheiron dans le rôle d’un éducateur pour enfants en difficulté. Mars Films

L’avis du « Monde » – On peut éviter

Sorti mercredi, Mauvaises herbes, s’est placé dès les premières séances en tête du box-office. Le deuxième long-métrage de l’humoriste, acteur et réalisateur Kheiron, a ainsi rejoint la liste des comédies françaises à succès de ces dernières semaines. Après Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, Le Jeu, de Fred Cavayé et En liberté !, de Pierre Salvadori, voici donc Mauvaises herbes, dont le lien avec les autres films, hormis le genre auquel il appartient, se résume à l’accueil visiblement enthousiaste du public. Pour le reste, ni le scénario, ni la réalisation, pas plus que l’interprétation des comédiens ne peuvent être soumis à comparaison.

Dégoulinante de bons sentiments, chargée d’une somme incalculable de lieux communs et d’épisodes attendus qui empêchent tout effet de surprise ou de « rebondissement », Mauvaises herbes n’arrache ni le rire ni les larmes. Tout juste déconcerte-t-il par toutes les balourdises qu’il accumule.

Dans son premier film, Nous trois où rien, Kheiron s’était attaché à raconter la fuite de ses parents iraniens et leur installation en banlieue parisienne. Cette fois, il s’inspire de ses années d’éducateur pour nous rapporter l’histoire de Wael (dont il est lui-même l’interprète), jeune garçon sympathique et sans ambition qui s’adonne à de petites escroqueries avec la complicité de Monique (Catherine Deneuve), une retraitée légèrement folle dingue et peu encline aux états d’âmes.

Six gosses prompts à la révolte

Hélas, un jour, démasqué par Victor (André Dussollier) – bénévole auprès d’adolescents en décrochage scolaire (et ancienne connaissance de Monique) -, le duo d’arnaqueurs va devoir changer son fusil d’épaule, et devenir honnête. Pour le compte de Victor, Monique se voit contrainte de tenir le secrétariat de l’association, et Wael de s’improviser éducateur en charge de six lycéens en difficulté.

De ces six gosses prompts à la révolte, en colère contre tout, respectueux de pas grand-chose, Wael va tirer le meilleur, parvenant à extirper certains de leur mutisme, d’autres de leurs complexes ou de leurs idées reçues. Tout cela avec des méthodes dignes d’un animateur de patronage. Des méthodes qu’il a pourtant tirées de sa propre expérience, quand orphelin dans un pays en guerre du Moyen-Orient, il a dû se débrouiller seul, ainsi que de nombreux flash-back bourrés de pathos nous en livrent la preuve. Paradoxalement, il nous en aurait fallu moins pour que l’on y croit.

Il n’est guère d’autre élément psychologique qui vienne nous renseigner sur les personnages, chacun étant réduit à l’unique fonction ou caractère qu’il est censé servir. Le policier véreux, l’ado rétif, la vieille bienveillante, l’éducateur glandeur mais bon gars. Dans cette galerie de portraits esquissés à l’arrache, Kheiron n’a reculé devant rien. L’histoire d’amour entre Victor et Monique, celle entre Wael et la sœur (avocate) d’une de ses adolescentes, le concours de danse de salon qui déguisent Monique et Wael en couple de Mexicains, la réconciliation de toutes les cultures et de toutes les religions au sein du groupe de lycéens… donnent lieu à des scènes dépourvues d’intérêt, au mieux, de séquences ridicules, au pire. L’une d’elle où Catherine Deneuve apparaît soudain vêtue d’un ensemble léopard et ultra-maquillée – car, croit-elle, ainsi s’habille une secrétaire -, donne la mesure de ce ridicule qui, s’il ne tue pas, assomme beaucoup.

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Film français de Kheiron. Avec Kheiron, Catherine Deneuve, André Dussollier (1 h 40).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 21 novembre)

  • Amanda, film français de Mikhaël Hers (à ne pas manquer)
  • Game Girls, documentaire allemand, américain et français d’Alina Skrzeszewska (à ne pas manquer)
  • After My Death, film sud-coréen de Kim Ui-seok (à voir)
  • L’Enfance d’un maître, documentaire français de Jeanne Mascolo de Filippis et Bruno Vienne (à voir)
  • Hard Eight, film américain de Paul Thomas Anderson (à voir)
  • Terra Franca, documentaire portugais de Leonor Teles (à voir)
  • Aga, film allemand, bulgare et français de Milko Lazarov (pourquoi pas)
  • The Mumbai Murders, film indien d’Anouragh Kashyap (pourquoi pas)
  • Trois petits rêves, film français et tadjik de Chapour Haghighat (pourquoi pas)
  • Yomeddine, film égyptien d’Abu Bakr Shawky (pourquoi pas)
  • Mauvaises herbes, film français de Kheiron
  • Les Bonnes Intentions, film français de Gilles Legrand (on peut éviter)
  • Les Filles du soleil, film belge, français, géorgien et suisse d’Eva Husson (on peut éviter)

A l’affiche également :

  • Le Fils du désert, film français et marocain de Laurent Merlin
  • Michel Vaillant, le rêve du Mans, documentaire français de Frédéric de Brabant
  • Mimi & Lisa, les lumières de Noël, film d’animation slovaque de Katarina Kerekesova et Ivana Sebestova
  • #Moscou-Royan, film français d’Elena Cosson Kizilova
  • Overlord, film américain de Julius Avery
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