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Netflix, bon géant ou King Kong du cinéma ?

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Analyse. Il n’y a guère qu’en France que les films sortent le mercredi. Ailleurs, aux Etats-Unis, entre autres, c’est le vendredi. Dimanche 25 novembre, quelques salles de New York et de Los Angeles ont projeté Roma, d’Alfonso Cuaron. Le 8 septembre, le long-métrage autobiographique du Mexicain a remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise. On l’a vu dans les festivals les plus prestigieux, Telluride, Toronto, Saint-Sébastien, Busan, New York, Londres… Il est précédé de critiques dithyrambiques. Il n’empêche : quel que soit son succès (dont la mesure sera tenue secrète), sa carrière s’arrêtera trois semaines plus tard.

Le 14 décembre, Roma quittera les salles et sera mis en ligne sur Netflix. Il faudra compter sur la qualité des tablettes ou des téléviseurs pour préserver la splendeur de son noir et blanc (à Venise et à Toronto, Alfonso Cuaron avait demandé à ce que son film, tourné en numérique, soit projeté sur pellicule 35 mm). Ces trois semaines d’exclusivité en salle sont d’abord apparues comme une concession majeure de Netflix au monde du cinéma, voire un début de réconciliation entre deux parties, qui avaient fait le constat de leurs désaccords au moment du Festival de Cannes, dont la plate-forme avait été de fait exclue. Rien n’est moins sûr.

Au festival de Telluride, début septembre, Ted Sarandos, le responsable des contenus de la plate-forme, affirmait encore qu’il n’accepterait aucune dérogation au principe du « day-and-date » (qui veut que la date de la sortie en salle coïncide exactement avec celle de la mise en ligne). Depuis, les frères Coen se sont vu accorder une semaine d’exclusivité sur grand écran (désormais expirée) pour The Ballad of Buster Scruggs, et cette faveur a été promise au Mowgli, d’Andy Serkis (en ligne le 7 décembre) ainsi qu’au Bird Box, de Susanne Bier, avec Sandra Bullock (en ligne le 21 décembre).

Lire le récit : Netflix s’offre son premier Lion d’or à la Mostra de Venise

Tout comme Roma, ces films sont des concurrents sérieux dans la course aux Oscars. Pour qu’un long-métrage y participe, il lui faut avoir été exploité en salle aux Etats-Unis avant le 31 décembre. Si la société dirigée par Reed Hastings et Ted Sarandos convoite aussi passionnément ces objets d’art, c’est qu’ils sont à la fois de formidables publicités à l’endroit du public et d’appétissantes carottes pour les réalisateurs, scénaristes ou acteurs que Netflix veut attirer.


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