Publicités

La filière audiovisuelle dénonce la réforme des aides du CNC

Article réservé aux abonnés

Pour le CNC,  la série « Le Bureau des légendes », avec l’acteur  Mathieu Kassovitz, est un modèle de fiction française exportable à l’étranger.

Pour le CNC,  la série « Le Bureau des légendes », avec l’acteur  Mathieu Kassovitz, est un modèle de fiction française exportable à l’étranger. XAVIER LAHACHE/TOP, THE OLIGARCHS PRODUCTIONS/CANAL+

Les chaînes de télévision et les producteurs n’échapperont pas à la baisse des aides du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) qu’ils redoutaient depuis plusieurs semaines. Reçus, mardi 27 novembre, par la présidente du CNC, Frédérique Bredin, les représentants de la filière ont été informés que l’institution réduirait son soutien à l’audiovisuel de 30 millions d’euros au cours des deux prochaines années, soit une diminution de 11 % par rapport aux 279 millions d’euros d’apports directs versés en 2017.

Plus que le montant de ces économies, la façon dont elles seront menées inquiète les professionnels du petit écran. Le CNC prévoit notamment de baisser la valeur de l’aide allouée pour chaque minute produite, et de renforcer la dégressivité des soutiens aux séries récurrentes. « Ces mesures vont porter un coup sévère aux feuilletons quotidiens », craint un acteur du secteur. « Les documentaires et le spectacle vivant, qui sont déjà des genres fragiles, seront davantage affectés que la fiction », souligne Vincent Gisbert, délégué général du Syndicat des producteurs et créateurs de programmes audiovisuels (Spect).

Lire aussi Le Centre national du cinéma va aider la création vidéo sur le Web

Avec cette réforme, le CNC entend recentrer ses aides sur les séries originales capables de rivaliser avec les œuvres étrangères. La part des soutiens accordés automatiquement, indépendamment de la qualité du programme (80 % des aides à l’audiovisuel aujourd’hui), sera donc revue à la baisse, au profit des financements sélectifs. « Il y a une demande forte du public pour les programmes très qualitatifs, à vocation internationale, explique-t-on au CNC. Il faut que la création française puisse y répondre. »

Contexte incertain

L’enjeu est aussi financier : alors que les taxes versées au CNC par les chaînes, les distributeurs et les salles de cinéma stagnent, le volume de la production, lui, ne cesse d’augmenter. « Notre soutien à l’audiovisuel et les crédits d’impôts ont augmenté de 40 % depuis dix ans, et l’an prochain nos aides resteront plus élevées qu’en 2016 », fait-on valoir au CNC.

Le cinéma n’étant pas concerné par ce plan d’économies, diffuseurs et producteurs audiovisuels accusent l’institution de favoriser le grand écran au détriment de la télévision. « Nous sommes prêts à prendre notre part dans l’effort de rééquilibrage des comptes du CNC, mais chacun doit y participer », s’insurge Stéphane Le Bars, délégué général de l’Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA).


Continuer à lire sur le site d’origine

Publicités
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :