Le Sixième enfant: un film noir intense porté par un casting parfait [critique]

A partir d’un sujet périlleux – l’adoption clandestine – ce premier long emprunte avec beaucoup d’audaces, les routes du thriller noir. Une très bonne surprise.

Dans les premières minutes du film qui s’offre comme un énième drame social à la française avec sa lutte des classes bien délimitée – d’un côté les bourgeois bohèmes, de l’autre les nomades en roulottes -, et son sujet « Dossiers de l’écran » – l’adoption clandestine -, on flippe un peu. L’exposition des personnages, elle, s’en trouve d’emblée réhaussée par un casting en tout point parfait qui joue le jeu avec une parfaite maitrise (Damien Bonnard et son charisme sauvage nous bluffe encore une fois). Nous voilà à peu près sur des rails. Léopold Legrand signe ici son premier long-métrage. Son film, adapté du roman Pleurer des rivières d’Alain Jaspard et multi-primé au dernier Festival d’Angoulême, va plutôt vite en besogne, ne s’embarrasse de digressions psychologisantes. C’est bon signe. Comme dans un film noir d’Ida Lupino fifties (on pense, en effet, à Bigamie), le film vire au sombre, emprunte les sentiers du thriller en clair-obscur où le monde emprisonné dans son angoisse, nous tient en respect. Un inconfort s’installe, les protagonistes se toisent, se frottent. L’un d’entre eux en devient carrément flippant (Sara Giraudeau dans son meilleur rôle). Le scénario suffisamment elliptique va à l’essentiel et ne cherche à installer du suspense artificiellement. Toujours rapide et efficace dans son exécution, ce Sixième enfant, avance jusqu’au bout sans se retourner. Une audace payante qui nous délivre in fine d’une morale sentencieuse. Une excellente surprise en somme.

De Léopold Legrand. Avec Sara Giraudeau, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla… Durée : 1h32. Sortie le 28 septembre 2022


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