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Sanders et Agrial font cause commune dans la Sarthe

Plutôt que d’investir chacun de leur côté sur un marché très contraint, Sanders et Agrial, deux concurrents ont choisi d’engager 12 millions d’euros dans une usine commune. Blé, son, maïs, pulpe de betterave, tourteaux de colza… près de 150 ingrédients sont traités au quotidien dans l’usine d’aliments ASO Nutrition de Champagné, dans la Sarthe, laquelle fournit à 150 kilomètres à la ronde les  éleveurs de ruminants (lait et viande), de porcs et de volailles. Au bout du compte, ce sont plus d’un millier de recettes et formules différentes qui sortent de ce site industriel récemment rénové de fond en comble pour un investissement de 12,3 millions d’euros.

Volatilité permanente

Cette complexité s’accroît encore quand on sait que ces recettes varient en fonction du cours des matières premières sujettes à une volatilité permanente des prix. « Notre métier c’est d’acheter au mieux les matières premières, de les formuler pour le meilleur prix de revient et une qualité nutritionnelle optimisée », résume Sylvain Bouyer, directeur de Sanders Ouest co-actionnaire d’ASO à hauteur de 66 %. Le reste du capital est détenu par son concurrent Agrial.

Car ASO est née d’intérêts bien compris.  Agrial disposait d’une unité toute proche, enclavée dans les faubourgs du Mans. Tandis que Sanders devait lui aussi moderniser son usine de Champagné vieillissante, mais stratégiquement située au coeur du grand bassin d’élevage que sont la Sarthe et les départements voisins. Les deux groupes ont donc décidé de cohabiter sous le même toit et de partager leurs moyens industriels même si, rivaux sur le terrain, chacun conserve le secret de ses formules et de ses approvisionnements. « Il s’agit d’être intelligent industriellement sur un marché compliqué, mature, faiblement rentable mais devant apporter davantage de compétitivité aux éleveurs », résume Sylvain Bouyer.

Un signal pour les éleveurs

Au-delà d’une capacité portée à 300.000 tonnes, l’investissement visait surtout à gagner en flexibilité avec un nouvel ensemble de réception, de dosage, de stockage des matières premières et une technologie innovante de broyage. Le tout fonctionne avec 18 salariés en trois huit. L’électricité, l’automatisme, l’automatisme et l’informatique ont été remis à neuf et la consommation réduite de 12 %. A cela s’ajoute une nouvelle unité de « mash », mélange non granulé ou les composants sont identifiables. « Cet investissement nous engage pour vingt ans, mentionne Sylvain Bouyer. C’est aussi un signal au monde de l’élevage qui a beaucoup douté. »


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