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Confrontation militaire inédite entre Israël et l’Iran en Syrie

Le scénario de représailles iraniennes était anticipé depuis plusieurs semaines par les renseignements israéliens. Il s’est matérialisé dans la nuit de mercredi à jeudi. Pour la première fois, une vingtaine de roquettes attribuées aux forces spéciales iraniennes al-Qods des Gardiens de la Révolution, présentes en Syrie, ont été tirées sur des bases de l’armée israélienne situées dans la zone frontalière du plateau du Golan. Aucun de ces projectiles de type Grad et Fajr, dont plusieurs ont été interceptés par le système de défense antimissiles israélien « Dôme de fer », n’aurait atteint le sol israélien.

La riposte a été immédiate. Vers 3 heures du matin, Tsahal a annoncé avoir mené des frappes aériennes contre une cinquantaine de cibles iraniennes disséminées sur le territoire syrien. Une opération de grande envergure présentée par une source militaire citée par le journal « Haaretz », comme la « plus grande attaque menée par Israël depuis l’accord de désengagement signé avec la Syrie en mai 1974 ».

Dans la matinée ce jeudi, le ministère russe de la Défense a indiqué que Tsahal a utilisé 28 avions F-15 et F-16 et tiré 70 missiles de type air-sol et 10 autres de type sol-sol lors de sa réplique. Précisant que la moitié de ces missiles avaient été détruits par le système de défense antiaérienne syrien. Au total, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les frappes israéliennes ont tué au moins 23 combattants, dont cinq soldats syriens et 18 membres de forces alliées du régime.

Appels à la retenue

C’est la première fois depuis le début du conflit syrien que l’Etat hébreu accuse directement l’Iran de mener des frappes sur son territoire. « Nous venons d’envoyer un message fort à Téhéran et au Hezbollah et la balle est désormais dans le camp iranien, commentait ce jeudi matin un ancien brigadier général de l’armée israélienne, Nitzan Nuriel. Les Iraniens doivent décider s’ils veulent obtenir davantage de frictions avec Israël, ce qu’ils pourraient faire en mobilisant le Hezbollah libanais. Ou s’ils souhaitent opter pour la retenue, attitude qui mettrait un terme à cet épisode de violences, ce que nous souhaitons. »

Ce jeudi matin, des appels au calme ont été émis de plusieurs capitales. Emmanuel Macron a plaidé pour la « désescalade » et Moscou a souhaité « la retenue » de la part des protagonistes. Berlin a, de son côté, dénoncé une « provocation » de l’Iran. Lors de la cérémonie de remise du Prix Charlemagne au chef de l’Etat français, Angela Merkel a estimé : « L’escalade des dernières heures nous montre qu’il en va vraisemblablement de la guerre ou de la paix » au Moyen-Orient.

Netanyahu, invité d’honneur de Poutine

Le soir de  l’annonce faite par Donald Trump de sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien , suite à des mouvements suspects en Syrie, l’armée israélienne avait mis en état d’alerte les résidents du plateau du Golan, donnant l’ordre peu habituel d’ouvrir les abris publics. Une première depuis le début du conflit syrien voilà plus de sept ans.

Le président américain Donald Trump a exaucé son voeu le plus cher, en dénonçant l’accord nucléaire conclu en 2015 par les grandes puissances avec Téhéran. Et ce, six jours avant que la Maison-Blanche opère le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Jeudi après-midi, sans surprise, les Etats-Unis ont montré une nouvelle fois leur appui à la politique israélienne. « Les Etats-Unis condamnent les attaques provocatrices à la roquette du régime iranien depuis la Syrie contre des citoyens israéliens, et nous soutenons avec force le droit d’Israël à agir pour se défendre », a ainsi affirmé la Maison Blanche dans un communiqué. Ajoutant : « Le déploiement par le régime iranien de systèmes de missiles et de roquettes offensives en Syrie, qui visent Israël, est un développement inacceptable et très dangereux pour tout le Moyen-Orient. »

Le dialogue avec les Russes, point stratégique

Reste qu’à l’heure où Moscou est devenu le maître du jeu syrien, le dialogue avec les Russes revêt pour Israël une importance stratégique. Benyamin Netanyahu cherche à obtenir des garanties tant pour contenir les risques d’escalades que pour dissuader Vladimir Poutine de fournir à la Syrie des systèmes antimissiles longue portée.

Avant même de s’envoler pour Moscou, le Premier ministre israélien avait évoqué « la nécessité de s’assurer de la continuité de la coordination entre l’armée russe et Tsahal ». Pour le général Yossi Kuperwasser, du Centre de Jérusalem pour les affaires publiques, la mission s’annonce complexe mais pas impossible. « D’un côté, les Russes veulent défier Washington. De l’autre, ils sont préoccupés par les ambitions régionales de l’Iran, et ils doivent comprendre qu’un dérapage incontrôlé en Syrie peut aussi nuire à leurs intérêts. ».


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