Publicités

Affaire Ghosn : les doutes rejaillissent sur l’écurie Renault en Formule 1

Il a lui-même validé la proposition de contrat faite cet été au pilote Daniel Ricciardo – 15 millions d’euros de salaire par saison jusqu’en 2020 – pour rejoindre Renault et permettre à l’écurie de se rapprocher d’un titre en Formule 1. L’arrestation du patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Carlos Ghosn, placé en garde à vue au Japon depuis le 19 novembre pour des  soupçons de malversations financières , plonge aussi le programme ambitieux de Renault dans l’incertitude.

« Nous sommes engagés en F1 depuis plus de 40 ans et nous sommes en cours d’application d’un plan d’une durée de six ans », a tenu à rappeler le patron de l’écurie Renault, Cyril Abiteboul, lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi en amont du Grand Prix d’Abou Dhabi, le dernier de la saison (Renault pointe à la quatrième place du classement des constructeurs, avec 24 points d’avance sur Haas).

VIDEO – Carlos Ghosn en prison, Renault navigue à vue : le point sur la situation

Mais l’interpellation de l’industriel franco-libano-brésilien, véritable coup de tonnerre dans l’industrie automobile, oblige Renault à naviguer à vue et n’épargne aucune division du constructeur.

Le mot d’ordre : « continuité »

Si Renault Sport Racing est dépendant de Renault et non de l’Alliance, le programme pourrait être à terme victime d’éventuelles difficultés économiques rencontrées par le Losange. Des précédents existent : redoutant des amendes records consécutives au scandale Dieselgate, Volkswagen s’était par exemple retiré du championnat du monde des rallyes en 2016, une semaine après le retrait d’une autre marque du groupe, Audi, du championnat d’endurance.

La fracture qui pourrait résulter du scandale pourrait également avoir des conséquences inattendues. Si Renault et Nissan venaient à rompre, que deviendrait par exemple le contrat de sponsoring qui lie Renault Sport Racing et Infiniti, la marque haut de gamme du constructeur japonais ?

« Nous n’avons aucune information qui nous laisserait penser qu’il y aura un impact sur le programme F1, nous ne voyons pas pourquoi il y aurait des conséquences. Pour le moment, le mot d’ordre est continuité et la conclusion du championnat dans la meilleure position possible », a pourtant poursuivi Cyril Abiteboul.

L’écurie monte en puissance

Le  successeur par intérim de Carlos Ghosn à la tête de Renault, Thierry Bolloré, est membre du conseil d’administration de l’écurie depuis 2016 et ne devrait pas, dans l’immédiat, bousculer l’activité d’une division florissante.

Entériné fin 2015 avec  le rachat pour une livre symbolique de Lotus (une décision validée à l’époque par Carlos Ghosn), le retour de Renault en Formule 1 en tant que constructeur – la marque était le partenaire motoriste de Red Bull entre 2010 et 2013 – est pour l’instant une réussite. Après avoir investi 50 millions d’euros dans la rénovation de l’usine d’Eton, en Angleterre, et s’être lancé dans une vaste campagne de recrutement pour atteindre les 680 salariés, l’écurie monte progressivement en puissance.

La stratégie minutieusement préparée de Renault dans la Formule 1 est destinée à accroître la visibilité de la marque de façon globale. « Pour mesurer la rentabilité [du projet], il faut comparer le prix de la F1 avec le coût que l’on aurait investi en marketing et en communication pour se faire connaître dans les pays que nous visons », détaillait en 2016 Carlos Ghosn, au moment où Renault s’attaquait notamment à la Chine.

Une division devenue rentable

Alors qu’elle entame le second cycle de sa stratégie qui doit la mener vers un titre chez les constructeurs d’ici 2021, l’écurie dispose d’un atout pour se préserver de l’« affaire Ghosn » : sa rentabilité. Après avoir enregistré des pertes de l’ordre de 1,1 million d’euros en 2016, Renault Sport Racing a dégagé 3,7 millions d’euros de bénéfices en 2017, porté notamment par les droits TV et le sponsoring.

L’engagement de Renault en F1 est « une activité qui est bien connue, très visible et qui reçoit beaucoup d’exposition avec des attentes claires de retour sur investissement et de contribution à l’entreprise », veut rassurer Cyril Abiteboul.

Les évènements de la semaine n’ont en tout cas pas troublé la préparation de l’équipe à Abou Dhabi. Daniel Ricciardo a en effet dominé la première séance d’essais libres du grand prix, réalisée en plein jour. Ce pourrait être une autre histoire dimanche, alors que la course débutera au crépuscule, avec des conditions bien différentes.


Continuer à lire sur le site d’origine

Publicités
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :