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De plus en plus d’enfants accueillis aux Restos du coeur

Il est des lieux où l’on aimerait voir moins de jeunes. Les Restos du coeur, qui lancent mardi leur campagne d’hiver de distribution de repas gratuits, s’inquiètent de l’affluence de publics jeunes, voire très jeunes. Lors de la campagne 2017-2018, la moitié des personnes qui se sont présentées auprès des bénévoles avaient moins de 25 ans, et parmi elles, 38 % étaient mineures. Autrement dit, 340.000 enfants ont bénéficié de l’aide alimentaire de l’association, sur 860.000 personnes aidées.

Plus d’un tiers de mineurs

« Le nombre d’enfants augmente depuis deux ans, et ce sont souvent des enfants vivant dans des familles monoparentales », témoigne Patrice Blanc, le président des Restos. En effet, un quart des publics accueillis sont des familles monoparentales, en général des mères isolées. Un diagnostic qui n’a d’ailleurs pas échappé au gouvernement, qui a voulu mettre  l’accent sur les enfants dans son plan pauvreté . « Nous avons aussi des hommes de moins de 25 ans qui ont du mal à trouver un travail et qui n’ont pas droit au revenu de solidarité active en raison de leur âge », ajoute Patrice Blanc.

Les personnes qui viennent se nourrir dans les centres des Restos sont particulièrement précaires. Les trois-quarts vivent dans l’extrême pauvreté, avec moins de 40 % du niveau de vie médian, qui s’élève à 1.692 euros. La médiane des ressources de la population accueillie est de 522 euros par mois. Entre les 4 % de sans-abri et les 4 % de propriétaires, les situations sont diverses en matière de logement. On dénombre 64 % de locataires et 28 % de personnes mal-logées (sans logement personnel, logées de façon précaire, ou dans un espace trop exigu).

Des entrées gratuites au cinéma

Comme l’a noté le Secours catholique , un autre visage de la pauvreté émerge à côté des mineurs : il s’agit des retraités isolés en milieu rural. Ils sont peu nombreux, 40.400, mais surtout invisibles, souligne Patrice Blanc : « Avec le prix du carburant, les retraités ont du mal à rejoindre nos centres de distribution de repas qui sont plutôt en centre-ville. C’est pourquoi nous voulons développer les camions itinérants qui vont au contact dans les communes rurales, comme nous le faisons déjà dans le Massif central ou en Corse. »

Par ailleurs, pour répondre aux besoins des familles, des « restos bébé » ont été créés, avec du lait en poudre mais aussi des conseils fort utiles aux jeunes mamans. Les enfants peuvent obtenir des entrées gratuites au cinéma afin de voir les mêmes films que les autres et de ne pas être stigmatisés.

Enfin, depuis deux ans, certains centres distribuent aussi des repas l’été. Mais ils manquent de bras, car les 72.000 bénévoles actuels sont souvent moins disponibles à ce moment-là.


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