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Le difficile entretien du patrimoine religieux

L’amendement de  la loi de 1905 envisagé par le gouvernement changera-t-il quelque chose à l’émiettement du patrimoine religieux ? Avec l’objectif de transparence des comptes et de contrôle des financements étrangers d’associations islamiques, le projet de lifting révélé début novembre par « L’Opinion » devrait également fournir de nouveaux moyens au culte traditionnel. Depuis l’acte fondateur de la séparation des pouvoirs ecclésiastiques et politiques, l’Etat ne peut financer aucune confession, exception faite des cathédrales, des chapelles installées en lieu clos dans ses administrations (hôpitaux, prisons, écoles…) et du patrimoine classé monument historique.

Parmi les mesures envisagées figure en particulier la possibilité de subventions publiques pour les « réparations et rénovations énergétiques » des édifices religieux. Théoriquement donc, une collectivité pourra sauver une église en péril. Ca n’est pas tout : les cultes pourraient également tirer des revenus locatifs de leur patrimoine, avec l’objectif de tendre vers l’autonomie budgétaire. Il y a urgence car l’état du parc immobilier du culte est inquiétant.  L’inventaire de l’Observatoire du patrimoine religieux (ORP) recense plus de 500 églises en péril et près de 5.000 nécessitant des travaux urgents. « Dans la capitale, note-t-il, le ‘plan églises’ mis en place dans les années 1990 s’est effiloché à partir de 2004 à tel point que les plus grandes églises de Paris nécessitent aujourd’hui plusieurs centaines de millions d’euros de travaux. »

Monuments mal aimés

Sur l’ensemble du territoire, les édifices les plus menacés sont postérieurs à la Révolution de 1789. « Ces monuments sont mal aimés des Français qui n’y voient que des pastiches sans intérêt historique ou architectural », indique un  rapport de l’ORP . Au point que plusieurs colloques (3 cette année) rassemblent autour de la question du devenir des églises et du rôle des collectivités face aux défis de mutation du patrimoine religieux. Même le Vatican s’est emparé du sujet, en convoquant à Rome, ce vendredi, une conférence internationale sous le titre évocateur : « Dieu n’habite-t-il plus ici ? » Objectif de ce colloque : définir des lignes directrices pour aider les diocèses catholiques à trouver des solutions alternatives au démantèlement et à la transformation des églises en boîte de nuit ou en galerie marchande, et s’assurer que les lieux consacrés conservent une partie de leur valeur spirituelle.

Difficile pour les communes d’échapper à leur devoir envers ce patrimoine. Les églises construites avant 1905 – 40.307 selon la Conférence des évêques de France – sont leur propriété. Mais les charges sont importantes et certaines finissent par laisser s’altérer les ouvrages, jusqu’à ce que leur dégradation ne laisse pas d’autre solution que de les détruire. C’est le sort qui a été réservé en 2013 à l’église néogothique Saint-Jacques d’Abbeville, épargnée par deux guerres mondiales mais rongée par le manque d’entretien depuis sa construction en 1876. En quelques semaines, les bulldozers avaient eu raison de sa haute flèche de 90 mètres signalant ce lieu de culte à des kilomètres à la ronde. Depuis, le maire de cette commune des Hauts-de-France peine à se remettre de la polémique qu’il a fait naître en oubliant la valeur identitaire du monument.


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