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« Gilets jaunes » : la négociation avec les syndicats et le patronat démarre

Pas de « gilets jaunes » à l’horizon, au ministère du Travail, rue de Grenelle, à Paris, pour la première réunion entre le gouvernement et les partenaires sociaux, mais pas moins de quatre ministres et une secrétaire d’Etat. La rencontre, programmée en urgence à la veille de l’acte IV de la mobilisation des « gilets jaunes » , avait pour objectif d’enclencher le dialogue avec le patronat et les syndicats, les représentants des collectivités territoriales étant reçus dans la foulée au ministère de la Cohésion sociale, à quelques mètres de là.

Mai 68

La réunion a eu lieu dans la salle dite des accords, là même où ceux dits de Grenelle avaient sonné la fin du mouvement de Mai 68. Plusieurs syndicalistes n’ont pas manqué de pointer le symbole, alors qu’après les avoir largement ignorés et affaiblis, l’exécutif est contraint de revenir vers eux.

La ministre du Travail n’a pas réservé de surprise concernant les sujets de discussions : « le pouvoir d’achat des salariés, les transports, le logement, la fiscalité, l’accessibilité des services publics ». « Chacun a pu faire des propositions de court terme et de long terme dans cette grande négociation qui s’ouvre » et tout le monde est « prêt à aller plus loin que les postures », s’est réjouie Muriel Pénicaud, qui faisait là son grand retour après être restée très discrète.

Ne pas jeter de l’huile sur le feu

Tous les intervenants ont pris soin de ne pas jeter de l’huile sur le feu. Mais cela n’a pas empêché les lignes de fracture d’apparaître entre le patronat et les syndicats, pas tout à fait au complet puisque la CGT a décliné l’invitation et Solidaires n’était pas convié. Le gouvernement, qui marche sur des oeufs, s’est gardé pour l’instant de se prononcer sur le fond, alors que la CFDT, la CGT, FO, la CFTC, la CGC, l’UNSA et la FSU avaient publié la veille de la réunion une  déclaration commune exigeant des discussions « larges, ouvertes et transparentes » .

« Nous sommes prêts à faire des efforts concertés avec les différents acteurs », a expliqué Jean-Eudes Dumesnil-Dubuisson, de la CPME. Mais, a-t-il ajouté, « il n’est certainement pas question que l’Etat se défausse sur les entreprises et qu’elles subissent des charges supplémentaires ». « Aujourd’hui, les entreprises financent pour près de 10 milliards d’euros [le coût de transport des salariés] uniquement sur la mobilité collective », a souligné le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a déjà proposé une modification du fléchage. Tous deux ont plaidé pour la prime de Noël défiscalisée et facultative, juste pour cette année, évoquée par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Calendrier et méthode

Les syndicats ne sont certes pas contre une prime exceptionnelle, mais à condition qu’elle soit « obligatoire », comme l’a précisé Laurent Berger, le numéro Un de la CFDT. « Cela peut aider à apaiser les choses », a reconnu Yves Veyrier, son homologue de FO, mais cela ne saurait suffire, a-t-il ajouté, à l’unisson des autres organisations de salariés, évoquant négociations salariales de branche et d’entreprise et prime transport. « Il ne s’agit pas de traiter les conséquences, mais les causes », a souligné Gérard Mardinié, de la CGC. « Le gouvernement doit changer de méthode, mais aussi de contenu politique », a insisté Luc Bérille, le secrétaire général de l’UNSA.

Conséquence de l’agenda des discussions qui s’annoncent, la  cinquième séance de négociation sur l’assurance chômage, prévue mardi 11 décembre, pourrait être annulée. Syndicats, patronat et gouvernement doivent se retrouver ce jour-là au sommet pour une nouvelle réunion, cette fois-ci avec les représentants des collectivités locales pour « arrêter le calendrier et la méthode » de la concertation nationale, qui se déroulera parallèlement aux débats territoriaux, a précisé Muriel Pénicaud. Ces rendez-vous pourraient ensuite s’enchaîner à raison de deux par semaine, selon un syndicaliste.


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