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Logion, cette blockchain wallonne tenue par un réseau… d’officiers judiciaires !

La start-up de la semaine

Même s’il prend soin de mettre en avant les personnes qui composent l’équipe de logion (il insiste sur la minuscule), David Schmitz en est le concepteur et fondateur. Son parcours mérite un détour car il explique comment il en est arrivé à fonder, fin 2020, ce réseau blockchain.

Juriste de formation, David Schmitz a été, successivement, journaliste et producteur dans l’audiovisuel, consultant dans le secteur du notariat, receveur communal, huissier de justice suppléant et officier à la Police fédérale ! “Le souci, dit ce Liégeois de 49 ans, c’est que je ne tiens pas en place et que j’ai l’âme d’un entrepreneur”. En 2015, il obtient une interruption de carrière qui va lui permettre de lancer un projet tout à fait novateur. Un projet où il va pouvoir combiner deux de ses passions : la justice et la blockchain. “Je me suis engagé dans la blockchain en 2016 avec une conviction aussi forte que celle qui m’a poussé à promouvoir le logiciel libre pendant de longues années. Je suis arrivé dans la blockchain via les communautés de développeurs Linux”, raconte David Schmitz.

Quand il décide de se lancer, l’Ethereum – nom du système blockchain décentralisé et open-source qui dispose de sa propre cryptomonnaie – existait. “C’est un élément clé, insiste M. Schmitz, car Ethereum a amené de nouvelles couches de programmation, en particulier pour tout ce qui concerne les smart contracts. C’est là que j’ai vu le potentiel qu’avait cette technologie pour réorganiser toute une série de chaînes de valeur ou même réinventer certains modèles économiques et sociaux. Le projet logion est né de mon souhait de faire la jonction entre mes compétences dans le domaine de la justice avec celui de la technologie blockchain”.

David Schmitz, concepteur et fondateur de la blockchain publique logion.

Pour David Schmitz, il s’agit bien plus qu’une nouvelle technologie supplémentaire. La “chaîne des blocs”, sous-jacente à l’essor spectaculaire des cryptomonnaies, est un mode de pensée “communautaire, libre, partagé”, qui pousse de nouvelles modélisations économiques et sociales, organisationnelles, avec des objectifs de transparence accrue, de traçabilité, de gouvernance plus directe et plus inclusive. “Avec la communauté Polkadot, dans laquelle nous sommes fortement impliqués, on considère que le partage communautaire et open-source est l’un des piliers de la construction du futur Web 3.0 (ou Web décentralisé, NdlR).

Un premier projet lancé, deux autres en chantier

Basée sur la technologie open-source Substrate-Polkadot, logion est une blockchain publique dont les nœuds sont tenus par un réseau européen d’officiers judiciaires. “Il s’agit de personnes issues du monde du droit qui reçoivent, de la part de la puissance publique, des compétences déterminées et qui agissent dans un cadre légal et déontologique très strict”. La vocation de logion est de prendre ces compétences, qui existent dans le monde réel, pour les utiliser aussi dans le monde de la blockchain. Cela couvre la certification, la protection d’actifs et de documents, la production de constats d’huissier utilisables comme preuve devant un tribunal, etc.

Logion, qui ambitionne de se connecter à l’écosystème Polkadot (initié en 2017 par Gavin Wood, cofondateur d’Ethereum), a déjà concrétisé un premier projet de wallet pour sécuriser des actifs numériques et des opérations financières. Deux autres projets sont en chantier : la certification d’œuvres numériques (avec création de tokens non fongibles ou NFTs), dont la mise en route est prévue avant la fin de cette année, et un système de stablecoin sécurisé permettant de récompenser ses utilisateurs.

Comme nous l’expliquions en début de semaine (La Libre, 5/10), le fonds WING by Digital Wallonia a apporté un soutien financier à ce projet wallon au rayonnement européen. En contrepartie, WING a obtenu des “actions” matérialisées par des tokens (jetons numériques).

En bref

Société: logion, fondée par David Schmitz, sera portée par une AISBL (association internationale sans but lucratif), qui prendra ses quartiers à Bruxelles, avant d’être dématérialisée et gouvernée en toute transparence avec le support de la technologie blockchain. L’équipe se compose de 8 personnes.

Investisseurs: fonds privés et WING by Digital Wallonia.

Site: https ://logion.network

Particularité: David Schmitz est l’associé d’Antoine Baduel, fondateur de radio FG en France.

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