Wall Street a ouvert sur une note optimiste, tirée par les valeurs technologiques

La Bourse de New York se cherchait une direction mercredi, le marché tentant de poursuivre le rebond entamé vendredi, tiraillé entre l’appétit pour les valeurs technologiques, Alphabet en tête, et un mauvais chiffre de l’emploi américain.

Vers 15H10 GMT, le Dow Jones perdait 0,03 %, tandis que l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 0,77 %, et l’indice élargi S&P 500, 0,49 %.

Alors que les résultats avaient peu orienté le marché depuis le début de la saison, les investisseurs réagissaient très favorablement mercredi aux chiffres impressionnants d’Alphabet (Google), mais aussi du spécialiste des semi-conducteurs AMD.

« La peur s’est de nouveau emparée du marché, mais cette fois, c’est la crainte de ne pas profiter de gains futurs, alors que l’essentiel du mois de janvier avait été régi par la peur de rester à la Bourse », a commenté Patrick O’Hare, de Briefing.com, dans une note.

« Le marché était mûr pour un rebond, car les ventes avaient été trop loin », a ajouté Karl Haeling, de la banque LBBW, qui a aussi évoqué le rôle de certaines déclarations de membres de la banque centrale américaine (Fed), qui « ont aidé à calmer les inquiétudes » des opérateurs.

Pour beaucoup d’investisseurs, selon lui, la possibilité d’une hausse du taux directeur de la Fed de 50 points de base (0,5 point de pourcentage), une première depuis plus de 20 ans, s’éloigne désormais, ce qui est favorable aux actions.

Mardi, la présidente de l’antenne de Kansas City (Missouri) de la Fed, Esther George, a expliqué que la normalisation devait se faire graduellement, pour éviter de « provoquer des perturbations ». Pour autant, l’élan qu’avait pris Wall Street avant l’ouverture, à en juger par la forte progression des contrats à terme sur les principaux indices de la place new-yorkaise, s’est rapidement essoufflé.

L’annonce de la perte de 301.000 emplois dans le secteur privé en janvier aux États-Unis a pris de cours les économistes, qui s’attendaient à 220.000 créations d’emplois sur la période.

L’économiste en chef du cabinet ADP, qui a publié ces chiffres, a indiqué que ce mouvement était lié à « l’effet du variant Omicron » du coronavirus, à l’impact « significatif, bien que probablement temporaire ».

L’indicateur augure mal du rapport sur l’emploi, attendu vendredi, plusieurs économistes anticipant désormais également des destructions de postes dans les chiffres du département du Travail. Pour Karl Haeling, les investisseurs ne s’inquiètent cependant pas outre mesure de ce ralentissement, « qui est censé être temporaire », la portée du variant Omicron ayant sensiblement décru ces derniers jours.

« Cela pourrait aussi rendre la Fed un peu moins agressive » dans sa trajectoire de normalisation monétaire, selon l’analyste.

Cotations

Alphabet (Google) surfait sur ses résultats trimestriels record (+7,55 % à 2.965,78 dollars), supérieurs aux attentes. Toutes les activités du groupe affichent une croissance insolente, de la publicité – son coeur de métier – à l’informatique à distance (cloud) en passant par les smartphones Pixel.

L’entreprise a aussi annoncé le fractionnement de son action par 20, afin de rendre ce titre, qui flirtait avec les 3.000 dollars l’unité, plus abordable pour les petits porteurs.

Le prestataire de services de paiement en ligne PayPal s’effondrait (-24,26 % à 133,15 dollars) après la publication, mardi après Bourse, d’un bénéfice inférieur aux attentes et surtout de prévisions jugées décevantes.

La société californienne s’attend à un bénéfice net de 87 cents par action au premier trimestre, alors que le marché tablait jusqu’ici sur 1,16 dollar.

Depuis la scission avec le site de vente en ligne eBay en 2015, PayPal cherche à réduire sa dépendance au groupe, qui empêche, depuis l’an dernier, les vendeurs d’utiliser son service de paiement en ligne, privant son ancien partenaire de revenus conséquents.

PayPal entraînait dans sa chute un autre grand acteur des paiements en ligne, Block (ex-Square), qui perdait 8,73 % à 116,47 dollars, ainsi que le spécialiste du crédit pour les achats sur internet Affirm (-4,88 % à 64,19 dollars).

La chaîne de cafés Starbucks reculait également (-0,42 % à 98,35 dollars), mais dans de bien moindres proportions, après avoir, elle aussi, fait état d’un bénéfice net en deçà des prévisions des analystes.

Le groupe, qui a déjà augmenté certains de ses prix en octobre et en janvier pour faire face à la hausse des coûts, a annoncé mardi prévoir des hausses supplémentaires dans le courant de l’année. AMD profitait de résultats meilleurs qu’attendu (+7,85 % à 125,95 dollars), mais surtout d’un discours très optimiste de ses dirigeants pour les mois à venir. Le fabricant de semi-conducteurs se dit prêt à faire face à la demande en 2022, en partie grâce aux investissements réalisés en 2021.

La tonalité de la conférence téléphonique de présentation de ses résultats, mardi, a tranché avec celle des entreprises du secteur ces derniers mois, qui faisaient toutes état d’une pénurie de composants et de perturbations sur la chaîne d’approvisionnement.

AMD emmenait dans son sillage ses concurrents Qualcomm (+3,83 %) et Micron (+3,16 %), ainsi que le spécialiste des cartes graphiques Nvidia (+3,54 %).

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