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Afghanistan : Paris solidaire

Anne Hidalgo a rappelé, en introduction de cette « conférence de solidarité avec l’Afghanistan », la place singulière et ancienne de la Capitale au cœur des combats pour les droits de l’homme et singulièrement ceux des femmes. Aucune attaque contre le gouvernement ou l’Etat, tout au long d’un après-midi ponctuée de témoignages poignants sur la gravité de la situation en Afghanistan et la nécessité de continuer le combat, à la fois pour tenter d’améliorer la situation sur place, qualifiée de cauchemar par les différents intervenants afghans, et pour accueillir tous ceux qui réussissent et réussiront à fuir le pays une nouvelle fois aux mains des Talibans, depuis le 15 août dernier.

Anne Hidalgo, avec Bernard-Henri Lévy. © Jgp

De g. à dr. : Anne Hidalgo, Bernard-Henri Levy et Zarifa Gharafi, maire de Maidan Sharh, en Afghanistan © Jgp.

« Il faudrait être bien naïf pour penser que les Talibans ont changé, en bien, depuis leur dernier exercice du pouvoir, à la fin des années 1990 », a souligné le philosophe Bernard-Henri Levy. © Jgp

« Si l’on ne fait pas par humanisme, il faut le faire parce qu’une partie de notre sécurité se joue à Kaboul », a dit en substance la maire de Paris, qui a rappelé la venue, il y a peu dans la Capitale, d’Ahmad Massoud, le fils du commandant Massoud, qui incarne la résistance aux nouveaux maîtres de Kaboul.

Une situation proche de l’esclavage

« Nous ne pouvons pas abandonner les femmes, les filles et les petites filles afghanes, a martelé la maire de Paris, face au risque qu’elles se retrouvent dans une situation proche de l’esclavage, face à une négation de ce qui fait l’identité humaine », a également déclaré Anne Hidalgo.

Les différents témoins, tout au long de l’après-midi, Afghans ou experts Français, ont  affirmé, exemples à l’appui, « qu’il faudrait être bien naïf pour penser que les Talibans ont changé, en bien, depuis leur dernier exercice du pouvoir, à la fin des années 1990 », comme l’a souligné le philosophe Bernard-Henri Levy. Ce dernier a cité l’assassinat de plusieurs artistes, dont le chanteur foklorique Fawad Andarabi, il y a quelques jours. « Nous avons reçu des témoignages de l’assassinat d’un groupe d’Hazaras, commis récemment, pour leur seule appartenance à cette communauté », a indiqué la présidente d’Amnesty international France Cécile Coudriou.

Bernard-Henri Levy a également souligné « la symbiose » existant entre les Talibans et les grands mouvements terroristes, rappelant qu’un haut-dignitaire d’Al Quaïda, ancien chef de la sécurité d’Oussama Ben Laden, est rentré récemment en Afghanistan sous les vivas des soldats talibans.

Grandeur de l’accueil

« Nous ne pouvons pas abandonner les femmes, les filles et les petites filles afghanes, a martelé la maire de Paris, face au risque qu’elles se retrouvent dans une situation proche de l’esclavage ». © Jgp

Homayoon Azizi, ex-ambassadeur d’Afghanistan en France. © Jgp.

Delphine Rouilleault, directrice général de France terre d’asile. © Jgp

De nombreux élus de grandes villes européennes – Bruxelles, Séville, ou Amsterdam -, présents en téléconférence, ont dit chacun à leur manière la noblesse de l’accueil, dénonçant tous ceux qui résument l’hospitalité envers les réfugiés à une menace pour la sécurité des pays concernés.

Bertrand Lortholary, directeur d’Asie et d’Océanie au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a rappelé les cinq demandes faites par la France aux Talibans : que ceux qui souhaitent quitter le pays soient autorisés à la faire, que les droits de l’homme soient respectés, que l’action humanitaire ne soit pas entravée, que le gouvernement mis en place soit inclusif et représentatif des différentes communautés du pays et qu’il n’entretienne pas de relations avec le terrorisme. Il a indiqué que le pont aérien assuré par la France avait permis d’évacuer 3 000 personnes, dont 400 Français au cours des dernières semaines.

Dans une intervention empreinte d’une forte émotion, Martine Aubry a décrit sa fierté de l’accueil par sa ville de dizaines d’Afghans, dont les enfants ont pu être conduits ce jeudi 2 septembre dans les écoles de la ville pour effectuer leur rentrée. Elle a rappelé, comme d’autres intervenants, que l’accueil des réfugiés était une source de joie qui grandissait ses auteurs, mais aussi une obligation au titre de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Enfin, Bruno Morel et Delphine Rouilleault, respectivement directeur et directrice générale d’Emmaüs France et de France terre d’asile, ont décrit la mobilisation remarquable du tissu associatif francilien pour accueillir les réfugiés afghans depuis le 15 août. Tous deux ont salué le soutien apporté par la ville de Paris, soulignant l’expérience acquise par la Capitale en l’espèce, depuis 2015 notamment. « Nous allons avoir besoin de l’aide des collectivités locales et de celle des Parisiens, sur la durée », ont-il fait valoir.

Cet article Afghanistan : Paris solidaire est apparu en premier sur Le journal du Grand Paris – L’actualité du développement de l’Ile-de-France.


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Author: Jacques Paquier

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