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RSE : La troisième édition du forum de Giverny fait le plein d’idées et de propositions

L’affluence, vendredi 3 septembre 2021 au matin, à l’entrée du musée des impressionnistes à Giverny (Eure) en témoignait : pour sa troisième édition, le forum de Giverny a fait le plein. Cet événement annuel, organisé par le Cercle de Giverny, orchestré par RM conseil, et dédié à la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) a attiré quelque 300 participants, des intervenants de prestige, dont pas moins de 7 ministres : Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer, Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, ont fait le déplacement tandis que Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, étaient présents via un message vidéo.

Romain Mouton, président du Cercle de Giverny.© Jgp.

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer mais aussi président du département de l’Eure, et du musée des impressionniste. © Jgp

Mais le panel des intervenants comprenait de multiples autres noms prestigieux : tels Mairead McGuinness, la commissaire européenne aux services financiers, à la stabilité financière et à l’union des marchés de capitaux, l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac, Laurent Mignon, président de la Commission climat de la Fédération bancaire française, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, Olivier Sichel, directeur général délégué du Groupe Caisse des Dépôts ou deux femmes parmi les plus puissantes de l’immobilier français, en la personne de Méka Brunel et Véronique Bédague-Hamilius, respectivement DG de Gécina et Nexity.

Stéphane Layani, président du MIN de Rungis, Luiz Pereira, directeur général délégué de la Banque des règlements internationaux (BIS), ou encore Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat figuraient également au nombre des participants, aux côtés de multiples autres dirigeants d’entreprises, impliqués tout au long de l’année dans les différents groupes de travail du cercle de Giverny et qui présentaient le 3 septembre leurs conclusions et propositions. Car c’est là tout l’intérêt de cet événement désormais incontournable de la « transfo » des entreprises : mêler représentants des entreprises, de la société civile et du monde associatif, et ne pas se contenter de mots mais présenter une série de propositions élaborées au sein de chaque groupe thématique.

30 propositions pour une RSE systémique

Cette impressionnante liste n’a rien d’un hasard  : « la première pierre de cet édifice (la RSE, ndlr), ce sont les dirigeants d’entreprise. (…) Si la gouvernance de l’organisation est impliquée, alors elle irriguera toutes les parties prenantes », a rappelé, en introduction de la journée, le président du Cercle de Giverny Romain Mouton. La cause nécessite donc de sensibiliser le haut de la pyramide. Nul doute que ce forum ait contribué à le faire !

Ces dirigeants ont, comme l’an dernier, rendu à l’occasion de cette journée leurs travaux pratiques, autrement dit un ensemble de 30 propositions pour une RSE systémique permettant d’accélérer la transformation écologique et sociale de la France. Une initiative dont s’est félicité Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer mais aussi président du musée des impressionnistes et du département de l’Eure. « A un moment où les échéances électorales vont laisser la place au débat, le forum peut être une boite à idées, une source de propositions nouvelles. (…) Il présente des pistes opérationnelles particulièrement concrètes, prêtes à l’emploi, dont on peut s’inspirer ».
Sa collègue du gouvernement Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’engagement, s’est elle-aussi félicitée de ce travail. « Le temps n’est plus aux déclarations, il est à la mise en œuvre. (..) Et je vois dans ces propositions un certain nombre dont je suis heureuse de dire : « oui, on les prend, on est heureux de les prendre ».

La biodiversité, la priorité de l’année

Structurées en six grands thèmes, ces propositions ont été explicitées tout au long de la journée, à l’occasion des tables-rondes qui l’ont émaillée. Le premier d’entre eux a été la biodiversité. Car « certes, il y a une prise de conscience grandissante sur ces sujets, et l’interdépendance entre le climat et la préservation de la biodiversité apparaît de plus en plus clairement », a estimé Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement. « Mais les avancées restent bien en-deçà de celles réalisées sur le climat », a déploré Véronique Andrieux, directrice général du WWF France, ajoutant : « les financements néfastes à la nature sont 10 fois plus importants que ceux qui sont vertueux ».

La table ronde sur la biodiversité était animée par, de gauche à droite, Bris Rocher, président du Groupe Rocher, Véronique Andrieux, CEO du WWF France, Andrée-Anne Lemieux, directrice de la Chaire Sustainability IFM-Kering et Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement. ©Jgp

D’où la nécessité de développer des outils directement utilisables par les entreprises, qui puissent les aider à se fixer des objectifs, et une trajectoire d’action. « On devrait pouvoir calculer l’empreinte biodiversité d’une entreprise comme on calcule son empreinte carbone », a explicité Ambroise Fayolle.
Telle est aussi la préoccupation d’Andrée-Anne Lemieux, directrice de la chaire Sustainability IFM-Kering. Elle essaie d’aider le secteur de la mode à mettre en place des outils de traçabilité de sa chaine de valeur. Une chaîne de valeur extrêmement fragmentée, puisqu’elle compte au minimum 15 intervenants. Mais le travail est indispensable pour mieux cerner l’impact des fabrications sur la biodiversité : « la plupart des matières premières viennent des champs et des forêts », a-t-elle rappelé. Pour Bris Roger, président du groupe Rocher (et des marques de cosmétiques Yves Rocher), se soucier de la biodiversité est un impératif, au même titre que la transition numérique. « Comme managers, on est payé pour cela. Si le chef d’entreprise ne veut pas y aller, il faut le virer ! ».

« La biodiversité, c’est le défi de demain », a conclu, par vidéo interposée, Barbara Pompili. La ministre de la Transition écologique a également rappelé les avancées permises par la loi Climat et Résilience -comme l’affichage environnemental des produits, ou encore l’impératif du ZAN (zéro artificialisation nette), tout en soulignant l’importance d’un passage à l’échelle de toutes les initiatives.

L’indispensable langage de vérité

« Il ne suffit pas dire où on doit aller. Il faut également exactement expliquer comment on va y arriver », a souligné Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat, qui a mis en garde contre une polarisation du débat : « les gens sont anxieux des conséquences du déréglement climatique, mais ils ont aussi peur du changement que la lutte contre ces dérèglements implique. Il ne faut pas dessiner des alternatives polarisantes -le retour à la bougie d’un côté, ou faire croire que le changement se fera sans douleur de l’autre- mais tenir un langage de responsabilité, et faire attention aux plus fragiles ».

Pour Luiz Pereira, directeur général délégué de la Banque des règlements internationaux (BIS), les impératifs environnementaux constituent des facteurs de fragilisation du système financier. « Nous appelons cela le risque « vert ». Ce ne sont pas des événements probabilistes mais des certitudes. Les risques climatiques se matérialisent et sans la mobilisation de l’ensemble des acteurs, ils peuvent produire une cascade d’événements négatifs qui sont dangereux pour le bilan des banques et des acteurs économiques ». D’où l’importance du travail de coordination réalisé par les banques centrales sur le sujet.

La transition au quotidien

« Ma conviction est que la transformation écologique et sociale passe par l’économie de territoire, de proximité, qui génère des emplois utiles, locaux, industriels. Pour avoir des belles licornes, il faut avoir aussi de très jolis poneys, et il faut flécher plus d’investissements vers les territoires ». C’est ainsi que Stéphanie Goujon, directrice générale du French Impact, a introduit la deuxième table ronde consacrée au financement de la transition écologique et sociale.

Pour ce faire, il serait judicieux d’expérimenter des certificats d’économie de ressource naturelle, sur le modèle des certificats d’économie d’énergie (C2E), a proposé Antoine Sire, directeur de l’engagement d’entreprise de BNP Paribas. « Les C2E sont extrêmement efficaces, ce dispositif peut servir à d’autres choses, par exemple pour inciter à une utilisation plus sobre de l’eau », a renchéri Olivier Sichel, directeur général délégué du Groupe Caisse des Dépôts. Attention toutefois, a souligné Alexandre Perra, directeur exécutif du groupe Edf, à ce que ces mécanismes ne provoquent pas d’effet rebond, autrement dit des augmentations de consommations de ressources naturelles, à l’instar de ce qui se produit parfois en matière énergétique.

Autre proposition de ce groupe de travail : pourquoi ne pas mettre en place des garanties à destination des investisseurs qui seraient mises en œuvre à partir du moment où le projet atteindrait un bon niveau d’impact environnemental et social ? Cela suppose, bien évidemment, de définir précisément l’impact attendu.

Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP, a également souligné le rôle des grandes plates-formes telles que les aéroports. « Nous pouvons aider des projets plus petits à se développer ». Typiquement, le projet à long terme de généraliser l’usage de l’hydrogène dans les aéroports nécessite de multiplier dans un premier temps les petits projets à fort impact que l’aéroport peut héberger. « Ainsi, notre projet Olympic Green Airport » nous permet d’embarquer des tas d’acteurs qui ne seraient jamais allés demander des fonds à la commission européenne », a -t-il souligné.

La taxonomie européenne, un outil à populariser

La taxonomie européenne en cours de finalisation, qui doit définir les secteurs à privilégier par les investisseurs en termes de transition écologique et sociale doit constituer la pierre angulaire de ce travail de fléchage des investissements. Mais Mairead McGuinness, commissaire européenne aux services financiers, à la stabilité financière et à l’union des marchés de capitaux, en est consciente : certes, « les investisseurs sauront quoi faire, secteur par secteur, et comment y aller. Nous créerons un monde meilleur si l’on utilise notre taxonomie. Mais nous devons écouter le débat social autour de la transition, comprendre ce que nous devons faire pour ne laisser personne derrière. Les gens ne savent pas ce qu’est le Green Deal européen. Mais tous les enfants savent ce que signifie le recyclage. Nous ne devons donc pas tout trop complexifier ».

Mairead McGuinness, commissaire européenne aux services financiers, à la stabilité financière et à l’union des marchés de capitaux.© Jgp

Laurent Mignon, président de la Commission climat de la Fédération bancaire française a acquiescé : « Nous avons besoin de mettre tous les acteurs du bon côté et la taxonomie nous donne un objectif clair, des définitions communes. Car tout le monde souhaite le green deal, mais les gens l’acceptent-ils dans leur vie quotidienne ? », s’est-il interrogé.

La comptabilité, le meilleur outil du chef d’entreprise

A l’instar de la taxonomie européenne, la comptabilité a aussi un rôle concret à jouer pour aider les entreprises à réussir leur transition. Encore s’agit-il d’inclure dans les bilans et autres comptes de résultats des indicateurs non financiers, capables de traduire la performance extra-financière des sociétés. « Il faut passer à la comptabilité multi-capitaux », a résumé Lionel Canesi, président du Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables. L’égalité hommes-femmes, l’impact carbone, sont deux exemples d’indicateurs désormais indispensables à intégrer.

Pour une mutuelle, ce travail semble naturel, a témoigné Catherine Grandpierre Mangin, présidente de Klesia Mut’. Mais les guides et outils accessibles -et compréhensibles- par tous font encore défaut. Cela n’a pas empêche le travail de commencer chez l’Oréal, a témoigné Alexandra Palt, directrice générale de la RSE du groupe. « Nous avons désormais une directrice en charge de la finance durable, nous travaillons sur des prix carbone, nous avons développé un outil qui mesure l’impact environnemental de nos produits et nous communiquons même cet indicateur aux consommateurs sur certaines de nos gammes », a-t-elle détaillé, précisant : « mais pour avancer, il faut accepter de passer par des phases d’expérimentation, imparfaites et ne pas vouloir atteindre immédiatement la perfection ».

Catherine Grandpierre Mangin, présidente de Klesia Mut’ (en blanc), Lionel Canesi, président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, (au centre) et Alexandra Palt, directrice générale de la RSE du Groupe l’Oréal, participaient à la table-ronde sur la comptabilité multi-canaux, animée par le journaliste Vincent de Féligonde (de dos), du journal La Croix. © Jgp

C’est à Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, qu’est revenu le soin de clôturer la matinée de travail. Elle a notamment insisté sur un point : « l’Etat doit être le pivot et non le décideur. Son rôle est de construire les rails, pas les locomotives. Son rôle est de pousser la transition dans le bon sens et je me félicite de voir que les 30 propositions s’inscrivent exactement dans ce sens ».

En début d’après-midi, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie a plaidé quant à elle pour une réindustrialisation décarbonée, facteur de transition écologique mais aussi de développement des territoires. Elle a également salué les propositions du forum sur la révolution systémique du management des entreprises, favorisant la diversité et l’émergence de profils atypiques.

Anticiper les métiers d’avenir

« Plus que vers une transition, c’est vers une rupture qu’il faut nous diriger », a souligné Audrey Richard, en ouverture de la table ronde du Forum de Giverny intitulée « Comment anticiper les métiers d’avenir pour concilier quête de sens et compétitivité des entreprises ? ». « 85% des métiers de 2030 n’existent pas à ce jour », a-t-elle poursuivi, d’où l’urgence pour les entreprises d’appréhender ces évolutions rapides. Dans ce cadre, le développement de formation à la RSE à chaque étape de la vie scolaire et universitaire constitue une des propositions du groupe de travail. Ainsi, la fresque du climat, dont les vertus ont été fréquemment soulignées par les intervenants de ce 3° forum, doit être étendue à l’école primaire, tandis « qu’un projet pédagogique, en lien avec la transformation, doit être mis en place dans chaque établissement secondaire », estime la présidente de l’association nationale des DRH.

« Plus que vers une transition, c’est vers une rupture qu’il faut nous diriger»,  a souligné Audrey Richard, présidente de l’association nationale des DRH, en ouverture de la table ronde du Forum de Giverny. © Jgp.

Olivier Bogillot, président de Sanofi France. © Jgp

Le groupe de travail propose qu’un module de certification RSE soit instauré au sein de chaque formation diplômante, afin que 100% des étudiants soient sensibilisés à la transition écologique et énergétique, grâce à un enseignement interdisciplinaire aux enjeux de transition. Un classement des formations supérieurs relatif au contenu de leur enseignement au développement durable est également proposé par le groupe.

Une transformation systémique de la fonction managériale, reprise à son compte lors du Forum par Agnès Pannier-Runacher, en commençant par les dirigeants, figurent également parmi ses propositions, de même qu’une formation obligatoire des salariés à ces thématiques, et une adaptation des référentiels de compétences et des systèmes d’évaluation. Audrey Richard a rappelé que des centaines de métiers étaient en tension, alors même que le taux de chômage s’élève à 8%. « Nous ne réaliserons pas la transition nécessaire en laissant des gens au bord du chemin, a estimé Olivier Bogillot, président de Sanofi France, et le mentorat est le meilleur moyen d’éviter une trop grande consanguinité au sein des entreprises ». Pour le président de Sanofi France, « une plus grande fongibilité avec le secteur associatif » est nécessaire pour intégrer cette diversité de profils, notamment issu des quartiers classés au titre de la politique de la ville (QPV).

« Comment décarboner au plus vite les actifs financiers ? »

Interpeler les acteurs du secteur de la finance, banquiers, investisseurs, régulateurs, sur la question climatique et la disparition de la biodiversité. Telle est la fonction première de Reclaim finance, ONG dont la fondatrice et directrice exécutive Lucie Pinson a croisé son regard avec Méka Brunel, directrice générale de la foncière Gecina, lors du 3° forum de Giverny. Thème de leur débat : « Comment décarboner au plus vite les actifs financiers ? ». « Nous menons de nombreuses recherches pour comprendre les responsabilités des acteurs de la finance sur ces questions, analyser leur degré d’exposition a détaillé Lucie Pinson. L’ONG tente également de présenter des solutions, de préconiser des mesures, permettant au secteur financier de prendre toute sa part dans l’alignement des économies vers la neutralité carbone en 2050. « Trop souvent, le secteur financier privilégie une approche consistant à tenter de prévoir comment le risque climatique va les affecter, et non comment ils peuvent contribuer eux-mêmes à le réduire. Cette approche par le risque est vouée à l’échec », a estimé le DG de Reclaim finance.

Méka Brunel, directrice générale de Gécina. © Jgp

« Nos émissions de GES ont été réduites de 50% depuis 2008, et d’un quart au court des quatre dernières années », a fait valoir Méka Brunel, DG de Gecina. La foncière s’est fixé l’objectif d’une neutralité carbone atteinte en 2030. Avec un outil puissant : la taxe carbone interne. Un système comptable qui permet de lier la rémunération variable des chefs de projets à la réduction du bilan carbone de l’entreprise. « Les collaborateurs ont été nombreux à proposer des innovations pour réduire notre empreinte », se félicite Méka Brunel, qui a annoncé que Gécina, fort de son succès, allait multiplier par 10 le budget de cette taxe carbone. Autre challenge relevé avec succès par la foncière, la transformation de la totalité de son encours de dette en green bonds. « Nos clients sont de plus en plus exigeants sur la question climatique, qui entre, pour une part croissante, dans l’équation de la prise de bail », a noté Méka Brunel.

« Comment mobiliser secteurs logistique et alimentaire au service d’une alimentation plus durable ? »

Les participants au groupe de travail dédié aux secteurs logistiques et alimentaires se sont félicités de réfléchir ensemble, pour la première fois, à la transition de leurs filières, grâce au Forum de Giverny. « Notre groupe a souligné le bien-fondé d’une approche de la RSE systémique, je dirais même systémique au carré, a déclaré Anne-Marie Idrac en préambule de son intervention. C’est en effet la première fois que la filière de la production et de la distribution travaillent de manière intégrée avec le logistique sur ces questions », a poursuivi la présidente de France logistique.

Anne-Marie Idrac a appelé de ses vœux une simplification administrative, déplorant par exemple les règles s’appliquant à la reconversion de friches, d’une complexité telle qu’elles compromettent nombre d’opérations selon elle.

Le président-directeur général du Marché d’intérêt national de Rungis a décrit à son tour l’engagement du plus grand marché alimentaire du monde dans le développement durable. La création d’un pavillon bio, bientôt doublé d’un nouveau pavillon, la mise en place d’une station d’avitaillement à l’hydrogène et au GNV, de même que le recyclage de 87,5% des déchets produits dans le marché illustrent cet engagement. « Il nous reste naturellement beaucoup de travail », a poursuivi Stéphane Layani, qui va mettre en œuvre un plan de 80 nouvelles mesures, dont la méthanisation des produits putrescibles. « J’ai décidé de réduire notre empreinte carbone de 30% d’ici à 2030, a-t-il poursuivi. Notre rôle est d’entraîner tout le monde, de faire de la pédagogie à l’intention des 1000 PME que nous accueillons ». Le président du MIN a indiqué par ailleurs que le Covid avait conduit le MIN à doubler le volume de l’aide alimentaire délivrée, celle-ci passant de 600 à 1200 tonnes par an.

« Seule notre imagination limite notre capacité à agir », a estimé Philippe Cassoulat, directeur général de Talan. Ce dernier a décrit les potentiels des récentes innovations technologiques que sont l’intelligence artificielle (IA) et l’internet des objets (IOT), dont la combinaison permet, par exemple, d’optimiser l’arrosage des champs de betterave, ou les apports en engrais, réduisant les quantités d’eau nécessaires. Voies navigables de France (VNF), client de Talan, va également voir ses 6700 km de voies fluviales modernisées sensiblement grâce à ces nouvelles technologies, équipant des péniches désormais connectées. « Mais ces innovations supposent une grande transversalité », a poursuivi Philippe Cassoulat, entre filières notamment.

 « Comment faire des jeunes la priorité post-Covid ? »

Les participants à la table ronde intitulée « Comment faire des jeunes la priorité post-Covid ? » ont décrit la joie que provoque l’accueil des jeunes en entreprises. « Nous avons besoin de leur énergie », ont-ils tous indiqué, appelant à « casser les codes » et désiloter les organisations pour ouvrir les portes des entreprises aux jeunes. Adèle Galey, co-fondatrice de Ticket for Change, comme de nombreux rapporteurs des groupes de travail, s’est félicitée en préambule de la richesse des travaux menés tout au long de l’année, richesse créée par l’hétérogénéité des profils réunis, provenant de divers secteurs, mêlant représentant de la société civile, des associations et des entreprises. « Il faut resserrer les liens entre le monde académique et les entreprises », a également estimé Adèle Galey, pour favoriser une plus grande convergence entre les cursus de formation et les besoins des entreprises. La co-fondatrice de Ticket for Change a souligné à son tour la nécessité d’intégrer la RSE à la fois à l’ensemble des formations intiales mais aussi à la formation continue des salariés.

Les participants à la table ronde intitulée «[insec]Comment faire des jeunes la priorité post-Covid ?» ont décrit la joie que provoque l’accueil des jeunes en entreprises.© Jgp

« Si nous laissons les jeunes sur le bord du chemin, à l’âge où ils sont le plus innovants, alors nous ne serons pas créateurs de valeurs. C’est donc notre intérêt de leur donner la main », a estimé Gilles Vermot Desroches, directeur de la citoyenneté de Schneider Electric. « L’accueil des jeunes procure de la joie aux salariés en poste, a-t-il fait valoir et une société qui n’intègre pas des jeunes dans ses équipes est une société qui s’endort ».

« Lorsque l’on travaille sur la ville, que l’on crée des logements, des bureaux, des quartiers entiers, je n’imagine pas qu’on le fasse sans les regards féminins, sans le regard des jeunes », a déclaré Véronique Bédague-Hamilius. « J’ai besoin de cette énergie », a poursuivi la directrice générale de l’ensemblier urbain Nexity. « Il faut donc ouvrir les portes des entreprises aux jeunes, il y a urgence à favoriser plus de porosité dans l’entreprise », estime-t-elle. Dans cet objectif, Nexity s’est investi massivement dans l’accueil des stagiaires de 3°, notamment par le biais de conventions avec les villes dans lesquelles elle intervient. Des accords ont été signés, par exemple, avec les communes de Saint-Ouen ou d’Aubervilliers. « Lorsque 300 jeunes arpentent la société, c’est n’est plus la même boite », a-t-elle indiqué. Véronique Bédague-Hamilius a décrit les métiers de l’immobilier comme des «métiers de passion », passion que Nexity transmet, notamment en finançant plusieurs Centres de formation des apprentis (CFA).

« Nous employons 10% de jeunes », a noté le directeur général France de Transdev, leader mondial du transport, qui emploie 90.000 personnes dans 17 pays, dont 34.000 en France. Edouard Hénaut a détaillé les dispositifs d’aide à la mobilité mis en place pour aider les jeunes à accéder à la mobilité pour accéder à l’emploi, dans lesquels Transdev s’investit. « Il manque 20.000 conducteurs de bus en France », a-t-il également souligné.

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Author: La Rédaction

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