Publicités

Cycle terre : Quartus investit dans le bas-carbone à Sevran

Les élus, architectes, constructeurs, maitres d’ouvrages se suivent dans la zone d’activités de Sevran (Seine-Saint-Denis), non loin de la future gare du Grand Paris express de Sevran-Beaudottes, lors de visites informelles visant à découvrir cette usine de blocs de terre comprimée (BTC), exemplaire de la fabrique de la ville bas-carbone. De sa conception à sa production, tout y est pensé dans une logique verte. Les travaux de la Fabrique, le bâtiment en structure de 2 200 m2 qui abritera cette activité, s’achèvent fin octobre. Lancé à l’initiative de la ville de Sevran et de 12 partenaires (*) mobilisés depuis quatre ans, le projet Cycle terre développe, simultanément avec le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), trois ATEx (appréciations techniques d’expérimentation) permettant la commercialisation des produits (**).

Le démonstrateur s’étend sur 2 200 m2 et s’élève à 12 m de haut. © Jgp.

Teddy Dusausaye, directeur général de Cycle terre. © Jgp.

Les vertus du recours à la terre crue sont nombreuses, en termes d’hygrométrie par exemple. © Jgp

Ces terres seront d’abord déposées à Vaujours (Seine-Saint-Denis) sur un site d’ECT, un leader francilien du retraitement et de la valorisation des terres du BTP, pour séchage, durant un ou deux mois, avant d’être broyées, à Vaujours toujours, selon une granulométrie variant en fonction de leur destination (bloc, mortier ou enduit). « Le fait de restreindre notre approvisionnement à un seul type de terre permet d’éviter de trop importantes variations colorimétriques », indique Teddy Dusausaye, directeur général de Cycle terre.

Matériaux bio et géosourcés

Le vaste hall de 12 m de hauteur de la Fabrique, conçue par les architectes Joly & Loiret, permettra la livraison de la terre par camions. Du sable utilisé pour les BTC et de la paille, nécessaire pour produire des enduits, de même que du ciment, utilisé marginalement, par exemple pour des soubassements, figurent également parmi les matières premières qui seront réceptionnées ici. Différentes alvéoles de stockage abriteront ces matériaux. Un bassin de récupération des eaux de pluie de 20 000 litres a été créé sous la dalle de l’usine, afin de réintégrer l’eau de la toiture dans le processus de fabrication. « Cela nous permet d’éviter d’utiliser de l’eau potable pour produire des matériaux de construction », souligne Teddy Dusausaye.

Le tunnel de séchage des BTC sera par ailleurs chauffé par la récupération de l’air recueilli sous le toit de l’usine, grâce à un faux-plafond. Le malaxeur, mélangeant la terre et le sable, avec une pulvérisation d’eau, puis une presse à BTC, constitueront la chaîne de fabrication de ces matériaux. Afin d’éviter les troubles que provoquerait la manipulation de ces blocs au poids relativement conséquent et dont la taille est de 9,5, 15 ou 31 cm de long, un bras manipulateur automatisera leur palettisation. Le bâtiment, dont les soubassements sont en béton, bénéficie d’une isolation paille et d’élévations en ossature bois.

Les vertus de la terre crue

Les vertus du recours à la terre crue sont nombreuses, en termes d’hygrométrie par exemple, jouant le rôle de stabilisateur thermique, réduisant ou se substituant au recours à des climatiseurs et offrant au bâtiment un confort et une résistance acoustique élevés. C’est un matériau 100 % naturel, recyclable et d’une grande inertie. Les murs en terre crue agissent sur les températures intérieures en stockant ou déstockant l’énergie captée, ce qui améliore le confort en été comme en hiver. Laissés bruts ou enduits, les BTC offrent une large gamme de traitement. Badigeonnés d’huile de lin, ils retrouvent immédiatement leur apparence initiale. Si le recours au BTC est légèrement plus coûteux que la brique classique (de 150 à 210 euros le m2 selon le niveau de finition, pose fournie), le coût global de construction classique, couverture des briques comprise, est équivalent. « La terre crue est en outre saine à 100 % et sans COV (composés organiques volatiles, considérés comme la première source de pollution des espaces habités) », indiquent les porteurs du projet.

Différentes alvéoles de stockage abriteront les matériaux. © Jgp.

Mur en brique de terre crue. © Jgp.

Le bâtiment fait la part belle aux matériaux biosourcés, tels que la paille pour l’isolation. © Jgp

Les clients de Cycle terre seront les maîtres d’ouvrage, les promoteurs, constructeurs, architectes (y compris d’intérieur), maçons, artisans, etc. Mais cette fabrique s’entend également comme un démonstrateur et un opérateur de formations, avec différents modules, visant notamment à former sur site les maçons qui poseront ces matériaux en terre crue. A terme, Cycle terre devrait employer une douzaine de personnes, provenant pour partie des dispositifs locaux d’insertion et formées en partenariat avec la ville de Sevran, notamment les compagnons qui seront à même de poser ces BTC. Des discussions en vue de la création d’un centre de formation des apprentis spécialisé en BTP sont en cours avec la commune.

« Nous souhaitons que ce lieu soit également un espace de rencontres, d’échanges entre les Sevranais, les artisans, favorisant la création d’une filière “terre crue” en Ile-de-France, poursuit Teddy Dusausaye. L’enjeu est aussi de sécuriser les futures certifications techniques grâce à un process efficient de traçabilité des terres utilisées, poursuit-il. Les certifications permettront de développer les usages des matériaux en terre crue afin de garantir des débouchés à cette nouvelle filière sur des opérations urbaines locales. »

La société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Cycle terre, chargée d’exploiter le site, a été créée le 30 juillet 2020. Elle rassemble huit sociétaires, dont le groupe ECT, spécialisé dans la valorisation de terres de chantiers urbains, et Quartus, ensemblier urbain et promoteur immobilier.

(*) Les partenaires du projet : ville de Sevran, Grand Paris aménagement, Joly & Loiret, Quartus, l’Université Gustave Eiffel, le Ceri-Sciences Po, Amaco, l’Ensag, Craterre, Compétences emploi Sevran, ECT, Antea group, Société du Grand Paris.

(**) L’ATEx (appréciation technique d’expérimentation) est une évaluation sur dossier, ce qui signifie que le demandeur doit constituer un dossier de preuves pour qu’un collège d’experts, dit comité d’ATEx, puisse se prononcer sur les aspects suivants : faisabilité, sécurité, risques de désordre et aptitude à satisfaire une réglementation.

Cet article Cycle terre : Quartus investit dans le bas-carbone à Sevran est apparu en premier sur Le journal du Grand Paris – L’actualité du développement de l’Ile-de-France.


Go to Source
Author: Jacques Paquier

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :