J. Marceau (Aromates) : « Internet fait aujourd’hui figure d’un champ de bataille »

Pourquoi ces Assises de la cohésion numérique et territoriale ?

Jacques Marceau, président d’Aromates Rencontres et Débats, co-fondateur des Assises de la cohésion numérique et territoriale. © DR

C’est parce qu’elle est un enjeu majeur pour l’avenir de la cohésion de notre pays, que la lutte contre la fracture territoriale est devenue une priorité pour l’État. Une lutte pour laquelle le numérique est bien sûr un formidable atout mais aussi, et paradoxalement, porteur d’un risque majeur. Un atout parce que le numérique est un puissant facteur de renouveau social, démographique, économique, industriel et énergétique. Mais un risque car, pour ceux qui n’y ont pas accès, il est un facteur d’exclusion venant s’ajouter, voire amplifier, les effets dévastateurs du chômage, de la pauvreté, du faible niveau d’instruction, d’isolement ou de mauvaises conditions de vie.

C’est dans ce contexte que nous avons décidé, en partenariat avec la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) et le Cigref (*), la création de ces Assises qui réunissent chaque année des parlementaires, élus territoriaux, représentants des grands services de l’État et des territoires, universitaires, scientifiques, acteurs économiques et du monde associatif, avec l’ambition de contribuer à la mise en œuvre de solutions concrètes pour aider notre pays et ses territoires à relever ce nouveau défi.

Cette année, vous avez choisi comme thématique « Numérique : les nouveaux leviers du vivre ensemble ». Parce que cela ne va pas de soi ?

En quelques années, la promesse d’un internet ouvert, espace de liberté et de libre expression, de cohésion et de solidarité, semble s’être effacée avec la prolifération de la haine en ligne, des fakes news ou du complotisme. Alors qu’il portait l’espérance d’un monde plus ouvert, plus démocratique et plus uni, internet fait aujourd’hui figure d’un champ de bataille, lieu de tous les conflits, de toutes les peurs, de tous les vices.

Dans ce paysage le projet d’un numérique éthique et responsable au profit de la cohésion sociale et territoriale est devenu l’un des enjeux majeurs de la révolution numérique et sera de toute évidence l’un des marqueurs du succès de l’action politique dans les prochaines années.

En effet, et alors qu’émerge le risque d’une nouvelle fracture entre « gagnants et perdants » du numérique et d’une accélération de la fragmentation de notre société encouragée par les réseaux sociaux, l’heure est plus que jamais à la mobilisation en faveur d’un internet qui rassemble. Cet internet existe et se développe à grande vitesse, sans faire de bruit, stimulé par les récents élans de solidarité associés à la crise sanitaire. Il est le fait d’initiatives publiques, des grands services de l’État ou des territoires comme le Grand Paris, mais aussi des entreprises et de la société civile, d’ONG et de simples citoyens qui œuvrent au quotidien au profit d’une société numérisée plus juste et plus inclusive. C’est ainsi que l’on voit naître chaque jour et croître des plateformes, applications et autres outils numériques porteurs d’initiatives proposant de nouvelles formes de solidarités. Ce sont ces initiatives que nous voulons promouvoir.

Vous allez également débattre du sujet de l’accessibilité numérique pour les handicapés ?

Vivre ensemble, c’est vivre tous ensemble. En matière d’autonomie, d’accessibilité ou d’amélioration de leurs capacités, le progrès technologique offre aux personnes handicapées bien davantage qu’un surcroît de confort ou de simplification des actes du quotidien mais contribue, souvent et littéralement, à changer leur vie. Mais là encore plus qu’ailleurs, notre cohésion sociale dépend de notre capacité à ne pas laisser se creuser encore davantage le fossé entre ce qu’il est convenu d’appeler les « gagnants » et les « perdants » du numérique.

C’est ainsi que doit s’envisager aujourd’hui la question de l’inclusion de personnes handicapées. Et pas seulement pour leur faciliter l’accès à des services sur internet ou l’utilisation d’un smartphone, mais pour trouver leur place dans le monde du travail et plus généralement dans une société chaque jour un peu plus numérisée, c’est-à-dire plus dirigée par le chiffre et la performance.

4èmes Assises de la Cohésion Numérique et Territoriale, Maison de la Chimie, Renseignements : 01.46.99.10.80 / tpouilley@aromates.fr – http://cohesionnumerique@aromates.fr

*: Le Cigref, association loi de 1901 créée en 1970, est un réseau de grandes entreprises et administrations publiques françaises qui se donnent pour mission de réussir le numérique.

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Author: Jacques Paquier

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