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Xavier Lépine (PCE) : « Nous jouons un rôle d’aiguillon pour le rayonnement de la région Capitale »

Quelle est votre histoire avec PCE, que vous présidez désormais ?

J’ai rejoint PCE il y a une dizaine d’années. A l’époque, nous nous efforcions essentiellement de faire rayonner le Grand Paris en montrant comment, grâce au nouveau métro, Paris était en train de changer de périmètre et quel allait être l’impact de ce chantier du siècle. Nous expliquions alors aux investisseurs étrangers comment la surface de Paris allait doubler en considérant les nouveaux quartiers dans un rayon de 10 min de marche à pied autour des 68 gares du Grand Paris express.

Xavier Lépine. © Jgp

Pourquoi insistez-vous sur les symboles plus que sur les chiffres ?

Au-delà des grands nombres – 23 % de la population française, 30 % du PIB, etc. –, il y a cette idée qui consiste à rappeler que Paris n’est pas qu’une ville d’histoire, un superbe musée. C’est aussi, et surtout, une des rares villes-monde qui concentre pouvoirs économique, politique et culturel. Cinq métropoles seulement présentent cette caractéristique à travers le monde. Paris peut être parmi celles-là pourvu qu’elle fonctionne à la bonne échelle. Encore fallait-il démontrer, au début de la précédente décennie, que le Grand Paris passait de l’état de projet à une réalité. Parmi les grandes métropoles mondiales, Paris se distingue par le fait qu’à la différence de New-York ou Londres, nous ne sommes pas « mono-activité », centrés par exemple exclusivement sur la finance, mais regroupons les sièges des plus grandes entreprises mondiales dans tous les secteurs, mais aussi un dynamisme industriel, artistique, juridique, académique, sportif, environnemental, etc. Cette dimension holistique des fonctions du Grand Paris est un facteur d’attractivité exceptionnel.

Quels résultats ont généré les différents road-shows auxquels vous avez pris part avec PCE à travers le monde ?

Les délégations conduites par PCE ont eu un rôle-clef dans de nombreux projets d’investissements… même si les succès sont toujours collectifs ! Pour la partie que je connais le mieux, celle de l’immobilier, les missions de PCE ont notamment permis d’attirer des investisseurs coréens, devenus les plus gros investisseurs dans ce secteur en 2017, ou encore les investisseurs canadiens dans les appels à projets urbains innovants (APUI) organisés par la Métropole. En étendant cette attractivité à la culture, c’est à ce moment-là que, avec la Société du Grand Paris (SGP) et Rémi Babinet [président de l’agence BETC, ndlr], nous avons créé ensemble le Fonds de dotation culturel du Grand Paris express. Parce qu’il n’y a pas de développement économique sans développement artistique et culturel.

Jouer la diversité des arguments d’attractivité c’est un parti pris de PCE ?

Oui, absolument. Depuis plusieurs années, sous l’impulsion de Christian Nibourel et avec Alexandre Missoffe, Paris-Ile de France Capitale économique a cherché à déplacer le regard pour trouver des arguments d’attractivité qui parlent de la singularité du Grand Paris.

Une bonne illustration de cette approche est la relation au sport. Il y a déjà des capitales mondiales de la tech, de la finance, de l’environnement… mais l’image, le « branding » de Capitale mondiale du sport reste à prendre. Dans les grandes villes plus encore qu’ailleurs le sport, plus que jamais, est un vecteur d’inclusion sociale, de santé et de bien-être personnel, de convivialité et de lien social, d’innovation et de développement économique, etc. Or les études que nous avons pilotées montrent que le Grand Paris est très bien positionné sur le sujet, que ce soit par le nombre de pratiquants, de grands évènements, d’équipements, d’accessibilité des infrastructures, ou de nouvelles pratiques comme le e-sport. Nous allons maintenant communiquer fortement sur ces résultats à l’étranger pour diffuser cet argument d’attractivité et de rayonnement du Grand Paris.

Sur quels autres domaines travaillez-vous ?

Nous développons cette même logique sur un certain nombre d’autres thèmes qui ont chacun une pertinence par eux-mêmes et qui, ensemble, forment un récit très puissant. C’est le cas, par exemple, des organisations internationales. Là aussi, nous avons procédé par étapes. D’abord, faire l’état des lieux et la cartographie de ces structures, ensuite un benchmark des meilleurs pratiques des territoires qui cherchent à les attirer, en particulier la Suisse et Singapour, et enfin une étude qualitative auprès des principaux concernés pour comprendre leurs besoins, leurs attentes, et les déclencheurs de choix de localisation. Sur cette base, nous travaillons avec tous nos partenaires pour améliorer durablement l’image du Grand Paris auprès de ces acteurs et leur offrir la convivialité et l’hospitalité qu’ils attendent.

Nous travaillons aussi sur d’autres sujets comme l’importance de l’artisanat dans le renouveau industriel de l’Ile-de-France, l’attractivité de la place juridique de Paris la construction modulaire hors-site ou encore l’enjeu essentiel de la création culturelle.

Pourquoi selon vous la culture est-elle indissociable du développement et du rayonnement économique ?

La création culturelle est à la fois la raison et l’effet de la créativité dans tous les domaines. Les territoires et les époques dans lesquelles la création culturelle était particulièrement dynamique sont aussi ceux ou le dynamisme industriel, scientifique, intellectuel, sociétal étaient les plus forts. Les industries créatives et culturelles sont aussi un secteur économique essentiel en Ile-de-France. De notre point de vue d’attractivité économique, il ne s’agit donc pas tant de valoriser l’immense patrimoine culturelle du Grand Paris, déjà bien connu, que de donner à voir la création culturelle aujourd’hui, et dans tout le Grand Paris.

Pour illustrer cette démarche nous avons lancé un programme d’artistes en résidence dans des entreprises emblématiques du Grand Paris. Ce projet adresse aussi la question du rôle que tient le « lieu de travail » dans le processus de création, enjeu particulièrement stratégique dans le débat télétravail/présentiel que nous connaissons.

Le Grand Paris a-t-il suffisamment su créer son storytelling ?

Cela dépend des domaines. Sur le nouveau métro, oui incontestablement. Mais sur un sujet aussi essentiel que l’environnement il manque encore d’un récit unique. La ville de Paris, la métropole du Grand Paris, comme la région Ile-de-France ont pris des mesures fortes et importantes, on pense en particulier à la ZFE (zone à faibles émissions), mais il manque encore un récit global et collectif autour de cette problématique. Je souhaite que Paris-Ile de France Capitale économique s’engage fortement dans les prochaines années pour contribuer à cela.


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Author: Jacques Paquier

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