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Sylvain Raifaud – Vert vif

Il y a des apparences trompeuses. Sous ses airs de nounours souriant et presque désinvolte, Sylvain Raifaud masque un tempérament passionné, alerte, intarissable sur son itinéraire et combatif sur ses convictions. Il cite Daniel Breuiller, l’ancien maire d’Arcueil, qui vient d’accéder au Sénat, ou Yves Contassot, ancien élu de Paris, comme ses principaux inspirateurs. Deux métropolitains convaincus.

Comme lui, qui, du haut de ses 48 ans, apparaît aujourd’hui comme un des derniers à se battre encore pour affirmer la nécessité d’une gouvernance à l’échelle de la zone dense, quand beaucoup semble avoir fini par accepter l’idée d’une métropole régionale. « Fusionner la Métropole et la Région est un contresens absolu, estime-t-il, un léger sourire aux lèvres, puisque cela reviendrait à affirmer encore davantage que toute l’Ile-de-France doit s’articuler autour de Paris ».

Sylvain Raifaud. © Jgp

Cet ancien directeur des télécoms au Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication (Sipperec), qu’il rejoignit après un début de carrière comme consultant, connaît bien « la façon avec laquelle Paris se comporte avec les communes de banlieue » et rêve d’une métropole réellement polycentrique, tentant de réconcilier ses camarades d’EELV avec la métropolisation. « Ce n’est pas parce que nous estimons qu’il faut contrecarrer l’aspiration de l’économie et des habitants vers le centre, en bâtissant une région capitale multipolaire, qu’il faut renoncer à une gouvernance métropolitaine », considère celui qui est désormais à la tête d’Alrig conseil (Alrig comme « A la recherche de l’intérêt général », précise-t-il), sa propre société de conseil en télécom, à l’intention des collectivités locales.

Ancien scout unioniste

Son combat actuel porte sur la fiscalité. Ce diplômé de Supelec, ingénieur territorial, fort en math, ne comprend pas pourquoi les Territoires de la métropole du Grand Paris sont les derniers de France qui n’ont pas unifié leurs taux de cotisation foncière des entreprises (CFE). Une absence d’harmonisation provoquant, déplore-t-il, un dumping fiscal qui accentue les déséquilibres socio-économiques. Avec un taux de 16,5 %, la CFE rapporte 800 euros par habitant à Paris, tandis qu’avec un taux de 39 %, son produit s’élève à 400 euros par habitant à Est Ensemble, étaye-t-il. Il compte bien, à la rentrée, avec quelques autres, mener le combat pour corriger cette iniquité.

« Je me sentais redevable envers la société », confie ce grand lecteur, fils d’un fonctionnaire, sous-préfet de Grasse à la fin de sa carrière, et d’une mère professeur, qui a fait ses études au lycée Hoche à Versailles, pour expliquer pourquoi il choisit d’effectuer son service ville au sein d’Espace Torcy, un centre social du 18e arrondissement de Paris. Un centre que cet ancien scout unioniste jusqu’à 25 ans, titulaire du Bafa, a raccordé lui-même au réseau Internet. Ce père de deux enfants, qui vit avec la directrice d’une agence de communication parisienne, a commencé sa carrière au Parti socialiste, qu’il a quitté après l’échec de la motion qu’il soutînt en 2008, pour rallier le PS à l’écologie, derrière Franck Pupunat, fondateur du mouvement Utopia, qui recueillit 1,5 % des voix au congrès de Reims.

Conseiller municipal depuis 2014 dans le 10e arrondissement de Paris, il est conseiller de Paris et métropolitain depuis 2020. Et président d’Autolib’ et Vélib’ métropole. Ce qui n’a rien d’une sinécure. « J’avais deux rapports relativement sévères de la chambre régionale des comptes sur mon bureau lorsque je suis arrivé », raconte-t-il. Depuis, il a acquis 3 000 vélos électriques supplémentaires et s’emploie à accroître la qualité du service. « Les gens peuvent comprendre qu’une station soit dépourvue de vélos. Mais ce qu’ils n’admettent pas, c’est que l’application leur indique la disponibilité d’un vélo quand il n’y en a pas ». Son engagement en politique s’est cristallisé lors du Forum social européen de Saint-Denis, suivi du Forum social mondial de Bombay. « J’en suis revenu avec la conviction qu’un autre monde est possible », dit-il. C’était en 2004 mais il y croit toujours et compte bien continuer à se battre pour le démontrer.


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Author: Jacques Paquier

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