Ile-de-France

Vœux 2023 : l’énergie retrouvée d’Anne Hidalgo 

En pleine forme. C’était le premier long discours d’Anne Hidalgo, après une séquence caractérisée par une certaine discrétion, résultat d’une imprévisible bérézina lors de l’élection présidentielle. Mardi 10 janvier, dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville, les nombreux élus présents, de même que les préfets de police et de Région, ont écouté une maire se montrant tour à tour fière de son volontarisme climatique, engagée pour combattre les inégalités sociales et solidaire des peuples en souffrance.

Anne Hidalgo. © Jgp

« En 2023, nous assumerons plus que jamais notre identité politique : moins de voiture pour un air plus pur », a déclaré l’élue. © Jgp

Mais c’est largement la liste des 12 travaux de la mairie pour poursuivre la transformation de la Capitale qui a constitué le plat de résistance de ces vœux aux élus (voir ci-dessous). La maire de Paris n’a pas manqué de tacler l’Élysée au passage, affirmant par exemple « qu’il était impossible de découvrir aujourd’hui l’étendue des conséquences du changement climatique » et soulignant « que Paris suivait depuis toujours les enseignements du Giec ».

Anne Hidalgo a rendu hommage à la métropole du Grand Paris, singulièrement à son président Patrick Ollier, présent lors de ces vœux, « qui a su donner du sens à quelque chose qui n’allait pas de soi ».

« En 2023, nous assumerons plus que jamais notre identité politique : moins de voiture pour un air plus pur », a déclaré l’élue, déclenchant une salve d’applaudissements nourrie. La maire a rappelé que 2023 serait marquée par l’adoption de deux documents majeurs – le PLU bioclimatique et le nouveau plan climat 2024-2030 – « pour planifier et repenser chaque nouveau projet urbain en l’adaptant au changement climatique ». Ainsi, a-t-elle annoncé que 2023 connaîtra une étape décisive dans la zone à trafic limité (ZTL) « pour apaiser le centre de Paris ».

Pour que Paris demeure « la plus belle ville du monde », Anne Hidalgo a cité les chantiers en cours ou à venir de « l’embellissement des Champs-Élysées, de la place de l’Etoile à la place de la Concorde ». Elle a cité Notre-Dame et ses abords dont le chantier débutera à la fin des Jeux de Paris 2024. « La Porte de la Chapelle poursuivra également sa transformation pour révolutionner la qualité de vie des riverains. Demain, elle sera une entrée majestueuse dans Paris avec des arbres, des allées plantées et des trottoirs élargis », a indiqué la première magistrate parisienne. « Et nous continuerons à nous battre pour que le grand parc piéton et végétalisé du Trocadéro et du pont d’Iéna voie le jour », a-t-elle fait valoir.

Arrêt de la privatisation des lignes de bus

Anne Hidalgo a réaffirmé sa demande d’un arrêt de la privatisation du réseau de lignes de bus de la RATP, jugée « incompatible avec les Jeux de Paris ». Elle a exprimé également sa volonté d’obtenir que l’Éducation nationale ne réduise pas le nombre d’enseignants de Paris à proportion de la décrue du nombre d’élèves. « Moins d’élèves par classe, c’est plus de temps et d’attention pour chaque élève. C’est l’occasion de sortir de la crise et non de l’amplifier », a-t-elle argué. De même, face à la dégradation de l’hôpital, l’édile va proposer, « en sa double qualité de maire de Paris et de présidente du conseil de surveillance des hôpitaux parisiens, la création d’une mission associant l’inspection générale de la ville, les élus, les habitants, les professionnels et les représentants du conseil de surveillance de l’AP-HP pour répondre aux inquiétudes des Parisiens ».

« Tout est politique », a par ailleurs résumé la maire de Paris pour justifier une hausse inédite de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Une façon de rejeter sur l’État la responsabilité au moins partielle de cette hausse d’impôt, le gouvernement ayant rejeté toutes les propositions de Paris pour générer de nouvelles recettes sans accroître la pression fiscale. Enfin, évoquant la crise de l’hébergement et « la situation des enfants scolarisés et des femmes enceintes qui dorment dehors », la maire a évoqué la tenue, mercredi 11 janvier, « d’une grande réunion de la solidarité organisée à l’hôtel de ville, lors de laquelle seront réunis les professionnels et les maires d’arrondissements pour trouver et proposer des solutions ».

Paris et la culture

« Nous avons plus que jamais besoin de culture », a également estimé la maire de Paris. L’ouverture de nouveaux lieux en 2023, comme la médiathèque James Baldwin dans le 19e, la Ferme Montsouris dans le 14e mais aussi la Maison Gainsbourg rue de Verneuil dans le 7e arrondissement, à l’initiative de sa famille, a été annoncée. « Les travaux pour l’école et le musée Giacometti se poursuivront aux Invalides. Je salue également l’arrivée au Théâtre du Rond-Point de Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, ce duo que je sais particulièrement audacieux et qui va nous émerveiller », a poursuivi la maire de Paris.

« Nous avons plus que jamais besoin de culture », a également estimé la maire de Paris. © Jgp

L’élue a annoncé des expositions consacrées à Nicolas de Staël au Musée d’art moderne ou à Sarah Bernhardt au Petit Palais. « Et comment ne pas se réjouir de la réouverture de deux lieux si chers au cœur des Parisiennes et des Parisiens : le musée Bourdelle et le Théâtre de la ville, rebaptisé Sarah Bernhardt 100 ans après sa disparition ? », a-t-elle demandé. La maire de Paris a cité également « les trésors qui retrouveront leur splendeur après leur restauration, comme la Fontaine des innocents dans le quartier des Halles et la fontaine Stravinsky dans le quartier Beaubourg ». Elle a listé aussi les églises aux façades, toitures ou portiques restaurés : l’église de la Madeleine dans le 8e, Notre-Dame de la Gare dans le 13e, Saint-Louis en l’île, Saint-Eustache et l’église luthérienne des Billettes à Paris Centre ou encore Saint-Jean-de-Montmartre dans le 18e.


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Author: Jacques Paquier