Vœux 78/92 : Plaidoyers croisés pour une décentralisation approfondie

Chacun avec leur style et leurs mots, mais avec une émotion partagée et palpable, en présence de son épouse Sophie Devedjian, les présidents des Hauts-de-Seine et des Yvelines ont entamé leur vœux, mardi 10 janvier, par un vibrant hommage à la mémoire de Patrick Devedjian.

Georges Siffredi © Jgp

Pierre Bédier. © Jgp

« A cet instant, comme beaucoup parmi vous, j’ai évidemment une pensée émue pour mon ami et prédécesseur, Patrick Devedjian, lui qui se tenait devant nous il y a trois ans, lors de cette même cérémonie commune à La Seine Musicale. Visionnaire, audacieux, volontiers disruptif, Patrick a métamorphosé les Hauts-de-Seine qu’il aimait passionnément, et les grands projets qu’il portait au début de l’année 2020 témoignaient de sa volonté de poursuivre le travail au long cours qu’il avait entrepris treize ans plus tôt, en accédant à la présidence du Département », a déclaré Georges Siffredi. « Si je me réjouis de vous retrouver, je ne peux m’empêcher de commencer ce propos par une pensée pour mon ami, pour notre ami, Patrick Devedjian, emporté par la première vague de la pandémie et dont beaucoup ici, Georges Siffredi et moi les premiers, ressentons encore douloureusement l’absence », a déclaré pour sa part le président du conseil départemental des Yvelines Pierre Bédier.

« L’impérieuse nécessité d’agir »

En présence du président du Sénat Gérard Larcher, des préfets des Hauts-de-Seine et des Yvelines ainsi que de nombreuses personnalités politiques, dont le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) le maire de Sceaux Philippe Laurent, les deux élus se sont ensuite livré à un réquisitoire contre l’Etat centralisateur que Patrick Devedjian n’aurait pas renié. Le président des Hauts-de-Seine a rappelé le rôle central joué par les conseils départementaux durant la pandémie, en faveur des plus démunis ou pour soutenir les commerçants. « Après la sidération, est venu aussitôt le temps de l’action, l’impérieuse nécessité d’agir sans jamais céder à la résignation. Acteur majeur des solidarités, notre collectivité départementale avait assurément un rôle primordial à tenir pour aider nos concitoyens à traverser cette période éprouvante, a souligné l’ancien maire (LR) de Chatenay-Malabry. Car nous sommes, avec les communes, cette porte de la République que nos concitoyens poussent en premier, ces élus à la portée de tous, réactifs car ancrés dans le territoire ». L’élu a poursuivi en rappelant que les Hauts-de-Seine « n’avaient pas attendu l’impasse énergétique actuelle pour mener une politique environnementale ambitieuse ».

Affluence des grands jours aux Haras de Jardy, à Vaucresson (Hauts-de-Seine), pour les voeux conjoints des Hauts-de-Seine et des Yvelines. © Jgp

Gérard Larcher, avec Laurent Hottiaux et Jean-Jacques Brot, respectivement préfet des Hauts-de-Seine et des Yvelines. © Jgp

Gérard Larcher avec le sénateur (LR) des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi. © Jgp

Georges Siffredi a rappelé que dès 2012, le Département avait investi dans la rénovation et la performance énergétique de son patrimoine bâti, notamment des collèges et, en partenariat avec les Yvelines, élaboré « un référentiel de qualité environnementale de [nos] bâtiments particulièrement exigeant, formalisant [notre] engagement résolu en faveur de l’éco-construction ».

« Et pourtant, depuis dix ans, nous observons une même volonté de vider ces collectivités locales de leurs compétences et de leurs capacités à agir. Certes, nul ne parle plus aujourd’hui de la disparition des départements. Mais comment accepter cette recentralisation rampante qui vise à les réduire à de simples exécutants de décisions venues d’en haut, sans concertation, comme s’ils n’étaient plus qu’un opérateur de l’État central ? », s’est interrogé Georges Siffredi.

« Dans le domaine qui nous concerne le plus, celui de la décentralisation, rien ne se passe, rien ne se fait et, je dirai même, plus gravement, rien ne se pense », a enchéri Pierre Bédier. L’ancien secrétaire d’Etat a regretté que la loi 3DS, dernier texte de décentralisation, n’ait été « que la collection des fonds de tiroirs de notre bureaucratie étatique ; une loi sans inspiration, sans dessein et sans portée ». « La réforme du Grand-Paris n’aura jamais de sens si elle ne se fonde pas sur une analyse de ces déséquilibres économiques et sociaux et des moyens les plus efficaces d’y répondre », a estimé le président du conseil départemental des Yvelines.

« La ligne 18 sera notre grand sujet »

« Nous portons ensemble des projets majeurs, a par ailleurs fait valoir Pierre Bédier. Après Eole, dont nous devrions enfin voir l’achèvement en 2026, ce sera le bouclage du Grand-Paris-Express, avec le prolongement de la ligne 18 de Versailles à Nanterre, qui finira d’unir nos territoires mais profitera à l’ensemble des Franciliens et évitera de répéter, dans le domaine ferroviaire, l’erreur, hélas sans doute irrattrapable, commise dans le passé dans le domaine routier, avec l’absence de bouclage de la Francilienne ».

« Nos deux Assemblées sauront le moment venu, porter un effort au moins aussi conséquent que celui mis en œuvre pour le prolongement du RER E, a poursuivi l’élu. Avec l’engagement sans barguigner de la Société du Grand-Paris et de son Président Exécutif, Jean-François Monteils, que je salue, la ligne 18 sera notre grand sujet, notre plus grand sujet ».


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Author: Jacques Paquier

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