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Des empreintes exceptionnelles de « miniraptors » découvertes

Les plus petites empreintes de dinosaures connues à ce jour ont été découvertes en Corée du Sud. Elles appartiennent à un cousin des fameux raptors de Jurassic Park, à la différence que leur taille est équivalente à celle d’un moineau.

Un article récemment publié dans Scientific Reports par une équipe internationale de paléontologues, principalement sud-coréens, vient rappeler, pour ceux qui l’auraient oublié, que les dinosaures ne sont pas tous, et de loin, de grande taille. En fait, nous ne gardons en mémoire que les éléments les plus spectaculaires, de la même façon qu’un extra-terrestre, par analogie, serait enclin à croire que tous les mammifères s’apparentent aux éléphants, aux baleines bleues ou aux Baluchiteriums si nous ne lui parlions que d’eux

Les chercheurs mènent actuellement des fouilles dans la formation géologique Jinju, en Corée du Sud. Ces roches datant du Crétacé sont célèbres pour avoir livré des fossiles de dinosaures aviens et non-aviens, de ptérosaures et de mammifères. Ils annoncent y avoir trouvé une piste avec des empreintes de pas, vieille d’environ 110 millions d’années. Depuis longtemps, des traces de pas pouvant être attribuées à des dinosaures sont répertoriées mais celles-ci sont quelque peu singulières.

Laissée par un petit dinosaure non identifié, mais sans aucun doute cousin des fameux raptors, une piste nommée Dromaeosauriformipes rarus a été découverte en Corée du Sud. Ce sont les plus petites empreintes de dinosaures connues actuellement. Traduction et sous-titrages en cliquant sur la roue dentée, en bas à droite de la vidéo. © Anthony Romilio

Les plus petites empreintes de raptors connues au monde

En effet, les empreintes font environ 1 centimètre d’envergure mais surtout, elles sont didactyles. Cette particularité indique qu’il s’agirait d’un dromaeosauridae, une famille de dinosaures théropodes éteinte ressemblant à des oiseaux, ou, pour simplifier, un raptor. Jurassic Park a rendu célèbre la griffe en faucille, relevée sur un orteil, et qui justement n’apparait pas sur les pistes que ces animaux pouvaient laisser.

Les lois de la biomécanique et de l’anatomie nous permettent de relier les caractéristiques d’une piste d’empreintes à la taille supposée de l’animal qui les a laissées. Sachant que les empreintes du droméosauridé font un centimètre de long, il est à supposer que le bipède avait une hauteur de 4,5 centimètres aux hanches, et que sa taille devait être celle d’un moineau.

C’est donc là, la plus petite piste d’empreintes de dinosaures connues actuellement au monde. Néanmoins, il n’est pas possible de dire, pour le moment, si ce sont des traces laissées par un dinosaure adulte ou bien celles d’un tout jeune dinosaure n’ayant pas encore atteint sa taille maximale.

Quoi qu’il en soit, il s’agirait d’une espèce proche de celle des microraptors découverte en Chine il y a plusieurs années. De fait, la piste a été découverte sur des sédiments associés à un environnement lacustre, ce qui est cohérent avec ce que l’on sait des microraptors qui se nourrissaient de poissons.

Ce qu’il faut retenir

  • De nombreuses pistes avec des empreintes de dinosaures sont connues.
  • Ces pistes donnent de précieux renseignements sur ces animaux disparus : leur façon de se déplacer, leur lieu de vie, ou bien encore s’ils vivaient en groupe ou isolément.
  •  

Pour en savoir plus

Des milliers d’empreintes de dinosaures découvertes dans le « Jurassic Park » australien

Article de Jean-Luc Goudet publié le 28/03/2017

Sur la côte nord de l’Australie occidentale, un site, connu des aborigènes, recèle des milliers d’empreintes de pas de nombreuses espèces de dinosaures. Datée du Crétacé inférieur, cette collection exceptionnelle commence à parler.

Sur la péninsule de Dampier, à l’ouest de l’Australie, des chercheurs de l’université du Queensland ont exploré 25 km d’un site connu depuis longtemps. Les aborigènes de la région, les Goolarabooloo, savent en effet, depuis des temps immémoriaux, que dans cette région déserte se trouvent des empreintes de pas d’animaux géants. Ce sont eux qui ont alerté le paléontologue Steve Salisbury quand, en 2008, le site allait être foré pour exploiter un gisement de gaz naturel.

Après avoir constaté l’intérêt scientifique de ces empreintes, qui sont celles de multiples dinosaures, les paléontologues ont interpellé les autorités et ont fini par avoir gain de cause. Le projet d’exploration a été abandonné en 2013. L’université raconte l’histoire dans un communiqué et publie quelques images de cette collection exceptionnelle.

21 « types » de dinosaures

Des milliers de traces sont inscrites dans des roches datées de 127 à 140 millions, ce qui situe cette faune au début du Crétacé. L’équipe explique que la plupart des fossiles connus de dinosaures australiens ont été trouvés à l’est de l’île-continent et sont plus récents, de -115 à -90 millions d’années.

D’après les paléontologues, 21 « types » de dinosaures ont été repérés parmi les 150 empreintes qui ont pu être identifiées, les plus grandes atteignant 1,70 m. Les chercheurs y distinguent des animaux de plusieurs groupes différents : prédateurs, sauropodes herbivores à longs cous, herbivores bipèdes et dinosaures à armures, dont un stégosaure, premier du genre à avoir été identifié en Australie.

Inédit : des empreintes de dinosaures au Yémen

Article de Laurent Sacco publié le 25 mai 2008

Une équipe internationale de paléontologues a découvert la première piste d’empreintes de dinosaures dans la péninsule arabique. Situé au Yémen, la piste indique la présence d’ornithopodes et de sauropodes dans cette région au Jurassique supérieur.

La péninsule arabique est une région très peu explorée par les paléontologues s’occupant des dinosaures. C’est à peine si l’on connaît quelques fossiles. Le contraste est frappant avec un pays comme le Maroc, à bien des égards un eldorado pour les paléontologues de presque toutes les spécialités car l’on y retrouve aussi bien des trilobites, des mosasaures que des spinosaures ou des phosphathériums.

On imagine donc l’émotion de Mohammed Al-Wosabi, de l’université Sana’a, au Yémen, lorsqu’il a découvert (avec ses collègues Anne Schulp, du muséum d’histoire naturelle de Maastricht, et Nancy Stevens, de l’université de l’Ohio) la piste fossilisée d’une horde de dinosaures sauropodes.

Tout avait commencé en 2003 par le message d’un journaliste indiquant la présence d’empreintes à 47 kilomètres au nord de la capitale du Yémen, Sana’a. Sur place, les paléontologues ne tardèrent pas à identifier un des auteurs de ces traces de pas, un ornithopode, dinosaure herbivore faisant partie des ornithischiens, dans le cas présent bipède.

Une horde de sauropodes et un gros ornithopode

Revenue sur place en 2006, l’équipe continua les recherches sur le terrain et découvrit d’autres empreintes appartenant visiblement à une véritable horde de sauropodes, d’autres dinosaures herbivores mais quadrupèdes. Ce n’est pas moins de 11 individus de différentes tailles qui furent ainsi identifiés. Un tel comportement social n’est pas nouveau et l’on connaissait depuis longtemps déjà des traces de pas similaires aux États-Unis montrant que les dinosaures pouvaient se déplacer en groupes, les adultes protégeant les plus jeunes.

La couche de roche ayant enregistré ces déplacements date probablement d’il y a 150 millions d’années environ, c’est-à-dire le Jurassique supérieur. À cette époque et en ce lieu, on aurait pu croiser ces dinosaures sur une côte boueuse, marchant à la même vitesse, 3 km/h. Ce qui surprend un peu les paléontologues, c’est la présence presque simultanée d’un aussi gros ornithopode sur les mêmes lieux. Cette coexistence est, selon eux, étonnante au Jurassique.

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