Un monde océan à portée de James-Webb

C’est une découverte qui tombe à pic ! Une équipe internationale de chercheurs emmenée par le Québécois Charles Cadieux, doctorant à l’université de Montréal, et son directeur de recherche, l’astrophysicien René Doyon, pense avoir mis la main sur un monde océan en orbite autour d’une naine rouge dans un système stellaire binaire relativement proche du Soleil.

Découverte dans la constellation du Dragon, il y a deux ans, grâce au télescope spatial Tess (Transit Exoplanet Survey Satellite) de la Nasa, cette exoplanète baptisée TOI-1452b ne serait en effet qu’à une centaine d’années-lumière de nous. De quoi faire de ce corps rocheux possiblement recouvert d’une épaisse couche d’eau liquide, si précieuse à la vie, une cible de choix pour le nouveau télescope spatial James-Webb.

Une super-Terre bien légère

En effet, si les auteurs de la nouvelle étude publiée dans The Astronomical Journal en septembre se sont convaincus qu’elle constituait un vaste et profond océan, ce n’est pas du tout par une observation directe mais par déductions et grâce à des modèles. D’abord, en analysant les données de Tess qui a observé cette planète alors qu’elle transitait devant son étoile, ils ont pu prendre connaissance de sa taille : 70 % plus grande que notre planète. Le genre super-Terre ! Ils ont alors entrepris de mesurer l’autre paramètre déterminant grâce auquel les scientifiques parviennent à se faire une idée de ce à quoi ressemblent les exoplanètes : leur masse.

Pour ce faire, ils ont utilisé un instrument de nouvelle génération appelé Spirou, pour spectropolarimètre infrarouge, développé avec des chercheurs français de l’université de Grenoble et monté sur le télescope CanadaFrance-Hawaii. Un tandem qui leur a permis d’employer l’autre grande technique de détection des exoplanètes. La méthode des vitesses radiales qui part du principe qu’une planète tournant autour de son étoile l’entraîne dans un déplacement circulaire et déclenche ainsi de petites variations régulières de sa vitesse radiale (sa vitesse dans une direction parallèle à l’axe Terre-étoile). Une influence qui dépend directement de sa masse et permet donc de remonter à elle.

Monde océan de notre voisinage

Résultat : TOI-1452b est presque cinq fois plus massive que la Terre. Ce qui, rapporté à sa taille, lui confère une densité beaucoup plus faible que ce à quoi on pourrait s’attendre pour un corps composé essentiellement de métal et de roche, comme la Terre. Notre belle planète bleue qui, bien que couverte à plus de 70 % par des océans, n’est composée que d’un pour cent d’eau ! Pour TOI-1452b ce pourrait être plutôt 30 % ! Or son cas n’est pas rare : il existe d’autres planètes avec ce type de paramètres dans l’univers. Sauf qu’elles sont plus lointaines. En observant TOI-1452b avec James-Webb qui donnera une véritable idée de sa composition chimique, nous allons donc enfin pouvoir savoir si les modèles voient juste et s’il s’agit bien là de mondes océan.

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De là à imaginer qu’elles puissent abriter la vie, il n’y a qu’un pas qui nécessitera tout de même d’examiner d’autres paramètres, notamment la nature de leur étoile hôte. Dans le cas de TOI-1452b, cet élément n’est pas totalement favorable puisque, comme évoqué précédemment, elle orbite autour d’une naine rouge d’un système binaire, un type d’étoile petite, froide et réputée pour arroser copieusement leur environnement de radiations pas tout à fait sympathiques…
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