Gueule de bois : une pilule « miracle » intrigue les scientifiques

Un laboratoire assure avoir trouvé une solution pour connaître des lendemains de soirées alcoolisées moins difficiles, selon BFMTV.

Par

Plusieurs scientifiques sont (tres) sceptiques concernant le produit (image d'illustration).
Plusieurs scientifiques sont (très) sceptiques concernant le produit (image d’illustration). © Alexandre MARCHI / MAXPPP / PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPP

Temps de lecture : 2 min

Solution miracle ou fraude ? Un laboratoire suédois, De Faire, commercialise depuis le début de l’été Myrkl, un complément alimentaire censé éviter les gueules de bois. Ces pilules sont depuis peu disponibles en France, après avoir été commercialisées dans un premier temps au Royaume-Uni, selon BFMTV.

« Le nouveau complément alimentaire conçu pour attaquer rapidement l’alcool dans l’intestin avant qu’il n’atteigne le foie, permettant de boire quelques verres le soir sans en ressentir les effets néfastes le lendemain, tout en brûlant des calories », se félicite le laboratoire par voie de communiqué.

Pour que cela fonctionne, il faudrait prendre deux capsules entre deux et douze heures avant la consommation d’alcool. Cela permettrait de supprimer de l’organisme 70 % de l’alcool ingéré en soixante minutes. Le porte-parole de la marque y voit un produit révolutionnaire, qui pourrait avoir d’autres bienfaits, comme diminuer le diabète de type 2. « C’est un produit qui a beaucoup de potentiel, les effets bénéfiques sur la santé sont considérables », assure-t-il auprès de la chaîne d’information en continu.

Une étude légère et des risques de dérives

Cependant, l’étude faite sur ce complément alimentaire dérange des scientifiques. Seules 14 personnes ont en effet testé le produit. « On ne peut pas lui faire dire grand-chose si ce n’est qu’il faudrait faire une autre étude, plus rigoureuse, à plus large échelle et en toute indépendance », tranche Patrick Dallemagne, professeur de chimie médicinale à l’université de Caen-Normandie. Le créateur du Myrkl est en effet coauteur de l’enquête. Une autre étude devrait être menée au début de l’année 2023.

Mais ce n’est pas la seule critique qui vise le laboratoire. « Le laboratoire se targue de réduire de 30 % l’alcool dans l’air expiré, on peut se demander si l’objectif n’est pas de pouvoir souffler dans le ballon sans dépasser la limite », s’inquiète le professeur de chimie, imité par l’addictologue Dan Véléa : « Cela risque d’encourager les comportements à risque alors qu’on essaie difficilement de limiter la casse. »

Le porte-parole du laboratoire se défend de tenter de surfer sur la vague des compléments alimentaires pour installer son produit sur le marché, et rappelle : « Peu importe la quantité d’alcool ingérée, on ne doit pas conduire après avoir bu. L’alcool est toxique dès la première goutte. » Le produit serait, selon lui, destiné à des personnes consommant peu d’alcool.


Continuer à lire sur le site d’origine

%d blogueurs aiment cette page :