Météo en France : 2022, année de tous les records

Avec une température moyenne de 14,2 °C cette année, la France n’a jamais eu aussi chaud depuis 1900 et les premiers relevés. Et rarement été autant au sec.

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La Loire quasiment a sec, debut aout 2022.
La Loire quasiment à sec, début août 2022.   © JEAN-MICHEL DELAGE / Hans Lucas via AFP

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Météo-France ne prend même pas la peine d’attendre janvier 2023 pour dresser le bilan climatologique de l’année 2022. Il faut dire que la météo du mois de décembre n’y changera rien. Verdict : « La France a connu l’année la plus chaude que la France ait jamais mesurée, ponctuée d’extrêmes climatiques », clament les climatologues tricolores. Après un printemps et un été exceptionnels, les Français ne seront pas surpris.

La température moyenne de l’année 2022 a donc claqué le record de 2021 (14,03 °C) avec 14,2 °C. Ce qui ne s’était pas vu depuis 1900. Hormis janvier et avril, tous les mois de l’année ont été plus chauds que la normale. L’attribution de la vague de chaleur au dérèglement climatique est devenue une certitude confirmée par les calculs très sérieux effectués par différents organismes de recherches internationaux. La pluviométrie n’a pas été en reste avec un déficit annuel de 15 à 25 % par rapport à la normale. La France n’a pourtant pas battu le record de 1989 avec – 25 %. Sinon, le mois de juillet s’est particulièrement bien distingué : – 85 % de pluie, devant le mois de mai avec – 60 %.

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Des sécheresses 20 fois plus probables

De tout cela, il résulte une sécheresse exceptionnelle dont les agriculteurs auront du mal à se remettre. Ceux de France comme ceux de nombreux autres pays. Selon une étude du « World Weather Attribution » qui fédère des climatologues du monde entier, « le changement climatique d’origine humaine a rendu l’intensité de cette sécheresse au moins 20 fois plus probable ». Autrement dit, la probabilité de récurrence d’un tel épisode est passée d’une fois tous les 400 ans à une fois tous les 20 ans. « Cela nous donne un aperçu de ce qui se profile. Avec un réchauffement climatique qui continuerait de s’accroître, nous pouvons nous attendre à des sécheresses estivales plus intenses et plus fréquentes », explique Dominik Schumacher, chercheur à l’institut des sciences climatiques et atmosphériques de l’ETH Zürich en Suisse, qui a participé à l’étude.
Les Occidentaux ont légèrement tendance à se regarder le nombril, c’est pourquoi Robert Vautard, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace, prend bien soin de préciser : « L’année 2022 a été chargée d’événements destructeurs dans le monde entier, avec une amplitude parfois sans précédent, comme les inondations au Nigeria et au Pakistan, la saison de mars-avril en Inde et au Pakistan, avec des désastres bien plus importants qu’en France. »

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Des étés plus chauds de 5 °C

En France, ce qui est certain, c’est que la saharienne deviendra bientôt un bien meilleur investissement que la doudoune. En avril dernier, une équipe composée d’experts du CNRS, de Météo-France et du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique, avait dû revoir ses prévisions des températures françaises pour 2100 à la hausse. Et pas qu’un peu puisque celle-ci se chiffrait à 50 % ! Ce qui fait envisager des étés plus chauds de 5 °C par rapport à l’avant-ère industrielle. Et cela, dans un scénario d’émissions modérées de gaz à effet de serre, ce qui n’est pas joué vu le résultat de la COP 27 de Charm el-Cheikh.
« Il faut en attendre des impacts très forts sur les écosystèmes et les cultures. On aura des pics de chaleur beaucoup plus fréquents et chauds, et des sécheresses plus intenses et prolongées. Dans ces conditions, l’un de points clés sera comment maintenir les ressources en eau et comment les utiliser », souligne Julien Boé de l’unité Climat, Environnement, Couplages et Incertitudes (CNRS/Cerfacs).


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