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La reconnaissance faciale utilisée pour protéger les singes

Impression 3D de cornes artificielles pour les rhinocéros, expériences de réalité virtuelle pour sensibiliser à la protection des espèces menacées, applications de smartphones permettant de tracer sur une carte les routes des trafiquants d’animaux protégés… Les innovations technologiques pleuvent pour protéger la faune sauvage. « Aborder la cause animale par les nouvelles technologies est une très belle approche, pleine de promesses, explique Jean-François Legueulle au Point, délégué général de la Fondation 30 millions d’amis, on le voit déjà avec les objets connectés sur les animaux de compagnie ou les drones qui survolent des territoires pour comptabiliser les troupeaux à l’état sauvage et lutter contre le braconnage, et les innovations vont s’affiner, aller encore plus loin, on découvrira jour après jour de nouvelles méthodes de protection des animaux. »

Chimpanzés, singes dorés et lémuriens

L’initiative de chercheurs au département d’informatique et d’ingénierie de l’université du Michigan s’inscrit dans cette longue liste de technologies développées au service de la défense animale. Ceux-ci ont mis au point un logiciel de reconnaissance faciale qui identifie et localise des primates dont l’espèce est menacée, pour en éviter le trafic. Jusqu’alors, la méthode la plus répandue pour géolocaliser les animaux en danger est de les capturer et de leur implanter des puces électroniques. Seulement, ce procédé est onéreux – entre 400 et 4 000 dollars par animal, selon le dispositif. Il est aussi source d’angoisse et peut blesser l’animal, « C’est toujours très délicat de capturer des animaux, même pour leur bien, ça génère du stress, alarme Jean-François Legueulle, il faut en plus vérifier que l’animal soit relâché à l’endroit exact où il a été capturé, car, pour ces espèces qui forment des groupes très soudés, lui faire perdre ses repères peut être dramatique. » C’est de ce constat qu’est venue l’idée d’utiliser la reconnaissance faciale, moins invasive.

Les captures d'écran de l'application Android montrent les différentes étapes d'identification de l'animal. © Michigan State University Michigan State University

Les captures d'écran de l'application Android montrent les différentes étapes d'identification de l'animal. © Michigan State University Michigan State University

Les captures d’écran de l’application Android montrent les différentes étapes d’identification de l’animal. 

© Michigan State University Michigan State University


Concentrés sur les chimpanzés, les singes dorés et les lémuriens, les scientifiques ont composé une base de données rassemblant des milliers de photos de ces trois espèces. L’intelligence artificielle basée sur un réseau de neurones artificiels distingue chaque singe individuellement par les yeux ou les nuances de couleur et de texture des fourrures par exemple. Les scientifiques estiment sa fiabilité à plus de 90 % dans le compte rendu de leur étude. Ainsi, les acteurs de terrain n’ont qu’à ouvrir l’application mobile PrimID (sur Android), photographier le singe en face d’eux et questionner la base de données. « Si un singe capturé est identifié avec sa photographie par exemple, notre logiciel fournira des informations sur son origine, mais aussi des indices sur la capture elle-même ; cela permettra de prévenir d’autres trafics d’animaux dans le futur », s’enthousiasment les créateurs du dispositif.

Une invention capitale, car, comme le rappellent ces chercheurs, plus de 22 200 singes ont été victimes de ce commerce illégal en six ans. Prochaine étape pour les chercheurs ? « Grâce à nos collaborations avec des experts du domaine et des chercheurs sur le terrain, nous prévoyons d’élargir l’ensemble de nos données sur les primates pour améliorer encore la précision de la reconnaissance, et même développer un détecteur de visage, affirme Anil Jain, auteur principal de l’étude. De plus, nous prévoyons d’enrichir les données de PrimNet pour les ouvrir à d’autres espèces de singes menacés. »


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