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Auto : le géant chinois des batteries choisit l’Allemagne

Le géant chinois des batteries CATL va s’implanter au cœur de l’Allemagne, avec un projet d’usine officialisé lundi et applaudi par les constructeurs allemands, qui redoublent d’efforts pour combler leur retard dans la voiture électrique.

Contemporary Amperex Technology, l’un des premiers producteurs de cellules de batteries électriques au monde, fournira aux industriels ce composant clé depuis sa gigantesque usine programmée à Erfurt (Est), après des mois de tractations.

L’officialisation du projet, un jalon dans l’électrification des voitures allemandes, est attendue ce lundi à Berlin, en marge de la rencontre entre le Premier ministre chinois Li Keqiang et la chancelière Angela Merkel et de rencontres bilatérales. Mais BMW, éventant la décision, a d’ores et déjà salué dans un communiqué « la décision de CATL d’ouvrir une usine de production » en Allemagne. Le groupe avait déjà passé un contrat avec le mastodonte chinois, d’une valeur totale de 4 milliards d’euros, pour acheter des batteries destinées à équiper son futur parc de modèles électriques.

« CATL possède le savoir-faire pour produire en masse […] Ce savoir-faire n’est pas encore en Europe », a reconnu lors d’une conférence de presse le directeur des achats de BMW, Markus Duesmann.

Basée à Ningde en Chine et cotée depuis juin à la Bourse de Shenzhen, CATL fournit déjà des constructeurs automobiles chinois comme Saic Motor ou Geely.

Question de tempo

Ce projet sino-allemand intervient alors que l’Union européenne tergiverse pour se doter d’un « Airbus des batteries », soit un plan destiné à éviter la dépendance énergétique vis-à-vis de l’Asie, maître incontesté du stockage d’électricité.

Mais les constructeurs allemands, lancés dans une tardive offensive pour préparer la sortie des moteurs à combustion, ont eux d’ores et déjà renoncé à investir directement dans la très coûteuse production de batteries électriques, conscients que le retard accumulé serait difficile à rattraper. Ils ne sont pas en effet dans le tempo pour une option technologique que la Chine a sciemment choisie très tôt afin de pouvoir rivaliser un jour avec les constructeurs du Vieux Continent. Et il semble bien que c’est ce stade que l’on vient d’atteindre.

Les constructeurs européens développent bien des moteurs électriques, et des composants électroniques pour augmenter la puissance énergétique, mais se sont désintéressés de la chimie des cellules nécessaires aux batteries. Ainsi l’équipementier allemand Bosch a renoncé cette année à produire ses cellules, calculant qu’il faudrait 20 milliards d’euros environ pour devenir un acteur de premier plan dans la prochaine décennie.

L’enjeu du cobalt

Le chinois CATL dispute ainsi la place de leader mondial de la batterie lithium-ion pour voitures électriques au japonais Panasonic, allié au californien Tesla, dans un marché entièrement dominé par les firmes asiatiques.

La future usine, qui pourrait créer jusqu’à 1 000 emplois, sera implantée en Thuringe, une région d’ex-Allemagne de l’Est encore à la traîne économiquement mais qui peut espérer devenir « l’un des plus importants sites européens pour la technologie des batteries », s’est réjoui lundi le ministre régional de l’Économie, Wolfgang Tiefensee.

Le groupe BMW a précisé lundi vouloir conserver la maîtrise de l’approvisionnement en cobalt, matière première des futures batteries. Les conditions d’extraction de ce minerai en Afrique sont considérées comme parfois douteuses, notamment lorsque des enfants sont employés dans les mines.

« Nous achèterons nous-mêmes les matières premières auprès des fournisseurs et les mettrons à la disposition du producteur [de cellules] », a précisé le responsable des achats BMW, chiffrant à un demi-milliard d’euros cet investissement.


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