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Smart EQ : 20 ans après, l’aboutissement du tout-électrique

Véritable phénomène lorsqu’elle a été lancée en 1998, la petite marque de Mercedes visait à l’époque de nouveaux usages et, au-delà, à abaisser les moyennes réglementaires de consommation calculées sur l’ensemble de la gamme étoilée. Celle-ci, constituée à l’époque essentiellement de grandes et grosses voitures généreusement motorisées, voyait comme une nécessité stratégique le secours de Smart dont le mini-format et les petits moteurs tireraient la moyenne vers le bas. Avec les nouvelles normes WLTP, la stratégie va atteindre toute son ampleur.

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Mais la Smart s’est découvert au fil du temps une vocation plus noble et a, conscience écologique et nécessités urbaines aidant, trouvé une véritable vocation. Alors que Autolib’ a périclité à Paris – mais un millier des bornes du réseau Bolloré seront réactivées par la ville –, Smart pointe le nez avec car2go, un service de location en « free floating », c’est-à-dire en localisation du véhicule et déverrouillage au travers d’une application dédiée. Plus de stations donc, mais une voiture à récupérer dans la rue, là où on l’a laissée précédemment. Cela arrivera en 2019 et viendra renforcer les différentes offres mises en place par Renault et PSA, par exemple.

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La Smart EQ avec son moteur électrique et sa version quatre portes, quatre places, la Forfour, sera déployée à raison de 400 voitures au début, sans doute au moins le double avant 2020. La date est symbolique puisque c’est celle choisie par le président de Daimler, Dieter Zetsche, pour convertir définitivement la marque aux seules motorisations électriques en Europe. C’est déjà le cas aux États-Unis, au Canada et en Norvège, les autres contrées abandonnant ensuite à leur tour le moteur à explosion.

Aussi en location

Si les deux modèles de carrosserie sont toujours disponibles à la vente, ils le seront aussi en autopartage dès 2019 à Paris qui servira de démonstrateur pour les autres villes françaises qui seraient tentées. Ainsi, après Amsterdam, Stuttgart et Madrid, Paris est la quatrième ville à proposer une flotte de véhicules électriques car2go, sans émissions locales. Pour le reste, et notamment le recyclage des batteries, c’est une autre histoire. Smart, fort de son expérience revendique, a, à ce jour, plus de 400 000 clients pour car2go en Europe. Ils ont parcouru plus de 70 millions de kilomètres sans émissions, soit 1 750 fois le tour de la Terre.

car2go déjà en fonction dans plusieurs grandes villes européennes arrive à Paris en 2019

© DR

Que penser de ces Smart électriques que nous avons à nouveau conduites dans les environs de Marseille ? La seule différence entre les véhicules privés et les car2go résidera, pour les premiers, dans un second câble permettant une recharge sur prise domestique en 6 heures. De série, toutes les Smart électriques disposent d’un chargeur embarqué de 4,6 kW. Une recharge totale sera atteinte en 3,5 heures sur une wallbox et en moins de 6 heures sur une prise de courant classique (respectivement de 10 à 80 %).

La batterie, fabriquée par une filiale de Mercedes, pèse 157 kg et délivre 17,6 kWh. Le processus de recharge peut être surveillé à distance via l’application « smart EQ control », laquelle permet également de gérer un certain nombre de fonctions, telles que la recharge intelligente ou encore la pré-climatisation au parking. Celle-ci est intéressante, puisqu’elle anticipe la bonne température lorsque vous monterez à bord et n’entame pas les réserves en s’abreuvant à la borne.

Instructions à charge

Un chargeur rapide de 22 kW est proposé en option en France. Il permet de « faire le plein » de la smart fortwo EQ en un temps record de 40 minutes (de 10 à 80 %) sur courant triphasé. À vérifier naturellement avec l’installateur agréé, Smart ayant noué un partenariat avec Proxiserve afin d’accompagner les clients sur leur infrastructure de recharge. La marque va encore plus loin, puisqu’elle offre à ses clients smart EQ l’installation gratuite d’une prise Green’up Legrand en habitation individuelle, mais également en habitation collective. Dans ce dernier cas, le fameux « droit à la prise » oblige les copropriétaires à accepter l’installation, mais il reste à convenir d’un arrangement pour la consommation électrique.

15C907_056 © Daimler AG - Global Communications Mercedes-Benz Cars

15C907_056 © Daimler AG - Global Communications Mercedes-Benz Cars

smart fortwo, smart forfour & smart toutes les Smart vont sacrifier à la propulsion électrique avec leurs roues arrière motrices

© Daimler AG – Global Communications Mercedes-Benz Cars

Celle-ci n’est évidemment pas neutre, n’incombe pas à la collectivité, même si l’on peut recharger aux heures creuses. Sur la base d’un tarif de 0,122 8 € le kWh et une consommation aux 100 km de 13,8 kW pour la Fortwo et de 14,4 kW pour la Forfour, Smart estime que la facture se montera respectivement à 1,7 € et 1,8 € aux 100 km, à comparer aux 8 € et 8,3 € pour les versions thermiques (sur la base d’une consommation de 5,2 et 5,4 l et un prix du litre de SP95 à 1,54 €). Et cela en grande partie pour une bonne raison, l’électricité n’est pas taxée comme l’essence, au moins pour le moment.

À l’achat, la prime gouvernementale éventuellement relayée par une aide de certaines régions à l’installation de la borne vient légèrement minorer le coût d’investissement toujours prohibitif. Il faudra cependant trouver un jour une vie sans subventions pour la voiture électrique qui, tôt ou tard, le succès aidant, verra la tendance se retourner. Il est évident que l’État, dont les ressources tirées des voitures thermiques vont diminuer progressivement avec l’essor de l’électrique, sera fortement tenté de le taxer un jour, y compris pour les recharges électriques.

Une expérience au volant inédite

Conduire une Smart reste toujours gratifiant avec l’aspect jouet pour grands qu’elle dispense. La Fortwo est même bluffante pour son rayon de braquage qui lui permet de tourner sur place et de se loger dans des trous de souris. Plus surprenante est la démultiplication exagérée (près de 4 tours) de la direction, digne d’un autobus. La mise en route est tellement transparente que l’on doute que le moteur tourne. Le pied droit dissipe le doute et les accélérations allègres s’enchaînent pour donner à cette Smart une vivacité réjouissante en ville. C’est un peu moins vrai sur route où les vitesses plus élevées sont moins favorables au déploiement de puissance depuis les très bas régimes de l’électrique.

© OLIVIER MONTREUI

Il est néanmoins aisé de se fondre dans le flot de circulation, devenu plus accessible avec la baisse expérimentale à 80 km/h sur les routes. Très habitable pour deux mais avec trop peu de rangements à bord, la Fortwo pèche par son inconfort. Les batteries, lestant la voiture en un point favorable pour le centre de gravité et la tenue de route, ont nécessité de durcir les suspensions. Autant dire qu’elles détestent les saignées et autres nids-de-poule qui font remonter des réactions sèches dans les sièges.

Avec son empattement augmenté, la Forfour est plus tolérante sur ce plan… pour les passagers avant. Les autres, logés à l’étroit sur une banquette tout aussi proche des roues arrière motrices, ne sont qu’à peine mieux lotis que sur une Fortwo. Pour les deux modèles, on se pique assez vite au jeu de la conduite économique, notamment en gérant les ralentissements qui provoquent une récupération d’énergie. Avec le mode ECO sélectionné par un bouton sur la console, le niveau de récupération est basé sur les capteurs radar qui réagissent en fonction des conditions de circulation.

Cette pseudo-automatisation de la fonction est moins gratifiante qu’une récupération manuelle au moyen de palettes au volant, ainsi qu’on a pu le voir sur les Peugeot Ion et Citroën C Zéro. À deux niveaux sur celles-ci, elles sont supplantées par les cinq niveaux du Mitsubishi Outlander PHEV qui joue, il est vrai, dans une autre catégorie. Avant donc de vous jeter dans l’inconnu de l’électrique, il sera bon d’évaluer la solution avec la location car2go. À coup sûr, vous saurez en la rendant si l’électrique est faite pour vous ou non.

Prix des Smart EQ: de 23 250 (Pure) à 28 800 euros (Brabus). Forfour 4 place: + 900 euros. Bonus ecologique: – 6000 euros

Les Smart Fortwo et Forfour EQ, les données techniques © Smart Smart

Les Smart Fortwo et Forfour EQ, les données techniques © Smart Smart

Les Smart Fortwo et Forfour EQ, les données techniques

© Smart Smart


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