BMW en fait voir de toutes les couleurs avec la Dee caméléon

En proposant une carrosserie aux teintes changeantes selon l’humeur, BMW pourrait casser la fatalité des couleurs sinistres qui attirent 82 % des acheteurs.

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Moins gadget que beaucoups d'autres innovations, cette carrosserie cameleon demandera a etre evaluee dans la vie reelle.
Moins gadget que beaucoups d’autres innovations, cette carrosserie caméléon demandera à être évaluée dans la vie réelle.

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À quoi ça sert vraiment ? À faire parler sans aucun doute au CES de Las Vegas, qui vient de fermer ses portes. La voiture de toutes les couleurs, voire de tous les motifs, est une belle idée, spectaculaire dans un salon consacré aux nouvelles technologies mais qui, au fil des éditions, se fait phagocyter par le secteur automobile. Celui-ci a, cette année, magistralement survolé l’actualité des stands. On disait les salons de l’automobile moribonds, on peut en douter en effet si les éléments vedettes font autant recette mais en allant se produire sur d’autres scènes.

Le prétexte est de rencontrer un autre public – nous pensons au Point que c’est le même –, mais surtout de ne pas se frotter directement à la concurrence. BMW a ainsi attiré l’attention sur sa i Vision Dee, déjà présentée ici, avec des technologies très évoluées que l’on ne retrouvera pas forcément sur ce qui serait la future Série 3 électrique. Cette fois, c’est la carrosserie au design élégant mais classique qui se distingue pour servir de support à de nombreuses teintes au choix du propriétaire, voire des motifs et des combinaisons de couleur.

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Mieux que chez Rolls-Royce, où l’on peut assortir sa carrosserie à sa cravate ou son châle, la Dee joue les caméléons à la demande, en un instant. Développé avec E Ink, le système tient dans un film aux propriétés tenues secrètes et compartimenté en 240 segments. Chacun d’eux pourra se teinter en quelques secondes, probablement avec un champ électrique, et même s’animer pour créer des motifs changeants. À la base, le client devra tout de même échantillonner ses 32 couleurs avec lesquelles il va pouvoir jouer par la suite.

Du sur-mesure à chaque instant

Chaque matin, il montera dans une voiture différente et rentrera d’un rendez-vous ou le soir du travail avec une carrosserie méconnaissable. La découpe laser de chaque segment autorise un ajustage parfait, comme cela se fait déjà avec les protections intégrales de carrosseries. Mais celles-ci sont transparentes ou monochromes et changer de couleur nécessite d’arracher la pellicule protectrice.

Rien de tel ici, où une stimulation de chaque segment avec un logiciel mis au point par les ingénieurs de BMW suffit à modifier totalement l’aspect en quelques secondes. Bluffant même si on ne connaît pas encore le prix de cette technologie appliquée à la grande série. Mais un « cover » intégral d’une voiture de luxe coûte actuellement plusieurs milliers d’euros chez les spécialistes capables de les poser.

La solution ne semble pas être de grande série hélas. Si tel était le cas, elle casserait l’uniformité du parc automobile actuel, voué en majorité au gris foncé. Tout au moins en Europe car, dans le monde, c’est le blanc qui arrive en tête (35 %), devant le noir (19 %), le gris foncé (19 %) et le gris argent (9 %). Patrick Le Quément, ex-patron du design de Renault, disait que le blanc est un non-choix et on serait tenté d’étendre la réflexion aux autres couleurs citées, qui représentent, au cumul de la sinistrose, 82 % des choix. Les vraies couleurs arrivent ensuite avec le bleu (8 %) et le rouge (5 %).


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