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Côte d’Ivoire: le tambour parleur ébrié pourrait avoir besoin d’une petite restauration

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C’est une pièce unique qui va être rendue par la France à la Côte d’Ivoire. Le tambour parleur du peuple atchan, connu sous le nom de Djidji Ayokwe, sera restituée après le vote d’une loi spécifique, sans doute pas avant la fin de l’année 2022. Silvie Memel Kassi, la directrice du Musée des civilisations de Côte d’Ivoire qui accueillera l’oeuvre, s’est rendue la semaine dernière au Musée du quai Branly à Paris pour le voir. Ce tambour long de 3,31 mètres et qui pèse 430 kilos est en « bon état », confie Silvie Memel Kassi à RFI même s’il est « un peu vermoulu » au niveau de sa base. Ce qui pourrait nécessiter une petite restauration.

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Le constat est plutôt rassurant. Plus de 100 ans après sa conception, le Djidji Ayokwe est en « bon état ». C’est l’analyse faite par Silvie Memel Kassi, la directrice du Musée des civilisations de Côte d’Ivoire, après sa découverte de l’œuvre la semaine dernière au Musée du quai Branly à Paris. Une bonne nouvelle qui n’allait pas forcément de soi : certaines sources avaient récemment laissé entendre que cette pièce massive – qui n’est pas exposée au public – était en état de fragilité.

Néanmoins, ce tambour de 3,31m de long et qui pèse 430 kg apparaît « un peu vermoulu » au niveau de sa base – comme on peut le voir sur la photo – car il n’aurait pas été conservé dans les meilleures conditions lors de sa saisie il y a un siècle par les colons français. La pièce devant être prochainement être restituée à la Côte d’Ivoire, il appartient désormais aux autorités ivoiriennes de décider ce qui doit être entrepris. L’idée d’une petite restauration est sur la table même si le projet pourrait faire débat dans le pays.

« Si on essaie de faire une restauration, s’interroge Silvie Memel Kassi, est-ce que ça ne va pas altérer la sonorité parce qu’on sait que c’est un objet qui émettait quand même un son qui s’entendait à des kilomètres ? Les gens l’ont sculpté dans un ordre précis pour que tous les paramètres en ce qui concerne la sonorité tout ça soit pris en compte. Donc, ça c’est la question que nous allons poser pour que les communautés et les scientifiques puissent se prononcer ». Pour approfondir la réflexion, un expert du musée d’Abidjan devrait se rendre prochainement à Paris.

Une restitution en 2022 ?

Une possible restauration ne devrait toutefois pas avoir d’incidence sur le calendrier de restitution. Car l’objet ne retournera pas dans l’immédiat en Côte d’Ivoire. Comme pour les œuvres rendues au Bénin et au Sénégal, une loi spécifique devra être votée par le parlement français. Le texte peut-il être adopté d’ici la fin de la mandature en mai prochain ? Cela paraît à première vue compliqué. En raison de la campagne présidentielle, les travaux de l’Assemblée nationale et du Sénat s’arrêtent de février à juin prochains. Or, l’agenda parlementaire des prochaines semaines est déjà bien rempli. Pas sûr de toute façon que la majorité ait à cœur de présenter en pleine campagne présidentielle un texte sur une restitution d’œuvre d’art, principe qui irrite une partie de la droite et l’extrême-droite.

L’hypothèse d’un vote de la loi durant le second semestre de 2022 paraît donc plus probable. A condition bien sûr que le futur président et sa nouvelle majorité soient favorables au projet. Le Djidji Ayokwe ne devrait donc pas regagner la Côte d’Ivoire avant de longs mois. A moins que les autorités françaises ne décident d’une mise en dépôt du tambour à Abidjan avant le vote de la loi. Le scénario n’est pas à exclure. Paris a déjà procédé de la sorte avec le Sénégal et plus récemment avec Madagascar. La couronne du dais de la reine Ranavalona III avait été remise en prêt l’an passé aux autorités malgaches alors que la loi permettant le transfert de propriété n’a toujours pas été voté.


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