Inondations au Pakistan : les pluies extrêmes « probablement » accrues par le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique a « probablement » aggravé les précipitations extrêmes à l’origine d’inondations catastrophiques au Pakistan, selon une étude du World Weather Attribution (en anglais) dévoilée jeudi 15 septembre. Près de 1 400 personnes ont péri depuis juin dans ces inondations, qui ont noyé un tiers du Pakistan, touché environ 33 millions de personnes et causé plus de 30 milliards de dollars de dégâts.

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« Les précipitations extrêmes dans la région ont augmenté de 50 à 75 % et certains modèles suggèrent que cette augmentation pourrait être entièrement due au changement climatique d’origine humaine, bien que les résultats présentent des incertitudes considérables », concluent les chercheurs du WWA, un réseau de scientifiques pionniers dans l’évaluation de l’impact du réchauffement climatique sur l’intensité et la probabilité d’événements météorologiques extrêmes.

Pour cette étude, les scientifiques ont utilisé les données météo et « 31 différents modèles » informatiques pour comparer le climat actuel avec celui de l’ère pré-industrielle, 1,2°C moins chaud qu’aujourd’hui. Selon leurs conclusions, « certains modèles suggèrent que le changement climatique a augmenté jusqu’à 50% les précipitations totales sur 5 jours dans le Sindh et le Baloutchistan », lors du pic subi par ces deux provinces du sud qui ont reçu en août « sept et huit fois la pluviométrie normale ».

Les scientifiques ont aussi analysé les 60 jours de précipitations de mousson les plus fortes dans l’ensemble du bassin de l’Indus, entre juin et septembre, mais la modélisation « présentait de grandes incertitudes ». « Les modèles actuels ne sont pas entièrement capables de simuler les pluies » dans cette région « à la limite occidentale de la mousson » et dont les précipitations sont « extrêmement variable d’une année à l’autre », ont-ils analysé. Par conséquent, « les scientifiques n’ont pas été en mesure d’estimer l’influence du changement climatique sur cet aspect ».

Toutefois, « ce que nous avons vu au Pakistan correspond exactement à ce que prévoient depuis des années les projetions climatiques », a souligné lors d’un point presse Friederike Otto, de l’Imperial College de Londres. Pour Fahad Saeed, chercheur à Islamabad, « le Pakistan doit demander aux pays développés de prendre leurs responsabilités et de fournir une aide à l’adaptation, ainsi qu’un soutien en cas de pertes et de dommages, aux pays et aux populations les plus touchées par le changement climatique ».

Le Pakistan est responsable de moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (pour 3% de la population mondiale), mais il figure en 8e position des pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes, selon une étude de l’ONG Germanwatch. Ces émissions, produites par la consommation de charbon, de pétrole ou de gaz pour le transport, l’alimentation, le logement ou l’industrie, sont la cause principale du réchauffement climatique.


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