Accusé d’être climatosceptique, le président de la Banque mondiale n’envisage pas de démissionner

Le président de la Banque mondiale (BM), David Malpass, est sous le feu des critiques depuis le début de la semaine, accusé d’être « climatosceptique », un reproche auquel il a tenté de répondre vendredi 23 septembre, sans pour autant calmer les appels en faveur de son départ.

Tout a commencé lorsque l’ancien vice-président américain, Al Gore a estimé lundi que David Malpass était « climatosceptique » et n’avait pas su améliorer le financement de projets climatiques dans les pays en développement. Invité le lendemain à s’exprimer sur ces accusations lors d’une table ronde organisée par le New York Times, le président de la BM a refusé à trois reprises de dire s’il reconnaissait le rôle des énergies fossiles dans le réchauffement climatique.

« Je ne suis pas scientifique », avait-il fini par déclarer, poussé par le public, préférant mettre en avant « l’énorme effort » réalisé par la BM pour aider au financement contre le réchauffement climatique. Sa réponse a outré les ONG spécialisées, qui ont dès lors appelé à son départ.

« Nous condamnons les propos tenus par le président » de la BM, a assené vendredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, qui rappelle toutefois que « le remplacer nécessite l’accord d’une majorité des actionnaires, il faut avoir cela en tête ».

« Je ne démissionnerai pas, et je ne l’ai pas envisagé », a cependant répondu David Malpass vendredi, interrogé par le média Politico (article en anglais). Selon lui, « aucun » des Etats membres de l’institution financière internationale n’a demandé sa démission.

Il a assuré ne pas être climatosceptique, en soulignant que les « gaz à effet de serre d’origine humaine sont la cause du réchauffement climatique ». « Et notre mission est de mettre en place des projets et des financements qui ont un impact » pour réduire les émissions, a-t-il ajouté.

Mais ses justifications n’ont pas calmé les critiques : à son tour, un groupe de scientifiques spécialisés dans les questions climatiques a appelé vendredi au départ de David Malpass. D’autant que si le président de la BM défend le bilan de son institution en termes de lutte contre le réchauffement climatique, certains lui reprochent de ne pas en faire suffisamment.

Son profil politique Malpass n’est pas étranger à l’attention dont il fait l’objet sur les questions climatiques. Républicain et sous-secrétaire au Trésor, chargé des relations économiques internationales, de l’ex-président américain Donald Trump, il avait été nommé par ce dernier en 2019 à la tête de la BM pour prendre la succession de son compatriote, Jim Yong Kim, démissionnaire.

Selon un mode de désignation pré-établi, les Etats-Unis choisissent en effet le président de la BM, alors que l’Europe prend la décision concernant la direction du Fonds monétaire international (FMI).


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