Budget 2023 : pourquoi le gouvernement se défend de relancer le « quoi qu’il en coûte »

C’est l’un des premiers tests sérieux pour Emmanuel Macron et sa majorité relative à l’Assemblée nationale. Le projet de loi de finances – en clair le budget 2023 – est présenté, ce lundi 26 septembre, en Conseil des ministres. Dans le contexte actuel de forte inflation, notamment des prix de l’énergie, il comporte plusieurs mesures censées protéger le pouvoir d’achat des ménages.

Ainsi, le gouvernement, par la voix du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, se défend d’un retour du « quoi qu’il en coûte » que la France a pu connaître lors du Covid-19, avec de nombreuses aides en faveur de l’économie. « La France est à l’euro près« , a affirmé lundi le ministre de l’Economie Bruno le Maire en présentant le projet de budget pour 2023 devant les journalistes. « Je veux tracer une ligne rouge« , a-t-il prévenu: « Aucune nouvelle dépense » ne pourra être introduite au cours du débat parlementaire si elle n’est pas « financée à l’euro près« , a mis en garde le ministre. Reste que l’heure ne semble pourtant pas non plus à la rigueur budgétaire, avec une prévision de déficit public pour 2023 à 5% du PIB, soit à peu près ce qui est attendu cette année. Il faut dire que les dépenses vont rester élevées pour soutenir les ménages. L’État prendra ainsi à sa charge 16 milliards d’euros de bouclier énergétique, en limitant la hausse des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité à 15% en début d’année prochaine, au lieu d’une hausse de l’ordre de 100% s’il n’intervenait pas.

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Le gouvernement a aussi décidé de se priver de 6,2 milliards d’euros de recettes fiscales en indexant l’impôt sur le revenu sur l’inflation. En clair, ce mécanisme empêchera que les salariés ayant bénéficié de hausses de salaires cette année aient à payer davantage d’impôts l’an prochain. Coup de pouce aussi attendu pour « Ma Prime Rénov », dont le budget global passera de 2 à 2,6 milliards d’euros.

Le projet de loi de finances, c’est aussi traditionnellement la répartition des crédits entre les différents ministères. Sur le papier, le ministère du Travail est le grand gagnant avec une hausse de 6,7 milliards d’euros par rapport à cette année. Cela prend notamment en compte les aides à la formation, à l’apprentissage ou à l’alternance. L’enveloppe pour l’Éducation, la Recherche et l’Enseignement supérieur va aussi fortement augmenter avec une hausse d’un peu plus de cinq milliards qui inclut les revalorisations salariales promises aux enseignants. La Défense aura, elle, le droit à trois milliards d’euros supplémentaires, quand 1,9 milliard d’euros sera consacré à l’Écologie et 1,4 milliard pour l’Intérieur. 

En réalité, dans ce budget 2023, quasiment tous les ministères apparaissent gagnants, hormis celui des Anciens combattants qui doit perdre 200 millions d’euros. Reste, quand même, que ces chiffres sont à nuancer : le gouvernement prévoit encore une inflation de plus de 4% l’an prochain et cela conduit donc mécaniquement à des hausses de crédits pour tenir compte de cette hausse des prix.


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