VIDEO. Salon retapissé en orange, objets repeints à la bombe… la remise en état de l’ambassade de France à Bucarest a coûté de l’argent public

Publié le 06/10/2022 17:31 Mis à jour le 06/10/2022 17:41

Salon retapissé en orange, objets repeints à la bombe… le saccage de l'ambassade de France à Bucarest par un occupant indélicat
Complément d’enquête
Article rédigé par

France Télévisions

Même dans le milieu feutré de la diplomatie, on ne prend pas toujours le plus grand soin des biens publics. Cette affaire que révèle « Complément d’enquête » a fait l’objet d’un rapport confidentiel. En 2012, la responsable du patrimoine au Quai d’Orsay découvre à Bucarest une ambassade de France dans un tel état qu’elle convoque sur-le-champ le maître des lieux…

« Vous savez, j’ai connu beaucoup de résidences diplomatiques à Bucarest, a confié à « Complément d’enquête » le directeur d’un musée de la capitale roumaine. Et je n’ai jamais vu une chose pareille ! » Dans les années 2010, la décoration de l’ambassade a fait jaser toute la ville. Ce bâtiment classé, au mobilier Empire et au style bourgeois, avait été rendu méconnaissable par l’un de ses occupants. C’est une affaire que « Complément d’enquête » a découverte en préparant un document à voir le 6 octobre 2022, « Patrimoine de l’Etat : où sont passés les joyaux de la République ? ». Elle n’a jamais été rendue publique, mais elle est relatée dans un rapport confidentiel rédigé par Isabelle Denis, qui était alors responsable du patrimoine au Quai d’Orsay.

Elle se souvient de sa stupéfaction quand elle tombe, lors de sa visite en 2012, sur un salon retapissé en orange criard, ou des fauteuils vert pomme dans une autre pièce… Les murs de la bibliothèque ont été recouverts de miroirs géants, le pied d’une lampe a été repeint avec une bombe pour carrosserie automobile. Des tableaux ont été ajoutés, suggestifs pour certains – une lapine en guêpière, ou une toile qui s’est fait connaître dans la capitale roumaine sous un surnom (« La bite de l’ambassade ») très éloigné du langage diplomatique…

Une enveloppe de 50 000 euros d’argent public

Mais cette histoire n’est pas seulement celle des goûts et des couleurs. Car ces travaux (réalisés sans la moindre demande d’autorisation) ont dégradé les lieux. Pour tout remettre en état, une enveloppe de 50 000 euros a dû être budgétée par le ministère, « dans un contexte tendu ». 

L’ambassade a donc refait peau neuve grâce à de l’argent public. Mais aucun compte n’a été demandé à celui par qui les dégradations sont arrivées : Henri Paul, un énarque à la carrière construite dans les ministères. Les journalistes de « Complément d’enquête » auraient bien voulu l’interviewer, mais l’intéressé leur a fait par mail cette réponse laconique : « Je ne vois pas de quelle polémique vous voulez parler. »

Extrait de « Patrimoine de l’Etat : où sont passés les joyaux de la République ?« , un document à voir dans « Complément d’enquête » le 6 octobre 2022.

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