Huit milliards d’habitants sur Terre : comment calcule-t-on la population mondiale ?

Jusque dans les années 1800, la Terre comptait moins d’un milliard d’habitants. Mardi 15 novembre, la population mondiale a dépassé le seuil des 8 milliards de Terriens, selon l’estimation officielle des Nations unies. Une « croissance sans précédent », selon l’organisation, qui souligne que le nombre d’habitants sur la planète bleue a été mutliplié par trois depuis 1950 et n’a mis que douze ans pour passer de 7 à 8 milliards. Il devrait se stabiliser autour de 10 milliards d’habitants d’ici la fin du siècle. 

Pour obtenir cette estimation, l’ONU, qui attribue cette croissance démographique à « une augmentation progressive de la durée de la vie grâce aux progrès réalisés en matière de santé publique, de nutrition, d’hygiène personnelle et de médecine », se base sur les recensements menés dans les différents pays. Dès le 11 juillet, le département onusien auteur de cette prévision avait fait savoir que la date du franchissement de ce seuil était fixée au 15 novembre. 

« Aucun pays et aucune région n’y échappent », relève Gilles Pison, professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle et conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques. « Il y a plus de cinquante ans, il existait des régions qui n’avaient jamais connu des recensements tels qu’ils se pratiquent aujourd’hui. Mais depuis, les recensements ont lieu partout et permettent d’estimer la population dans toutes les régions du monde », explique-t-il.

Et si « leur qualité peut varier d’un pays à l’autre », concède le démographe, interrogé sur la fiabilité de ces relevés, il précise que « les Nations unies corrigent éventuellement certains résultats nationaux quand ils sont surévalués ou à l’inverse sous-évalués. Mais en faisant le total, on obtient une assez bonne estimation de la population mondiale, avec une faible marge d’erreur, de l’ordre de 1 ou 2%. » Résultat : « Il se peut que ce seuil des 8 milliards ait été franchi il y a un an ou deux, où qu’il le soit dans un an ou deux. Mais il n’empêche que les tendances démographiques sont bien connues, et l’estimation fiable. » 

C’est en prolongeant ces tendances que l’organisation parvient à élaborer des scénarios à plus ou moins long terme : ainsi, « 2100, c’est très loin en démographie », souligne l’expert. En revanche, les projections à 2050 sont quant à elles beaucoup plus fiables, puisqu’elles sont en partie déterminées par les naissances d’aujourd’hui. 


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