Prix Goncourt 2022 : « C’est un merveilleux choc », confie Brigitte Giraud, qui livre un récit « intime qui résonne avec le collectif »

« Je n’avais pas imaginé » remporter le prix Goncourt, « c’est un merveilleux choc », réagit vendredi 4 novembre sur France Inter l’écrivaine Brigitte Giraud. Primée jeudi pour son livre Vivre vite, elle devient la 13e autrice à recevoir cette récompense, le plus prestigieux prix littéraire francophone. C’est toutefois en tant qu’écrivaine, et non en tant que femme, qu’elle dit apprécier ce titre.

« Ce qui m’intéresse c’est le travail de littérature, de livre en livre, quand j’écris, je me sens davantage écrivain que femme, même si évidemment je suis une femme donc tout cela se mélange joyeusement », commente-t-elle.

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Brigitte Giraud a été préférée à l’autre finaliste, Giuliano da Empoli et son Mage du Kremlin, à l’issue d’un vote très serré, cinq voix partout. C’est le président de l’Académie, Didier Decoin, qui a fait pencher la balance en sa faveur avec sa voix comptant double, ce qui n’empêche pas l’écrivaine de savourer pleinement son prix.

Elle dit « comprendre » que les membres du jury ont pû être « à ce point divisés ». « Il y avait deux livres très différents, d’un côté Le Mage du Kremlin, qui a une vision plus historique, en lien avec une actualité brûlante qui suscite l’intérêt de tout le monde, y compris le mien et de l’autre un livre qui parle de l’intime, mais d’un intime qui ouvre sur le collectif, sur le sociologique, sur l’histoire aussi, sur le politique« , résume Brigitte Giraud.

Dans cette « enquête intime », autobiographique, Brigitte Giraud « tente de comprendre l’incompréhensible », ce qui a conduit au décès de son mari dans un accident de moto, le 22 juin 1999. « Parce qu’il se trouve que cet accident n’a pas de cause réelle, je me suis retrouvée avec un rapport de police qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse », explique Brigitte Giraud, interrogeant « la notion de destin », mettant au défi la logique du « hasard ».

« Je savais que les jours, les semaines et les mois, qui avaient précédés l’accident rien ne s’était passé comme prévu, alors il me fallait faire le point », confie-t-elle, plus de 20 ans après le drame. « J’ai mis beaucoup de temps avant d’oser écrire ce livre, avant d’oser partir à la recherche de la vérité », reconnaît Brigitte Giraud qui, grâce au « recul » nécessaire est parvenue à affronter « ces questions » qui la « hantaient« , sans jamais l’avoir empêchées de vivre ou d’écrire.

« J’essaie de mettre du sens de façon frénétique », poursuit Brigitte Giraud. Le résultat, explique-t-elle, c’est « un livre qui parle de la vie, de la vitesse de vivre entre 35 et 40 ans, quand on achète une maison, qu’on fait des enfants, qu’on a le regard vers la ligne d’horizon ». « C’est aussi un livre d’amour, une déclaration d’amour 20 ans après », conclut la romancière.


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